Partie 2, X

Partie 2, X
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X

Voir cette espèce de fantôme était plutôt étrange, terrifiant. Ça dépassait complètement la raison et l'entendement. Cependant, Bill y trouvait une certaine normalité, comme si c'était la punition qu'il devait recevoir pour avoir embrassé quelqu'un d'autre que Tom. Comme si Tom lui-même le punissait d'avoir agit ainsi et qu'il voulait lui faire regretter tous ses actes aimants envers Lucas. Comme si Tom avait su que Bill roucoulait en douce avec un autre.

Mais c'était pourtant impossible.

Tom ne pouvait pas savoir.

Tu sais, les murs n'ont pas seulement des oreilles. Ils ont aussi des yeux, avait-il pourtant dit. Mais comment ? Comment les murs pouvaient-ils avoir des yeux ? C'était absurde. Tom n'avait pas les moyens d'acheter des micro caméras qu'il aurait caché dans chaque pièce de l'appartement. Quelqu'un le surveillerait-il alors ? Non, Bill l'aurait vu ou entendu.

C'était impossible.

Bill resta dans l'idée que c'était sa conscience qui se manifestait parce qu'il désobéissait à Tom, qu'il faisait quelque chose de grave qu'il pourrait regretter. Il n'aurait jamais dû s'approcher de Lucas. Si Tom n'était pas parti, Bill n'aurait jamais pensé à faire une telle bêtise.

Oui, ce devait être ça.

Son esprit déraillait parce que Tom n'était pas là pour le corriger. Il n'y avait plus de rouge depuis que Tom était parti. Plus de sang, plus d'hurlements ni de supplication, ni même cette sorte d'amour aveugle à sens unique que Bill portait à Tom, ce besoin permanent de sentir Tom près de lui, de le savoir là, aussi monstrueusement sanglant et violent qu'il pouvait être.

Bill ne se faisait plus maltraiter et insulter. A la place, il s'ennuyait et faisait cuir des gâteaux soufflés et des cookies ou frire des beignets à longueur de journée, tellement que l'odeur suave et sucrée qui embaumait l'appartement devenait éc½urante. Mais Bill aimait cette odeur qui lui rappelait celle de la fête foraine qui venait tous les mois d'Août à côté du petit bourg de Leipzig, là où il vivait chez ses parents avec Tom. Il fallait ajouter la barbe à papa et les cris des gens sur le manège à sensation, ainsi que les vendeurs de guimauve et de nougats qui cris à tue-tête que leurs produits sont meilleurs que ceux du voisin. Tom et lui y allaient tout les ans, jusqu'à l'âge de seize ans. Cette année là, il y avait eut quelque chose en plus : un marchand de glaces. Il n'y en avait jamais eut auparavant sans que l'on sache pourquoi. C'était les autres gosses qui demandaient à chaque fois des glaces, parce qu'il faisait chaud, et qu'aucun vendeurs ne pouvaient leur en procurer. Alors on avait fini par faire venir une roulotte à glaces à la fête foraine de Leipzig. Un cauchemar pour Bill. Sur le moment, il était lui aussi comme tous les gosses, à admirer les petits monts de glaces dans les bacs. Des glaces


de toutes les couleurs, avec un choix infini de parfums allant du traditionnel chocolat et vanille jusqu'aux glaces roses fluo au goût de chewing-gum, ou bleues turquoise, parfum des bonbons schtroumpfs. Tom avait prit deux boules menthe chocolat, et Bill une boule de framboises et une autre de melon. La boule orangée de melon était au-dessus de celle de framboises, rouge sang, la masquant presque entièrement. Pour l'instant.

Pour l'instant, tout allait encore bien. Tom souriait, et Bill ne se doutait encore de rien. Il commença à lécher goulument la boule de melon, tout en marchant vers les stands de tirs. Tom voulait lancer quelques fléchettes, et Bill aimait le regarder faire exploser un à un les ballons les plus petits, c'est-à-dire ceux qui rapportaient le plus de point et qui permettaient d'obtenir un prix parfois intéressant. Un nounours qui faisait presque sa taille, par exemple.

Tom se paya une partie de six tirs. Il prit sa première fléchette, visa et creva un gros ballon jaune. Cinq points. Au deuxième tir, il réussit à atteindre un petit ballon violet à vingt point. Bill sautait déjà de joie en engloutissant la boule de glace au melon, regardant déjà les plus gros prix pour faire son choix. Un énorme chien blanc empâté, un genre de Droopy, lui plaisait bien et il sentait qu'il était déjà à lui.

Tom marqua en tout quatre-vingt-deux points, soit deux point de plus que le coût de la peluche chien blanc. Bill trépignait de joie sur place, le sourire jusqu'aux oreilles brillant comme un rayon de soleil. Tom était pour lui une sorte d'idole, quelqu'un qu'on respecte, et Bill lui portait un amour tellement démesuré et fou qu'il passait toujours au-dessus de toutes les horreurs que Tom lui faisait vivre. Comme si toutes ces horreurs étaient masquées par cet amour. Pour Bill, l'important était Tom. Lui-même, sa propre personne, il s'en fichait.

- Tu veux quoi ? Demanda Tom.

- Le gros chien blanc !

Tom prit donc le gros chien blanc qui ressemblait à Droopy, et le porta jusqu'à Bill. La peluche était si énorme que Bill aurait presque pu dormir dessus confortablement. Mais, en attendant, il ne pouvait pas la porter sans la traîner par terre et la salir. Le mec du stand de tir leur passa donc un petit chariot pour la ramener chez eux. Bill poussait celui-ci, tout heureux, le goût de la glace aux framboises lui envahissant petit à petit la bouche. Ils s'éloignaient de la foire, et les cris, les rire et les odeurs de bonbons et de beignets fris s'estompaient par la distance. Plus ils s'éloignaient de la fête, plus il semblait à Bill que l'atmosphère se figeait, se glaçait.

