Partie 3, II

Partie 3, II
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II
Bill était recroquevillé sous la couette du lit, tremblant de pleurs et de peur. Une fois de plus. Combien de fois avait-il déjà vécu un moment comme celui-ci ? Et combien de fois en vivrait-il encore ? Tout ça n'avait pas de fin. Ça ne se terminerait donc jamais ? Rien n'allait. Tout était de travers, comme une peinture qui penche. Rien n'avait de sens. Et d'ailleurs, ce mot « sens » n'en avait même pas pour Bill. C'était juste un mot dans le dictionnaire. Un mot dont la définition lui était inconnu, ou bien il l'avait oublié. De sens sa vie était complètement vide. Lui-même se sentait vide de tout, oublié et perdu, comme si le monde n'existait plus, comme s'il était seul dans le noir, sans aucune lumière, sans source de chaleur, sans bruit et sans odeur.

C'était le vide interstellaire. Si grand, si froid et si hostile.

Bill finit par s'endormir au levé du jour, les joues mouillées et le draps sur lequel il dormait humide.

Tom quant à lui voguait à ses loisirs dans le salon. Devant la télévision. Affalé sur le canapé. Grignotant quelques chips. Vêtu d'un peignoir de bain rouge. Le peignoir de Bill. Avec dessus l'odeur légère de son frère, mais il n'y prêtait pas attention. Il la sentait sans la savourer, alors que Bill se délectait de la sienne à chaque fois qu'il en avait l'occasion.

Tom ne saignait plus, mais sa lèvre et son ½il le faisait beaucoup souffrir. Il avait replacé le bandana sur son ½il, en mettant en dessous un coton imprégné d'alcool. Il avait l'air encore plus machiavélique et diabolique avec ce bandana et sa figure ravagée. Mais Tom ne semblait pas s'en faire beaucoup. Ce qui l'embêtait surtout, c'était la douleur. Le reste, il verrait plus tard. Le problème était : et si ça s'infectait ? Bof, finalement, ça n'avait plus beaucoup d'importance.

L'important à présent, c'était Bill. Sans le laisser voir, Tom était complètement perturbé par ce qui s'était passé. Bill n'avait jamais levé la main sur lui, il en avait toujours été incapable. Bill avait toujours fait l'innocent, le faible, la victime, mais l'était-il vraiment ? S'était-il caché pendant toutes ces années ? Mais pourquoi ne serait-il pas devenu agressif plus tôt ? Tom n'en savait rien, il n'avait pas les réponses. Il décida alors d'aller les chercher.

Il se leva du canapé, laissa négligemment le sachet de chips dessus, n'éteignit pas la télévision et se dirigea dans la chambre. Il ne voyait pas Bill, mais il savait qu'il était là, sous la couette. Il respirait fort comme un asthmatique. Tom attrapa un pan de la couette et l'enleva complètement, la mettant à terre. Bill grelota et gémit en se recroquevillant un peu plus sur lui-même.

- Réveille-toi, dit calmement Tom en restant planté au milieu de la chambre.

Mais Bill dormait profondément et ne l'entendait pas. Il ne faisait pas semblant cette fois-ci, Tom en était sûr. Il alla s'assoir sur le lit et se répéta, mais Bill ne réagit toujours pas. Alors Tom se coucha à côté de lui, sur le dos, pensif. Il regardait son frère du coin de l'½il. Le visage de celui-ci était presque caché derrière ses poings fermés et des mèches de cheveux, mais Tom devinait des traces de larmes. Son haut de pyjama, mal mit, remontait jusqu'à sa poitrine, découvrant son dos et son ventre abîmé de cicatrices. Tom le lui rabaissa en le caressant, fixant les blessures, dont la fameuse phrase Tu es à moi en plein milieu de son ventre sur ses petits abdominaux. Cela faisait près de deux mois qu'il lui avait fait cette blessure, et celle-ci ne s'estompait pas du tout. Elle ne partirait jamais. Bill en gardera la trace pour toujours, probablement.

Tom mit sa main sur la joue de son jumeau, la caressant doucement et débordant dans son cou. Les yeux de Bill se mirent à bouger derrière leurs paupières, puis celles-ci s'ouvrirent. La première réaction de Bill en voyant Tom aussi proche de lui fût de mettre un peu plus de distance entre leurs deux corps. Il recula jusqu'au bord du lit.

- Je n'allais rien te faire, dit froidement Tom.

- Tu es si imprévisible que je préfère garder mes distances avec toi, répondit Bill.

- Et toi, tu ne crois pas être imprévisible peut-être ?

Bill regarda tour à tour la lèvre et l'½il de son jumeau. Il est vrai qu'il n'avait jamais eut en tête de le blesser, ne serait-ce qu'une égratignure. Pourtant, il lui avait arraché la lèvre et crevé l'½il. Bill en eut un hoquet d'angoisse, qui fit apparaître un sourire sur le côté des lèvres de Tom qui n'était pas abimé.

- Je ne sais pas ce qui m'a prit, finit par dire Bill.

- Un désir de vengeance peut-être ? Non ?

Bill ferma les yeux un moment, tentant de rassembler ses esprits. Il avoua finalement :

- Sache que mon but n'était pas de te faire du mal.

- Ha oui ?

- Oui. Je voulais que... que tu comprennes ce que moi je ressens lorsque tu me fais ça.

- Et tu crois que j'ai compris ?

Bill baissa les yeux et haussa les épaules.

- J'espère, dit-il. En vérité, je ne suis pas sûr que j'aimerai recommencer ça.

- Tu sais Bill, commença Tom.

Il attendit un moment. Son jumeau s'impatienta.

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- J'ai attendu longtemps ce moment.

Les sourcils de Bill se froncèrent.

- Tu as attendu quoi exactement ? Que je te fasse du mal ?

- Non, que tu me cries ta souffrance et ta haine envers moi. Que tu m'expliques un peu ce que tu ressens.

- Je ne comprends pas...

- Il n'y a rien à comprendre.

Tom se rapprocha de son frère et celui-ci tenta de se reculer encore un peu, mais il était déjà au bord du lit, près à tomber.

- Bien sûr que si. Pourquoi tu m'as fais tout ça ? Je ne comprends pas. J'ai... je t'ai toujours parlé avec mon amour, et toi tu me répondais par la haine. Il y a-t-il une raison à ça ?

- Oui.

- Alors explique-moi !

- J'aimerai bien mais... mais je ne la connais pas.

Bill soupira en tremblant, et dit :

- Arrête de te foutre de moi. Je suis sûr que tu la connais, mais tu ne veux pas me la dire. Arrête de me prendre pour un moins que rien, je ne suis pas bête.

- T'as pas eut ton bac.

- Tom arrête !!! Hurla Bill. Dis-moi pourquoi tu me détestes.

- Je n'ai jamais dis que je te détestais.

- Tu me l'as montré.

- Non.

Tom se rapprocha encore un peu et Bill mit un pied à terre, près à bondir hors de la chambre si Tom devenait à nouveau violent.

- Ce n'est pas ça que j'ai voulu te montrer. Tu n'as jamais compris ce que je voulais te dire.

- Je ne vois pas ce qu'il y avait à comprendre... Souffla Bill.

- C'est bien ça le problème, petit frère. Tu n'as jamais rien compris. Tu vis dans ton monde, dans ta bulle. Crois-tu vraiment que le monde est toujours le même que lorsque nous étions gosses ?

- Je ne vois pas le rapport avec ta violence envers moi.

- Il y en a pourtant un. Tu vis exactement comme avant, tu ne changes pas, tu prends tout comme ça vient. Tu ne sais rien faire sans moi, tu n'as pas de relation avec les autres. Crois-tu que le monde fonctionne comme ça ? Crois-tu que je serai toujours là ?