Il faisait cependant chaud et la glace était devenue liquide. Elle coulait sur sa main qui tenait le cornet, et quelques gouttes glissaient sur son menton. Ce détail tout en rouge n'échappa pas à Tom. Mais ce dernier se retînt jusqu'à ce qu'ils soient arrivés dans le petit jardin derrière leur maison, à l'abri des regards. Leurs parents travaillaient encore à cette heure-ci.

Bill, qui chantonnait un air de Prince sans se douter encore de rien, allait rentrer dans la maison lorsque Tom l'agrippa par le t-shirt et le tira violemment vers lui. Il l'embrassa en mordant ses lèvres sucrées à la framboise à sang. Bill se retînt d'hurler et tenta de repousser son frère, mais au fond de lui il savait qu'il était déjà trop tard, que c'était cuit. Tom était déjà parti ailleurs, dans son monde de transe spirituelle folle et déjantée. Il avait goûté au sang, et ses pupilles semblaient dilatées par la folie. Rien, absolument rien ne pouvait le sortir de ce monde de ténèbres et d'épouvante.

- Tomi non, supplia Bill qui sentait les dents de son frère chercher une prise dans son cou.

Il le repoussa doucement, mais Tom revînt avec d'autant plus de détermination. Il lui prit son cornet de glace à la framboise dégoulinante et le posa contre le mur de la maison pour qu'il tienne droit et que la glace ne coule pas partout. Puis il mit Bill dos à terre avec autant de facilité que s'il avait été ceinture noire de judo. Ensuite Tom entreprit de le déshabiller complètement.

Bill se laissa faire. De toute façon, se défendre ne servait à rien, car il fallait que Tom assouvisse ses envies étranges et sanglantes avant de pouvoir à nouveau lui parler ou fuir. C'est comme si le destin voulait que ça se passe et que Bill ne puisse rien n'y faire.

Bill se retrouva donc nu dans l'herbe tiédie par les rayons brûlants du soleil d'Août. Il tremblait de peur comme une feuille au vent, et voulu se recroqueviller sur lui-même pour se protéger. Mais Tom était plus fort, il l'avait toujours été, et il le baffa sur la jour avec une telle violence que le cou de Bill craqua. Il comprit qu'il n'avait pas intérêt à rester plus longtemps dans cette position de f½tus et se remit donc dans sa position allongée initiale. Tom sourit en coin comme pour le féliciter d'avoir compris aussi vite.

Tom reprit le cornet de glace réduite à un liquide rouge gelé et vînt s'assoir à côté de Bill, dans la position du tailleur. Il sourit aussi affreusement qu'un démon, et Bill plaqua ses mains sur sa bouche pour éviter d'hurler d'épouvante.

- Qu'est-ce q-que tu va-vas faire ? Demanda Bill qui n'osait pas regarder son frère dans les yeux.

- Je ne sais pas trop, répondit Tom, comme à son habitude.

Il approcha cependant le cornet de glace du visage de Bill et l'inclina légèrement. Quelques gouttes de glace rouge tombèrent sur les joues de Bill, ses lèvres et ses paupières closes. Tom renversa à peu près un tiers du cornet sur le visage de Bill. Ensuite, tout en laissant encore couler la glace liquéfiée, il passa le cornet au dessus du torse nu de Bill, il traçant un filet écarlate et sinuant sur sa peau blanche couverte à certains endroits de bleus et de cicatrices. Un autre tiers du contenu du cornet fût versé sur le ventre de Bill. Tom inclina alors le cornet de façon à ce que la glace ne coule plus. Il restait pourtant de la glace dedans. Bill était presque sûr de l'endroit où Tom allait la verser.

Il faisait bien 30° au soleil en cette journée d'Août, mais Bill tremblait fort. Il s'agrippait à l'herbe coupée courte du gazon et ferma les yeux. Tom, qui étudiait toujours les réactions de son jumeau dans ces moments là, dit :

- Ça ne fait pas mal pourtant.

Dans un certain sens, si, ça faisait mal. L'humiliation torturait Bill, et voir son frère ainsi perdu dans la folie aussi.

- C'est presque fini, ajouta Tom.

Il dirigea le cornet au-dessus du bas-ventre de Bill, et l'inclina pour faire couler la glace sur son sexe. Bill sursauta, puis mit ses mains sur son visage en pleurant. Ses mains étalèrent la glace sur sa figure et en furent recouvertes aux paumes.

Tom termina de laisser écouler la glace et dit :

- Voilà, il ne reste plus qu'une chose à faire. Tu vas aimer.

Tom s'approcha du visage de Bill et retira ses mains. Il commença à l'embrasser langoureusement, et comme d'habitude lorsque Tom en venait à cette phase de la folie, Bill commença à se sentir mieux et prit part au baiser. Tom quittait régulièrement ses lèvres pour aller lécher la glace aux framboises, puis y revenait semblait-il avec encore plus d'appétit.

Lorsqu'il n'y eut plus de glace sur le visage de Bill, Tom passa à son torse. Bill commença à se sentir fou, lui-aussi. Fou d'amour. Il caressait la nuque et les épaules de Tom en fermant les yeux de plaisirs. Bien sûr, il savait que ce n'était pas vraiment et pas seulement son corps nu qui mettait Tom dans cet état, mais plutôt le rouge qu'il y avait dessus. Ça aurait pu le vexer et le blesser, mais il était si aveuglé par son amour pour Tom, il en était si dépendant, si fou que ça ne pouvait pas l'affecter. C'est à peine s'il se rendait compte à des moments comme celui-ci que Tom aimait le rouge et non lui. Et c'était certainement pour des moments comme celui-là que Bill vivait. Il vivait dans l'illusion que Tom l'aimait.
Tom termina de lécher la glace sur le ventre de Bill, puis descendit sur son bas-ventre déjà dur. Bill se cambra sous l'effet du plaisir et ses doigts arrachaient l'herbe à la manière des pattes d'un chat en train de ronronner. Il sentait le plaisir monter et envahir son corps d'une sorte de substance semblable à l'adrénaline, quelque sensation qui rend à moitié fou.