- Je ne vois pas pourquoi tu ne serais plus là. Et puis je me suis débrouillé tout seul quand tu n'étais pas là.

- Lucas m'a dit que tu avais des hallucinations complètement folles et que tu passais ton temps à manger des gâteaux. Tu ne faisais rien d'autre. Tu ne survivrais pas sans moi.

- Je n'ai pas à survivre sans toi, tu es là.

- Je ne serai pas là éternellement, Bill.

- Mais tu ne vas pas partir tout de suite, tu... tu vas encore rester avec moi ?

Le ton de Bill devenait affolé, perdu et effrayé. Qu'est-ce que Tom voulait-il dire exactement ? Celui-ci le regardait tristement, comme jamais il ne l'avait regardé.

- Bill, il faut que je te dise quelque chose...

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Tu ne vas pas partir ? Hein, dis ? Tu ne vas pas me laisser tout seul ?

Tom prit une profonde inspiration, puis dit :

- Je ne suis pas allé en Angleterre pour un stage avec l'université.

- Qu'est-ce que tu y es allé faire alors ? Demanda Bill, dont les larmes commençaient à noyer les yeux.

- Je suis allé voir un spécialiste.

- Mais p-pourquoi ?

- Je suis malade Bill.

- De quoi t'es m-malade ? Qu'est-ce que t-tu as ? C'est g-grave ?

- En fait... ça aurait pu ne pas être grave. A la base je n'avais qu'une anémie bénigne.

- C'est quoi ?...

- Heu... c'est le nombre de globules rouges qui diminue dans le sang. Mais ce n'est pas grave, ça se guérit. Seulement, on s'en est aperçu trop tard. De la même façon que le cancer, plus la maladie avance, moins il est possible d'en guérir. C'est ce qui s'est passé. Je n'avais plus assez de globules rouges dans le sang pour aller convenablement nourrir mon cerveau en oxygène et en nutriments. Alors certaines parties de celui-ci ont commencé à mourir... ça a commencé par des pertes de mémoire et des dégénérescences, un peu comme la schizophrénie.

- C'est... c'est ce qui s'est passé dans la forêt, et toutes les autres fois ?

- Oui. Au début du moins. Après on m'a donné un traitement et c'est un peu passé.

- Mais alors... pourquoi tu es si violent avec moi ?

- Je voulais que tu partes, il fallait que tu saches vivre tout seul. Tu dépends beaucoup trop de moi.

- Mais... ne me dis pas ça. Tu vas bien non ? Je n'ai pas besoin de vivre tout seul...

- Le spécialiste a dit que... qu'il ne me restait plus que quelques jours.

- Et tu serais guéri ? Hein, c'est ça ? Tu vas aller bien ? Tom... tu vas aller bien ?

Bill était à peu près sûr que Tom allait lui répondre le contraire, mais il préférait croire à la situation inverse. Ses larmes coulaient sur ses joues et Tom les recueillait sur le bout de ses ongles.

- Non Bill. Je ne serais plus là. Tu seras tout seul.

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Voilà, on arrive à la fin de la fic. Plus qu'un ou deux chapitres. Qu'est-ce que vous avez pensé de celui-ci ?

Vous aviez pensé à cette éventualité, que Tom était en réalité gravement malade ?
Si non, vous croyiez que Tom avait quoi pour avoir ce comportement ?
Et Bill, vous pensez quoi de lui ?

# Posté le samedi 06 septembre 2008 04:36

Partie 3, III

Partie 3, III
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III
Certains sont forts attachés à des objets, leur voiture ou un bijoux, une babiole ou leur chez soi. De tout ça, Bill s'en fichait. Il n'était attaché à rien, hormis Tom. Tom était tout pour lui. Sa famille, son ami, son amour, sa vie, ses joies, ses peines, ses pleurs, ses rires, le soleil, une partie intégrante de lui. Une partie indispensable, obligatoire. Mais Tom allait partir.

Bill pleurait à grosses larmes dans son oreiller. Il n'avait jamais sentit une sensation aussi horrible et aussi écrasante de douleur.

Tom restait allongé à côté de lui, caressant son dos ou ses cheveux, ne sachant que faire d'autre que de regarder son jumeau souffrir et se détruire encore un peu plus. A cause de lui.

Bill finit par se retourner vers son frère et se blottit contre lui. Il semblait à Tom que ses pleurs avait doublé d'intensité. Celui-ci le serra fort contre sa poitrine. Bill entendait son c½ur battre... mais plus pour longtemps.

- P-pourquoi ne me l'as-tu j-jamais dis ? Demanda Bill en étouffant ses sanglots.

- Parce que je savais que... que tu ne le supporterais pas.

- Mais ça aurait été m-mieux que t-tu me le dises avant... Là t-tu me dis ça c-comme ça... c'est horrible Tomi... c'est insupportable...

- C'est pour ça que j'ai essayé de t'éloigner de moi pendant ces années... Je ne voulais pas vivre ce moment que nous vivons là.

- Mais p-pourquoi ? Au moins nous sommes à deux... t-tu préférais être dans t-ton coin pour m-m-mou... mou...

- Non. Mais ça aurait été mieux pour toi que tu me détestes. Ça aurait été plus facile à supporter. Mais là c'est tout le contraire.

- C-comment veux-tu que je te déteste ? T-tu es tellement tout p-pour moi...

Bill se resserra contre le corps de Tom, comme s'il voulait fusionner avec. Tom sentait ses larmes se perdre dans son cou et humidifier son peignoir.

- Je suis désolé Bill... j'ai vraiment été monstrueux avec toi... pour rien au final. Je sais que ça paraît insensé après tout ça, mais j'ai peur pour toi. Tu... tu étais complètement perdu sans moi... pendant tout juste une semaine.

- Alors que va être une-une vie ? Tu imagines ? Jamais j-je ne me serais préparé à t-te perdre Tom... jamais... Tu aurais dû me le dire bien avant...

- Tu en aurais tout autant souffert. La seule solution était de t'éloigner de moi. Mais ça n'a pas marché.

- Comment veux-tu m'éloigner d-de toi ? J-je ne suis r-rien sans toi... rien, rien, rien... ça va être l'enfer...

- Mais non. Tu y arriveras Bill. J'en suis sûr. Je crois en toi, il n'y a pas de raison pour que tu ne puisses pas faire ta vie sans moi.

- Non Tomi, non, non, non...

Tom pouvait ressentir la douleur de Bill à travers sa peau. Bill tremblait de tous ses membres et avait la respiration saccadée.

- Tomi dis-moi que c'est p-pas vrai... que c'est un-un rêve... un c-cauchemar... dis-moi qu'on d-dort... et que de-demain on se réveillera et... et t-tu iras b-bien...

- Bill...

Tom l'embrassa sur le front. Il aurait aimé lui aussi se dire que tout ça n'était pas vrai. Bill pleurait et il sentait qu'il avait envie d'hurler. Ses sanglots déchiraient le c½ur de Tom déjà en lambeaux. Voir Bill pleurer lui avait toujours été insupportable et il partait toujours loin de lui à ces moments là. Mais pas aujourd'hui.

- Tout ira bien. Je ne veux plus te voir pleurer. S'il te plaît souri pendant que je peux encore te regarder.

Bill émit encore quelques sanglots puis tenta de se calmer. Il sortit son visage rouge et humide du cou de son jumeau et le regarda dans les yeux, enfin, dans l'½il. Il étira lentement ses lèvres dans un sourire plein de tristesse. Tom essuya ses joues avec la manche de son peignoir.

- Ne pleure pas, je serai toujours avec toi.

- Plus vraiment... couina Bill.