Mais lorsque Tom eut terminé de lécher la glace, il n'en eut plus rien à faire du plaisir que prenait Bill à cela, si toutefois il s'en souciait avant. Bill n'était pas si loin de l'orgasme lorsque Tom arrêta, et même ses petits : « Tomi continue... » à peine murmurés ne le fit pas continuer. A la place, Tom le retourna brusquement sur le dos, lui faisant pousser un hoquet de surprise. Il enleva son pantalon et son caleçon et le pénétra sans douceur, comme ça, comme pour rien. Bill se remit à grimacer et à se crisper. Tom s'enfonçait et se renfonçait rapidement en lui sans amour, sans rien, avec juste une sorte de pulsion bestiale qui le rendait à nouveau monstrueux. Et il continua son acte jusqu'à ce que lui-même atteigne le septième ciel, en se fichant totalement de la douleur qui écrasait le corps et le c½ur de Bill. Il jouit dans son corps tremblant et s'effondra sur son dos, lui coupant le souffle. Il resta là quelques minutes pour récupérer, puis se retira du corps de Bill, prit ses vêtements et rentra dans l'obscurité de la maison. Bill resta encore un moment dans l'herbe à pleurer sans réussir à penser à autre chose que l'horreur qui l'entourait, fixant la grosse peluche chien blanc qui le regardait d'un air endormi sur son chariot.



Bill était assit sur une des deux chaises de la petite cuisine, les bras croisés sur la table et la tête appuyée dessus dans un état de léthargie. Il attendait que sa tarte au chocolat et aux poires termine de cuire tout en pensant à ce jour de la fête foraine. Le gros chien blanc était à présent dans la chambre qu'il partageait avec Tom et prenait presque en partie le peu de place libre qu'il y avait dans la pièce. Bill voulait le jeter, mais Tom préférait le garder. Et comme Tom était le seul dont l'avis comptait... le chien restait et resterait là jusqu'à ce que Tom lui-même décide de s'en débarrasser.

Tom rentrerait bientôt. Ce soir ou demain, peut-être. Bill savait que son retour était imminent. Il le sentait. Il devenait anxieux, fou à l'idée que Tom revienne. Qu'il devine qu'il avait embrassé Lucas.

On frappa à la porte de l'appartement. Bill sursauta et faillit même crier. Il alla cependant ouvrir la porte en courant. Son c½ur faillit s'arrêter quand il vit Tom flottant dans les airs avec un couteau, une hache et une scie dans la tête, du sang partout sur son visage et sur ses vêtements.

- Salut c'est moi c'est Tom je reviens bientôt tu vas en prendre un coup tu vas avoir mal tu vas pleurer tu vas crier et je crois même que t'auras si peur que tu te pisseras dessus et tu tomberas sur le cul en hurlant et en me suppliant de ne rien te faire et de ne pas te faire mal mais je ne t'écouterais pas parce que tu n'es qu'une sale petite pute et que tu ne sers à rien d'autre que de te faire baiser mais le problème c'est qu'il n'y a que moi qui peut te baiser et tu le sais et pourtant tu vas voir ailleurs un peu plus tu allais laisser ce sale blondinet te baiser et pourtant tu sais que ce n'est que moi qui peut le faire parce qu'il n'y a que moi qui comptait pour toi avant que je ne parte mais maintenant je reviens et qu'est-ce que tu vas faire tu ne peux pas te tirer parce que sans moi t'es encore moins que rien du tout rien du tout rien rien rien absolument rien du tout une pute une salope rien du tout d'autre que ma chose et tu le resteras à jamais personne personne d'autre ne sera là pour toi jamais tu resteras tout seul juste avec moi toujours parce que tu ne vaux rien tu n'es rien du tout qui voudrait de toi personne personne car personne ne pourrait te supporter sauf moi remercie-moi de m'occuper de toi qui ne sera jamais rien tu ne sers à rien tu n'es qu'une chose qui est là tu aurais mieux fait de ne pas naître je ne comprends pas comment tu peux être encore là je ne comprends pas comme tu fais pour t'autoriser à vivre moi à ta place j'aurais déjà claqué depuis trop longtemps depuis si longtemps que mes os minuscules ne seraient déjà plus que de la poussière et que cette poussière aurait pourrie et que ma tombe serait vide comme ça je n'existerais plus je ne serais plus rien car ce qui n'est rien comme toi doit rester à l'état de rien du tout du tout et je me demande vraiment ce que tu fous encore ici pourquoi tu vis pourquoi tu m'aimes pourquoi tu t'accroches à moi pourquoi tu vis pour un salopard comme moi pourquoi t'aimes un type comme moi pourquoi tu es aussi fous que ça de moi pourquoi tu es là et pourquoi tu restes n'y a-t-il pas une raison une putain de raison qui fait que tu as une place ici mais laquelle je ne la vois pas tu es tellement rien tout petit minuscule un microbe ou un virus une chose qui ne sers à rien alors pourquoi t'es là hein pourquoi pourquoi ?

Bill se réveilla en sursaut en claquant ses genoux sur le dessous de la table. La minuterie du four criait que la tarte était cuite. Il se leva précipitamment et éteignit le four. Il prit des maniques et sortit le plat et le laissa refroidir sur la table de la cuisine. Il se rassit et regarda avec appétit la tarte, mais le rêve lui revint en tête.

Tu es tellement rien tout petit minuscule un microbe ou un virus une chose qui ne sers à rien alors pourquoi t'es là hein pourquoi pourquoi ?

Pourquoi ? Il ne s'était jamais posé la question. Il était là, c'était dans l'ordre des choses et il n'y avait aucune raison pour l'expliquer. Bill pouvait lui-même se demander pourquoi on disait que les monstres n'existaient pas, et que pourtant Tom existait. Il n'y avait là aucune raison pour l'expliquer non plus. C'était juste comme ça, c'est tout.