- Si, je serai toujours là, dit Tom en posant sa main sur le c½ur de Bill.

Bill posa sa main sur la sienne et la pressa contre sa poitrine qui se soulevait encore au rythme effréné de ses sanglots.

- Je serai toujours en toi Bill.

Tom l'embrassa doucement sur les lèvres et Bill savoura ce baiser unique, sans trop oser appuyer de peur de faire du mal à Tom. Les mains de celui-ci caressaient toujours son dos, lentement et avec une passion que Bill ne lui connaissait pas. Bill savourait chacune de ses caresses en sachant que c'étaient les dernières et respirait l'odeur de Tom qui l'enivrait et le faisait sourire contre les lèvres de son jumeau. Il y avait dans les gestes de Tom quelque chose que Bill attendait de ressentir depuis des années : de l'amour. Tom était doux, attentionné et il n'avait plus ce sourire machiavélique sur le visage. C'était bien comme ça que Bill l'aimait.

A la grande surprise de Bill, Tom accentua le baiser et l'androgyne sentit avec délice la langue chaude et humide de son frère lui lécher les lèvres. Il les entrouvrit et colla sa langue à la sienne. Commença alors une danse langoureuse et passionnée. Pendant ce temps Bill défaisait la ceinture de peignoir de Tom et il entama une série de caresses sur son ventre. Sa peau était douce et chaude, et Bill ne s'arrêtait plus de la toucher. Tom quant à lui, lui avait enlevé son haut de pyjama. Et pour la première fois depuis longtemps, Bill vit dans son regard autre chose que l'envie de mutiler son corps. Il y voyait du désir, un désir saint et amoureux.

Tom caressait chacune de ses formes et s'en délectait comme jamais. Il dévorait son corps fin du regard, et bientôt de baisers mouillés. Bill soupirait de bonheur et d'extase, ne s'étant jamais sentit aussi bien de sa vie, tout en caressant toujours le ventre de Tom et même un peu plus bas. D'entre leurs lèvres s'échappaient de doux gémissements de plaisir et quelques soupirs de bien être. Bill se sentait comme dans un rêve sucré, et Tom de même.

Tom se retrouva bientôt à califourchon sur le bas du ventre de son jumeau, tout en l'embrassant fougueusement. Il sentait bien la douleur procuré par la coupure de sa lèvre inférieure, mais il s'en fichait. Il ne laisserait pas une stupide douleur l'empêcher de prouver à son frère qu'il l'aimait plus que tout au monde.

Bill tira sur son peignoir qui glissa sur les épaules de Tom et tomba derrière lui. Il était à présent nu, et Bill constata l'espace d'un instant avec tristesse les horribles griffures qu'il lui avait faites dans le bain, tout comme Tom fixait avec dégout la phrase qu'il avait gravé sur le ventre de Bill et toutes les cicatrices qui l'entouraient. Preuves d'un amour trop longtemps refoulé et d'une folie qu'ils n'avaient pu contrôler. Tom décida de mettre fin à ces horribles contemplations et embrassa son jumeau qui passa ses bras autour de son cou et lui caressa la nuque. Les soupirs reprirent comme s'ils ne s'étaient jamais arrêtés.

Tom termina de déshabiller Bill en faisant glisser son bas de pyjama sur ses jambes qu'il caressa au passage. Tous les deux se sentaient complètement ivres d'amour et de désir. Leurs pupilles étaient noires d'envie et brillaient sous les premiers rayons du soleil de la journée. Leur amour électrifiait l'air et la rendait lourde de désir. Tom se repencha sur Bill pour l'embrasser et celui-ci entoura sa taille de ses jambes pour le rapprocher encore un peu plus de son corps brûlant d'envie. Ses doigts s'emmêlèrent à ses dreads alors que le sexe de Tom s'enfonçait doucement en lui. Bill n'avait jamais sentit autant de douceur venant de Tom depuis si longtemps qu'il redécouvrait avec un plaisir intense la sensation que cela lui procurait.