L'idée de partir maintenant pour éviter l'ouragan de colère de Tom lui effleura l'esprit mais Bill sentait que c'était certainement la pire chose à faire et que c'était totalement lâche. C'était certes ce qu'il y avait de plus raisonnable, mais un microbe ou un virus une chose qui ne sers à rien comme lui commettrait un suicide en s'enfuyant. Alors il resterait. Il affronterait Tom. Peut-être qu'il n'y survivrait pas mais au moins, il aurait fait preuve de courage. Quelque chose qui fait preuve de courage doit être quand même un peu plus importante que rien du tout. Il passerait peut-être à l'état de rien du tout à celui de presque rien aux yeux de Tom. Ce serait déjà formidable...

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Me revoilà ! Je suis rentrée de vacances. Des vacances géniales si on oublie le départ et le retour... Le départ, l'avion a eut un retard de 3h... --'. Et au retour on l'a carément raté parce qu'on a fait moins de 500km en 12h tellement il y avait de bouchons !!! C'est fou non ? Du coup on est rentré en voiture... 1800km et 28h en voiture. L'horreur. Mais je suis quand même rentrée ! C'est déjà ça. Bon après... pas mal de péripéthies dans ce voyage ! Tout d'abord une amie se fait voler son sac à main avec tous ses papiers dedans à Venise. Le soir même, alors qu'on mange au resto dehors, on se paye un orage monstrueux. Les deux jours de voyage en voiture suivant pour aller en Croatie ont été tout aussi courageux on ne pouvait même pas visiter un peu les lieus. Mais après la semaine en bateau en Croatie a été géniale, grand beau temps, 35° =P. Y'a juste ma mère qui s'est cassée le petit orteille le jeudi soir --'. Enfin voilà !

J'ai été pas mal déçue par le nombre de com's sur le dernier chapitre. J'aurais espéré avoir atteint les 70 com's. Mais loin de là.

En revanche, autre chose m'a plutôt plus, c'est le nombre de nouveaux lecteurs. 5 nouveaux je trouve ça pas mal =D.

Sinon ce chapitre vous a-t-il plu ?
Vos impressions ?
Le flash back de la fête foraine ?
Le fantôme et son récit ?
Bill ?

Je ne mets pas de compteurs de com's. Mais se serait génial que tout le monde dise quelques mots à propos du chapitre (aidez-vous des questions ci-dessus, elles sont là pour ça ! =D ). Vous pouvez aussi me dire ce que vous n'avez pas aimé !

# Posté le lundi 25 août 2008 14:12

Partie 2, XI

Partie 2, XI
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XI
Il était aux alentours de deux heures du matin. Bill était dans son lit depuis vingt-trois heures, mais il n'arrivait pas à fermer l'½il. Ou plutôt, il s'en défendait. Il ne voulait pas dormir, il ne voulait pas être surpris. Il voulait avoir le temps de réagir. Car Tom n'allait plus tarder à rentrer. Il le sentait, il en était sûr. Si sûr que son c½ur battait à une vitesse folle et que la peur était en telle concentration dans ses veines qu'il se sentait proche de la crise cardiaque.

Il se retournait sans cesse dans son lit, regardait la lune qui brillait, unique ½il pâle de la nuit, à travers la fenêtre. De temps en temps il se cachait tout entier sous la couette, ou il lâchait un petit cri bourré d'anxiété. Il s'en rongeait les ongles, alors qu'il n'avait jamais fait ça. Sa vessie lui paraissait toujours pleine et il se levait toutes les cinq minutes pour aller aux toilettes, mais jamais une goutte ne sortait.

Deux heures trente. Un craquement se fit entendre et Bill sursauta. Mais ce n'était que le bruit du vent dans les fissures du bâtiment. Rien de bien méchant, mais Bill disparut une nouvelle fois sous la couette, mort de trouille, roulé en boule comme un chat. Un chat...!

Bill, qui n'avait rien pour se défendre (il s'était refusé d'utiliser quelque couteau, hache ou scie), eut une idée. Certains de ses ongles avaient été rongée certes, mais la plupart étaient encore assez longs. Assez long pour les limer en griffes.

Il attrapa la lime à ongle sur sa table de nuit. Et il commença à tailler ses ongles précautionneusement, méticuleusement même. Celui de son pouce droit d'abord. Il le tailla le plus pointu possible. L'index avait été rongé et n'était plus assez long pour en faire une arme efficace. Il continua de limer ses ongles jusqu'au petit doigt de la main gauche, en fredonnant un air de musique pour tenter de faire redescendre la pression, ce qui n'était pas un franc succès.

Il soupira dès qu'il eut finit. Bien sûr que c'était affreux, ces griffes, mais rien qu'en frôlant la peau de son bras, il sentit que ça pouvait être très efficace. Il alla chercher son vernis à ongles pour que ceux-ci ne se cassent pas trop vite. Il l'appliqua, et laissa reposer.

Trois heures du matin. Le seul bruit qu'il y avait dans l'appartement n'était que le souffle du vent qui hurlait entre les étages de l'immeuble. Bill ne tenait plus en place. Il avait trop chaud ou trop froid, mais jamais entre les deux. Il en mordait ses oreillers, enlevait et remettait sans cesse son t-shirt de pyjama, se griffait sans le faire exprès avec ses ongles pointus. Il ne tenait pas allongé et bougeait comme un ver, envoyait valdinguer contre le mur n'importe quel objet et culpabilisait la seconde d'après pour les avoir cassés. Il laissait parfois un cri s'échapper d'entre ses lèvres, ou un rire complètement nerveux et incontrôlable.

Trois heures dix. Bill s'était levé et faisait les cents pas dans la cuisine en se goinfrant de cookies, laissant retomber des miettes partout sur le carrelage. Il regardait partout, dans chaque coin, comme un animal prit en chasse, de peur que le chasseur ne se soit faufilé et caché pour mieux l'abattre. Mais Tom n'était toujours pas là.

Trois heures vingt. Bill s'était recouché. Enfin, il s'était rallongé dans son lit mais roulait d'un bout à l'autre en se tenant l'estomac. Les cookies ne passaient pas très bien. Cinq minutes plus tard il les rendait tous dans la cuvette des toilettes.

Il aurait voulu prendre une douche glacée, mais il avait peur de ne pas entendre Tom arriver à cause du bruit de l'eau qui coule. Il se frotta simplement avec un gant de toilette et se sentit un peu mieux.

Quatre heures moins vingt. Bill était de retour dans la chambre, mais il était incapable de rester allongé sur le lit à présent. Ne pas savoir exactement quand Tom allait rentrer était un véritable supplice, une torture implacable. Bill tourna en rond pendant un temps qui lui parut une éternité.

Quatre heures pile. La porte d'entrée claqua doucement. Les yeux exorbités, Bill sauta sur le lit, rabattit la couette sur lui et tenta de faire semblant de dormir. Des pas se firent entendre. Bruit d'un bagage lourd qui se pose. Toussotements. Bruit de vêtements que l'on froisse pour enlever. Nouveaux pas. En direction de la salle de bain, soit en face de la chambre. Bill ne respirait même plus. Il prit soin de cacher ses mains sous la couette pour que son jumeau ne puisse pas voir ses ongles et se douter de quoi que se soit. Bruit de l'eau qui coule. Nouveaux toussotements. Soupire. Bruit de vêtements froissés. Et encore des pas.

La porte de la chambre s'ouvrit. Bill lui tournait le dos. Il se rendit compte d'une erreur fatale. Il était sur le côté du lit où Tom dormait, et Tom détestait de le voir là. Mais Bill continua cependant à faire semblant de dormir. Tom toussa, et il sembla à Bill qu'il restait immobile devant le lit. Bill était incapable de modérer sa respiration haletante, et il était à peu près sûr que Tom l'entendait.

- Tu n'es peut-être pas obligé de dormir à ma place, lança Tom d'une voix fatiguée mais piquante.

Bill ne su plus quoi faire. Lever les yeux vers Tom, ou continuer à faire semblant de dormir ? Il préféra faire semblant de se réveiller.

- Hm... Tom ? Tu es rentré ?

Il se retourna doucement vers son frère et s'obligea à sourire. Tom avait une mine affreuse. Il semblait fatigué, triste, et ivre. Sauf qu'il n'était pas ivre du tout, il en avait simplement l'air. Bill le savait.

- Oui, répondit froidement Tom. Ça te fait plaisir ?

L'amertume et le dégoût qu'il y avait dans sa voix alerta Bill, qui s'apprêtait à sortir ses ongles pointus au moment venu.

- Oui, répondit Bill d'une voix minuscule et tremblante.

- Ça se voit.

Tom s'approcha du lit et grimpa dessus. Bill se rendit compte qu'il était nu. Tom avait l'habitude de dormir sans pyjama, mais il se déshabillait toujours dans le lit, jamais avant. Et il se rhabillait toujours avant de retirer la couette, le matin au réveil.

En clair, ça ne sentait pas bon du tout pour Bill.

- Tu n'voudrais pas dégager ? Tu es sur MON côté.

- Ho, oui. Excuse-moi.

Tom ne laissa pas le temps à Bill de bouger. Il l'attrapa par la peau (Bill n'avait pas remit son haut de pyjama) et le poussa violemment de l'autre côté du lit. Bill ne se défendit pas. Pour l'instant Tom était à peu près normal, si on oubliait qu'il était déjà nu avant d'entrer dans le lit.

- Tu rentres tard, dit simplement Bill.

- L'avion a eut du retard. Ça t'embête ?

- C'est juste que je m'attendais à te voir plus tôt.

- Ben non.

Tom se glissa sous la couette. Bill fit mine de se rendormir, mais resta aux aguets. Le souffle de Tom dans son dos le fit presque sursauter, et encore plus lorsque ses bras l'entourèrent. Il commença à sérieusement paniquer lorsqu'il sentit le sexe dur de Tom entre ses fesses.

- Tom non, pas maintenant, gémit Bill.

- Si je suis rentré si tôt c'est pour m'occuper de toi.

- Te... t'occuper d-de moi ?!

- Oui. Pour te foutre une bonne raclée.

Une claque monumentale atterrit sur la joue de Bill. Tom saisit l'élastique de son bas de pyjama et le lui abaissa. Bill n'eut pas le temps de réagir, Tom était déjà sur lui, et lui était sur le ventre, donc dans l'incapacité de le griffer.

- T'as voulu te barrer, tu vas voir ce qu'il en coûte.

Tom l'avait immobilisé totalement et le pénétra sans aucune douceur. Bill cria dans l'oreiller.

- Je n'avais pas l'intention de le faire Tomi...

- Prend-moi pour un con.

Tom accéléra ses coups de reins et Bill laissa couler quelques larmes de douleur.

- Je voulais juste que tu comprennes que moi aussi je suis libre...

- Non. Tu devrais comprendre toi que tu es à moi. Ce que j'ai fait sur ton ventre ne t'a pas suffit à le comprendre ?!

- Tom...

- Il faut que je recommence ? Oui, je crois qu'il le faut.

- Non ! Tom je t'en prie !

- Il fallait réfléchir avant de faire des conneries et de me mettre en colère, petit frère.

- Arrête... je te jure que je ne le ferai plus...

- D'accord, mais je veux en être sûr.

Tom accéléra encore. La douleur était intenable et Bill trempait son oreiller de larmes et de salive. Il sentit les doigts de Tom dégager ses cheveux de sa nuque. Puis l'humidité tiède de ses dents se posa sur sa peau. Bill retînt son souffle. Tom le mordit sauvagement à sang. L'androgyne hurla dans l'oreiller détrempé.