Tous les deux se perdirent ensuite dans les grands fonds de l'amour. Bill ne pensait plus que Tom était à présent éphémère et que la mort s'approchait de lui à grande vitesse, sans se soucier du mal qu'elle ferait. Sans songer au vide qu'elle créerait. Sans même penser à l'amour qu'elle détruirait.

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Voilà, c'est l'avant dernier chapitre ! Le dernier arrive cette après-midi.

# Posté le dimanche 07 septembre 2008 05:07

Partie 3, IV

Partie 3, IV
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IV
Tom retomba lentement à côté de Bill, tout le corps paralysé du plaisir que venait de lui procurer l'atteinte du septième ciel. La respiration saccadée, les yeux fermés et un petit sourire sur les lèvres, il savourait la sensation de l'orgasme qui lui picotait le corps. Bill faisait de même, poussant de petits soupirs de bien être, un sourire inscrit sur les lèvres. Il se sentait complètement ivre, vide de force, toutes les parcelles de sa peau semblaient toucher un velours doux et chaud. Les yeux fermés, il voyait les étoiles danser dans le noir et entendait Tom qui soufflait à côté de lui. Lorsqu'il retrouva un peu de ses forces, il enlaça celui-ci dans le dos, respirant son odeur dans sa nuque.

- Je t'aime Tomi, chuchota-t-il dans un murmure tout juste audible, comme si cela devait rester secret.

Tom se retourna et le prit dans ses bras en le serrant fort contre son corps encore essoufflé.

- Moi aussi, petit frère.

Bill sourit en enfouissant son visage dans les dreads de Tom qui lui massait doucement le dos et n'hésitait pas à descendre même un peu plus bas. Bill entortillait ses doigts dans ses dreads tout en sentant les derniers picotement de plaisir s'estomper lentement comme la mer qui redescend.

- J'ai rêver de ça tant de fois... murmura Bill.

- Je t'avoue que moi aussi.

- Je voudrais que cette journée dure toujours...

Tom eut un sourire crispé. Lui aussi voudrait. Mais ce n'était pas possible, ça ne l'était plus. Il savait qu'il partirait bientôt. Le médecin avait dit « quelques jours » la semaine dernière déjà. Et Tom était toujours là, comme s'il devait vivre cet instant avant de partir pour ne jamais revenir. Et pour ne rien regretter.

- Tu sais de quoi j'ai envie ? Dit Bill qui recommençait à penser à la réalité et qui tentait de l'oublier.

- Non, répondit Tom dans un sourire.

- Un immense petit déjeuner, dans le lit avec toi.

- On a envie de la même chose alors !

Bill sourit et sortit doucement de l'étreinte de Tom. Il se releva, toujours nu, et s'étira sous le regard de son frère qui le dévorait des yeux. Le sourire de Bill s'élargit un peu plus et il dit :

- Reste là je vais tout préparer !

Bill enfila le peignoir rouge qu'avait Tom un peu plus tôt, qui était en fait le sien, puis il alla dans la cuisine. Il fit cuir des ½il brouillés et du bacon, puis il prépara le café et des tartines grillées au beurre. Il versa du jus de fruit dans deux verres, mit tout sur un plateau et retourna à la chambre en sifflotant un air de musique. Tom était toujours confortablement allongé, les mains derrière la tête et avait les yeux fermés. Il avait retiré le bandana sur son ½il. La blessure ne saignait plus et dessinait un trait parfait de son arcade sourcilière à sa pommette, parfaitement vertical. Elle était propre et fine. On aurait dit un maquillage.

Bill le trouvait beau, magnifique même. Tom avait l'air d'un soldat revenu de guerre. Revenue de leur guerre entre eux deux, à vrai dire. Mais la guerre était terminée.

Temps de paix.

Mais il y a toujours les victimes des temps de paix, des soldats qui meurent de blessures inguérissables.