Quand Tom retira ses dents de sa peau, Bill tourna la tête sur le côté. Il haletait fort et ne parvenait pas à retrouver sa respiration tant il était oppressé. Il se sentait déjà faible, incapable de faire face à son frère.

Tom continua à le violer jusqu'à ce que Bill soit à la limite de l'évanouissement.

- J'espère que ça te servira de leçon.

Il se retira de son corps et se coucha à côté, l'air de rien, le plus naturellement du monde. Bill resta étalé sur le ventre, haletant et pleurant. Tom l'avait vidé de ses forces en si peu de temps qu'il en était complètement effrayé. Du sang coulait dans son cou et entre ses fesses. Il était totalement incapable de bouger.

Cinq minutes plus tard Tom dormait en respirant fort. Bill n'avait toujours pas bougé, les yeux exorbités de douleur. Sa respiration revenait à un rythme acceptable, lentement mais sûrement. Pour la première fois de sa vie, il en voulait cruellement à Tom.

Il se sentait extrêmement faible, mais aussi soudainement animé des pires intentions possibles. Il ne le tuerait pas, mais il avait envie que Tom connaisse la réelle définition du verbe souffrir.

Il attendit encore un moment, histoire de récupérer encore un peu. Il remonta son bas de pyjama et repoussa doucement la couette pour ne pas réveiller Tom. Ses membres tremblaient, mais chacun de ses gestes étaient assez précis pour que Tom se mettent à respirer plus fort jusqu'à presque ronfler.

Il se mit à quatre pattes et alla s'agenouiller à côté de son frère qui dormait paisiblement avec un sourire malsain fiché sur les lèvres. L'air content de lui.

Bill s'approcha de sa peau. Etrangement, Tom ne sentait ni la cigarette, ni l'alcool. Il sentait le chewing-gum aux fruits. Tom ne mangeait jamais ce genre de chose.

Bill mit une main sur le ventre de Tom, qui dormait sur le dos.

- Pardonne-moi Tomi.

Et il enfonça ses ongles griffus dans sa peau. Tom se réveilla en criant, mais Bill continua. Il enfonça les ongles de sa deuxième main. Puis il leur fit faire déchirer la peau dorée de Tom qui hurlait et qui l'attrapa par les poignets. Mais les ongles de Bill étaient si profondément enfoncé dans sa chair qu'il ne réussit qu'à se faire un peu plus mal.

- Arrête ça Bill, espèce de salope, dit Tom que quelques larmes de douleurs noyèrent les yeux.

- Ho non, je m'amuse bien.

Il retira une de ses mains et gifla Tom. Ses ongles laissèrent des sillons ensanglantés sur sa joue. Bill jouissait pour la première fois de sa vie de sa supériorité à Tom.

- Bill, je te jure que lorsque je t'aurais fais payer ça, tu ne te reconnaîtras plus.

- Ho j'ai peur.

Bill se sentait supérieur, possédé par une revanche qu'il était bien décidé à gagner, possédé par le Diable, que Tom ne lui faisait même plus peur.

Il gifla Tom sur l'autre joue. Il avait alors l'air d'avoir des moustaches de chat. Cela fit sourire Bill. Une sorte de sourire de soulagement, de satisfaction.

Tom commença à se débattre mais Bill le prit par les poignets et y enfonça à nouveau ses ongles. Tom grinça des dents et ferma les yeux, faisant dégouliner des larmes sur ses joues.

- Bill arrête ça.

- Non ! Pas envie. Je m'amuse bien, pas toi ?

Cette question provocatrice mit Tom dans un tel état de rage qu'il faillit échapper à Bill, mais il réussit à le retenir. Bill attendit un moment que Tom se calme un peu, avant de continuer :

- Tu sais Tomi, en ce moment je n'arrête pas de me demander si tu connais exactement le sens du verbe souffrir. Avoir mal, est-ce que tu sais ce que c'est ?

- Bien sûr, tu me déchiquettes depuis cinq minutes avec tes ongles dégueulasses. Je ne suis pas aussi con que toi.

- Mauvaise réponse !

Le sourire de Bill s'élargit et il remua ses ongles sous la peau des poignets de Tom, faisant dégouliner le sang sur ses avant bras. Tom bougea rapidement la tête de droite à gauche, ne supportant pas la douleur.

- Enfin, tu n'étais pas très loin de la bonne réponse, reprit Bill. Il te manquait juste un tout petit truc.

- Je n'en ai rien à foutre.

- Tu devrais.

Bill bougea à nouveau ses ongles et Tom lâcha un petit gémissement de douleur.

- Bon d'accord dis-moi ce que c'est, mais arrête de me triturer les bras merde.

Bill sourit et passa à califourchon sur Tom en se dandinant, histoire de voir la réaction de Tom, qui ne fût qu'un simple soupire.

- Souffrir, comme tu me fais souffrir toi, eh bien je dirais que c'est comme promettre une sucette à un gosse mais de ne jamais la lui donner.

- Accouche putain.

- Des fois tu donnes l'impression de m'aimer, et moi j'espère après ça que tu vas arrêter de me faire du mal, mais la minute d'après tu redeviens aussi ignoble avec moi.

- Et alors ?

Bill haussa un sourcil en regardant Tom. Puis il éclata d'un rire nerveux incontrôlable. Quand il se fût calmé, il répondit :

- Et alors ? Répéta Bill en souriant niaisement. Et alors, le petit frère en a ras-le-bol et voudrait que tu sois un peux plus gentil avec lui.

- J'vois pas pourquoi je te ferais cette joie. T'es qu'un crétin, une pute, et en plus t'as pas été fichu de décrocher ton bac.

Bill écarquilla des yeux ronds.

- C'est toi qui m'a empêché de l'avoir pour que je ne puisse pas faire d'études et que je reste sagement avec toi parce que je ne pourrais pas me faire vivre tout seul ! Tu as brûlé tous mes courts, deux années de suite.

- T'aurais pu être un peu plus malin et demander les cours à un ami. Ha oui mais, ho ! Pardon. Tu n'en avais pas.

- Ha ha. Comique. T'aimes bien faire ce genre de blague hein ? Sauf que c'est pas drôle. Et tu sais quoi Tomi ? Je vais te les faire regretter toutes tes blagues de merde qui m'ont pourri la vie à longueur de temps.

- Qu'est-ce que tu vas me faire ? Demanda Tom.

- Ho... Je ne sais pas trop.

Tom sembla se crisper. Avait-il peur ? Tom ressentait-il de la peur, alors que pour lui ce mot n'existait plus que dans les yeux de Bill depuis qu'ils avaient douze ans ? Oui. Cela fit beaucoup rire Bill.

- Je vais simplement te faire un baiser, expliqua Bill. Un baiser comme je ne t'en ai jamais fait.

Il se pencha sur lui doucement, un petit sourire sur les lèvres, tout en lui tenant fermement les poignets. Tom se décrispa, en pensant que son frère était la créature la plus stupide sur Terre. Un baiser ! Un innocent baiser. Ha-ha.

Bill posa doucement ses lèvres sur les siennes. Tom avait presque envie de rire. Bill appuya un peu, puis caressa les lèvres de Tom avec sa langue, doucement, amoureusement, mais souriant toujours. Tom prit part au baiser en faisant danser sa langue avec sa jumelle. Il était complètement décontracté à présent, et se préparait à foutre une sacrée raclée à Bill une fois ce petit moment terminé, pour lui faire regretter de l'avoir autant griffé.

Sauf que Tom ne s'attendait pas à ça.

Bill avait coincé le piercing à la lèvre de Tom entre ses dents. Le c½ur de celui-ci rata un battement, devinant ce que Bill allait faire. Bill l'arracha d'un coup sec et brutal. Une gerbe de sang gicla jusqu'au torse nu de l'androgyne.

Tom ne sentit rien pendant une ou deux secondes, puis un éclair si déflagrant de douleur le submergea qu'il en hurla, comme il n'avait jamais hurlé. Une abondance de sang sortait de sa lèvre profondément fendue et coulait dans sa bouche, sur son menton et dans son cou. Il se mit à haleter fortement et eut le sentiment de ne plus savoir où il était, dans la douleur prenait la place de ses pensées dans sa tête et ne lui laissait plus réfléchir rationnellement. Moins d'une minute après que Bill lui eut arraché son piercing, il s'évanouit, ne supportant pas une telle douleur.

Bill eut la bonté de lui tourner la tête sur le côté pour ne pas qu'il s'étouffe dans son sang, puis il glissa de son côté du lit en déposant le piercing rouge de sang sur sa table de nuit en souriant, content de lui.

En se disant que c'était encore loin d'être finit.


_______________________________________________

Et voilà. Alors ? Je crois que vous ne vous attendiez pas à ça ! Non ?

Qu'est-ce que vous pensez de ce chapitre en général?
Du retour de Tom ?
Du retournement de situation et de l'attitude nouvelle de Bill ?

Chapitre satisfaisant ou décevant ?

Trop long ou pas assez long ? (j'espère assez long parce que j'ai mis du temps à l'écrire ! Il est pas petit quand même).

# Posté le mercredi 27 août 2008 12:11

Partie 2, XII

Partie 2, XII
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XII
Le petit anneau d'argent brillait au clair de lune sur la table de nuit de Bill, qui le regardait se faire emprisonner dans la petite flaque de sang qui séchait et le collait. Bill ne pouvait en détacher les yeux, c'était le trophée de sa première victoire sur Tom.

Tom quand a lui ne jubilait pas du tout. Il était toujours inconscient, étalé en croix sur le lit, couvert de sang sur le ventre, les bras et la moitié basse de son visage. Ses yeux étaient gonflés par les larmes qu'il avait versé auparavant et Bill ressentit en le regardant un sentiment de pitié si intense et d'amour infini qu'il crut s'être perdu un instant dans son propre c½ur. Il sourit, puis lécha ses mains couvertes du sang de Tom.

Il entreprit ensuite d'enfiler un boxer à son frère, qui se réveilla tout en restant dans une léthargie douloureuse.

- Bill... gémit Tom.

- Attend chéri, ce n'est pas encore fini, dit Bill d'une voix mielleuse. C'était simplement l'introduction. On a fait une petite pause mais puisque tu es réveillé, que dirais-tu de passer au premier chapitre ?

Tom ouvrit les yeux à demie et fixa Bill.

- Qu'est-ce que tu... racontes ? Demanda-t-il d'une voix affaiblie.

- Rien, tu n'es pas obligé de comprendre.

Bill sortit de sa table de nuit une boîte de sédatifs*. Il en sortit cinq de leur plaquette et força Tom à les avaler. Ce dernier, trop léthargique pour comprendre exactement ce qui lui arrivait, les avala tout rond en s'étranglant ensuite. Bill lui tapota la joue en souriant, lui lançant un regard tellement plein d'amour que Tom ne comprit vraiment plus rien du tout.

- Qu'est-ce que tu viens de... me faire... avaler ? Demanda Tom.

- Des médicaments contre la douleur, mentit Bill.

- Ha... génial... je crois que j'en avais besoin...

Bill l'embrassa sur le front et attendit un peu que les médicaments fassent effets. Avec une telle dose, Tom ne tarda pas à devenir aussi doux et lent dans ses gestes qu'un jeune ourson.

- S'per ficace tes m'dicaments, dit Tom dont la locution ne devenait plus trop compréhensible.

- Ha bon ? S'étonna Bill.

- J'encore plus mal.

- Ça va finir par passer mon c½ur.

Bill eut une espèce de sourire empoisonné, puis il l'embrassa sur le nez en lui donnant un petit coup de langue. Tom sembla frissonner.