Bill s'avança et donna le plateau à Tom, puis il s'assit à côté de lui, le dos callé sur un oreiller. Tom mit le plateau entre eux deux et commença à manger avec appétit tout en regardant ce que Bill avait préparé avec gourmandise. Bill était amusé de voir à quel point Tom avait faim. C'était certainement pour lui avoir fait l'amour, se dit-il en se surprenant à sourire. Et puis lui aussi avait plutôt faim.

Ils mangèrent en silence puis restèrent dans le lit à se câliner, à s'embrasser, à se toucher, comme s'ils se découvraient pour la première fois. Bill se plaisait à chatouiller son frère pour le faire hurler de rire et se tortiller comme un ver, et Tom se vengeait de la même manière. Tous les deux semblaient être plongés dans leur monde, rien qu'à eux, rien n'importait plus. Le reste n'était que décor et artifice, comme dans un théâtre. Dès que le rideau se levait, tout était artificiel, sauf les personnages. Sauf eux. Le décor changeait à volonté et ils pouvaient se sentir perdus, mais pas à deux. A deux, ils étaient plus fort, et le monde pouvait bien bouger et s'enliser dans les problèmes, c'était comme s'il n'existait pas.

Bill était au-dessus de Tom et l'embrassait amoureusement lorsque celui-ci eut une sorte de sursaut. Son visage se crispa instantanément et il paraissait se retenir d'hurler. Bill le vit et son visage s'assombrit de frayeur.

- Tom qu'es-ce qu'il y a ?

- Je ne sais pas... j'ai fort mal à la tête.

- Je vais te chercher un médicament.

Bill s'apprêta à se lever mais Tom le retînt.

- Non, reste. Ça va aller.

Mais Bill voyait bien que Tom souffrait de plus en plus alors que les secondes s'écoulaient.

- Mais tu as mal ! Tu ne peux pas rester comme ça.
- Reste avec moi... s'il te plaît.

Tom eut un nouveau sursaut, puis d'autres encore. Bill glissa à côté de lui et le prit dans ses bras. Le front de Tom était brûlant et des gouttelettes de sueur y naissaient et coulaient sur son visage. Bill les essuyait avec une manche du peignoir. Tom se mit à trembler de plus en plus fort et des larmes de douleurs s'échappèrent de ses yeux.

- Tomi, qu'est-ce qui se passe ? Mon Dieu...

Bill savait ce qu'il se passait. Il prit le visage de Tom et le pressa contre le sien, joue contre joue, et ses larmes se mêlèrent à celles de son jumeau.

- Ne... pleure pas... Bill. Je veux... te voir sourire. Et je veux t'entendre rire, même si... je ne suis plus là. Promets-le moi... Promets-moi que tu seras heureux... Lucas pourra t'aider...

- Je ne veux pas de Lucas... C'est toi que j'aime Tom, et que j'aimerai toujours.

- Il t'aidera quand même...Je... lui ai demandé... Il veillera sur toi. Promets-moi de ne pas trop pleurer...

- Je ne peux pas te promettre ça Tomi... Dès que je verrai une photo de toi, ou que je me remémorerai un souvenir, je ne pourrai pas ne pas pleurer en pensant à toi, à nous deux...

Tom tenta de le serrer contre lui mais ses forces l'avaient abandonné. Bill le fit à sa place et le corps de Tom se mit à trembler encore plus violemment.

- Tout ira bien pour toi Bill... Tout ira bien...

- Tom ne pars pas, ne me laisse pas, Tom...

- Tout ira bien... Ne t'inquiètes pas...

Le corps de Tom sursauta si fort que Bill crut qu'il allait le lâcher. Puis les convulsions s'arrêtèrent aussi soudainement qu'elles étaient venues.

- Je t'aime... souffla Tom.

Et son corps se raidit, ses yeux devinrent vitreux.

- Tomi...

Bill lui ferma les yeux. Ses beaux yeux bruns, identiques aux siens, qui à présent ne s'ouvriraient plus jamais. Son visage semblait enfin apaisé, délivré d'une douleur sans nom qui le torturait en silence, à l'abris des regards. Il était enfin en paix avec lui-même.

Bill éclata complètement en sanglots en serrant son jumeau contre lui. Son corps semblait déjà froid. Ça avait été si vite. En une minute, Tom était passé du rire au noir. En une minute, tout juste, la vie avait quitté son corps. Celle de Bill venait de s'effondrer, de chuter comme un corps jeté du haut d'une falaise. Mais n'était-ce pas ainsi que l'histoire devait se finir ? Depuis que Tom était partit en Angleterre, Bill savait sans vraiment s'en rendre compte. Le fantôme lui avait tout expliqué sans exactement lui dire. Mais pourquoi ? Pourquoi si vite, pourquoi maintenant ? Pourquoi Tom ne s'en était-il pas sortit, comme dans tous ces films où, finalement, tout le monde va bien, tout le monde et en vie, tout le monde rit ? La vie n'est pas un film. La vie ne prend jamais le chemin que l'on croit.

Bill s'effondra sur le lit, Tom dans ses bras. Il avait les yeux grands ouverts mais il ne voyait rien à cause des larmes. Tout était flou, et tout resterait flou à jamais. Sans Tom, la vie n'était qu'un brouillard dans lequel Bill se perdait toujours. Rien à faire, il ne retrouvait jamais son chemin. A présent, il était sûr qu'il ne retrouverait jamais la route qui le mènerait vers les lumières.

On lui avait arraché le c½ur, crevé les yeux, bouché les oreilles, coupé la langue et brûlé la peau. Il ne ressentait plus rien. Il était juste vide et il le resterait. Sauf si...

- Ne reste pas tout seul Bill.

Celui-ci sursauta. Il connaissait cette voix. Il se retourna et, dans son flou de larmes et de tristesse, il aperçut quelqu'un dans l'embrasure de la porte. Quelqu'un de blond.

- Lu-Lucas ?...

- Oui.

Bill n'en avait rien à faire. C'était Tom qu'il voulait, pas l'autre. Il serra son corps mort plus fort contre lui.

- Tu ne ramèneras pas Tom, Bill...

- M'en fou, je veux rester avec lui...

- Ne dis pas de bêtise.

Lucas s'approcha du lit et attrapa Bill sous les bras, qui se lassa faire malgré son souhait de rester auprès de Tom. Il le tira vers lui et l'enlaça. Bill pleura dans son cou.

- Je sais que ça sera dur pour toi. Mais Tom m'a confié une mission, et je la respecterai.

- Quelle mi-mission ?...

- M'occuper de toi.

Il serra Bill contre lui et celui-ci fit de même, respirant l'odeur de son cou. Ce n'était pas l'odeur de Tom, mais il se souvenait qu'il avait apprécié celle de Lucas, lorsque Tom n'était pas là. Il l'aimait bien Lucas, après tout... Alors pourquoi refuser ? Il avait promit à Tom, et il tiendrait sa promesse. Et puis Tom ne serait plus jamais là à présent. Alors autant rentrer dans l'ordre du monde, même si à jamais celui-ci serait flou sans Tom, horrible et hostile. Mais Lucas était là. C'était déjà un bon point. C'était déjà ça.

Tom avait fait en sorte que même après sa mort, Bill soit toujours heureux et puisse vivre sans problème. Heureux serait peut-être un grand mot, mais il ne serait pas tout seul. C'était certainement la plus grande et la plus belle preuve d'amour que Tom pouvait lui faire...


F I N


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Bon, voilà... Je déteste terminer une fiction, mais bon. Je ne pensais pas réussir à la terminer avant mon entrée en fac, je suis plutôt contente ^^.

Bon sinon, vos dernières impressions ?

# Posté le dimanche 07 septembre 2008 10:40