- Tu viens, on va s'amuser, proposa Bill.

- M'lèverai pas.

- Ho, eh bien je vais te traîner. Attend deux minutes.

- F'che-moi paix, tenta de crier Tom.

Bill n'y prêta pas attention et se dirigea vers la commode de Tom. Il en sortit trois bandanas, ce devrait être assez. Il revînt ensuite vers Tom et lui attacha directement les chevilles ensembles avec un des bandanas. Bien serré.

Il alla ensuite le prendre par les poignets. Tom gémit lorsque Bill les serra dans ses mains et ferma douloureusement les yeux. Doucement, Bill le fit glisser hors du lit. Tom tomba lourdement par terre sur le côté. Il poussa un nouveau grognement et se mit à haleter.

- Ne t'en fais pas Tomi. Un fois dans la cuisine je te donnerai d'autre cachets. Ça ira mieux après.

Et il commença à traîner Tom par terre, en direction de la cuisine. Tom grognait et disait des choses incompréhensibles. Bill n'était même pas sûr qu'il essayât de parler une langue connue sur Terre.

Ils arrivèrent jusqu'à la cuisine. Bill usa de toutes ses forces pour monter Tom sur une des chaises, l'y assit, et lui ligota les poignets à l'un des barreau du dossier.

- P'quoi t'm'attaches Bill ?

- Pour que tu ne tombes pas.

- Peux t'nir assis t'seul.

- Non, je ne crois pas.

Bill repartit dans la chambre chercher la boîte de sédatif. Il cru plus prudent d'en donner deux autres à Tom, juste au cas-où. Tom les avala sans rechigner, croyant à des antidouleurs.

- 'taches-moi, dit Tom sur un ton qui se voulait ferme.

- Quoi ?

- 'taches-moi !!!

- Te détacher ?

- Oui !

- Non, non, non ! Si tu tombes tu risques de te faire mal. Je vais m'occuper de toi, ne t'en fais pas.

Bill l'embrassa à nouveau sur le haut de la tête et lui caressa les cheveux un moment, l'air pensif. Il avait toujours ce sourire diabolique sur les lèvres, ce que Tom ne voyait pas.

Au bout de quelques minutes, la tête de Tom bascula en arrière. Tom n'avait tout simplement plus de forces à cause des sédatifs qu'il avait été contraint d'avaler. Ce fût le feu vert pour Bill.

Il alla prendre le couteau le plus aiguisé de la cuisine et s'assit à califourchon sur les cuisses de Tom, face à lui.

- Tomi, est-ce que tu te rappelles des dessins animés que l'on regardait lorsqu'on était petit ?

- Gnr, émit simplement Tom.

- Je suis sûr que oui. Et est-ce que tu te souviens du Roi Lion ?

- Fffh, souffla Tom.

- Dans ce dessin animé il y avait un lion méchant, Scar, et il avait une cicatrice qui lui coupait verticalement l'½il gauche. Son neveu Simba l'aimait énormément, mais Scar lui faisait semblant. Au devant il paraissait gentil, alors que derrière il était monstrueusement méchant.

- M'en fou, soupira Tom.

- Vraiment méchant même, mais il répétait sans cesse qu'il avait une surprise pour son neveu. Des surprises très empoisonnées. Tu te rappelles de ça Tomi ?

Tom soupira une nouvelle fois sans rien dire, toujours la tête renversée en arrière.

- Et un jour il lui fit une énorme surprise. Simba s'attendait à quelque chose de formidable. Il eut en tout et pour tout la vue de son père mort devant lui.

Tom toussa et recommença à haleter.

- Scar a ensuite fait fuir Simba très loin. Mais il est finalement revenu pour reprendre ce qui lui était le plus cher : son honneur. Il était roi, et il ne devait pas oublier qui il était. Il a reconquérit le royaume de son père, regagné son honneur et retrouvé sa famille. C'est une histoire assez formidable non ?

Pour toute réponse Tom émit un sifflement provenant de sa respiration douloureuse.

- J'aime bien cette histoire. Et je voudrais connaître la même, alors...

Bill redressa la tête de Tom et la tînt bien d'une main, de l'autre il brandit le couteau. D'un coup bref il fit à Tom la même blessure que Scar dans le dessin animé, en essayant de ne toucher que la paupière et l'arcade sourcilière et non l'½il. Malheureusement il fit une entaille dans sa pupille. Des larmes de sangs dévalèrent la joue gauche de Tom. Celui-ci avait la bouche ouverte pour crier mais il n'en sortait aucun son. Il se mit ensuite à haleter encore plus fort en gémissant. Bill posa le couteau sur la table de la cuisine et continua :

- Voilà, tu ressembles déjà un peu plus au méchant dans le dessin animé. Quand on y pense, notre histoire est presque la même, non ? Tu m'as fait plein d'horribles surprise, en commençant par cette jupe rouge. Tu te rappelles de cette jupe ? Elle était vraiment courte. Je crois que je l'ai encore. Ho mais attend, ton ½il saigne très fort.

Bill prit le troisième bandana et l'entoura autour de la tête de son jumeau de façon à recouvrir son ½il fendu. D'un ½il coulait du sang, de l'autre des larmes.

- Mais qu'importe toutes ces mauvaises surprises, c'est du passé. Maintenant c'est moi qui dirige, c'est moi qui te fais mal. Comment tu trouves ça ?

Tom gémit plus fortement et recommença à bouger la tête de droite à gauche comme tout à l'heure. Bill caressa sa joue ensanglanté en souriant.

- La douleur passera. Toutes les douleurs passent, pas vrai ? Elles laissent juste des traces, comme sur la neige. Que ce soit sur le corps, sur l'esprit ou sur le c½ur. Tu verras, tout iras vite mieux, je te le promets.

L'androgyne embrassa les lèvres ensanglantées de son jumeau, puis le serra dans ses bras.

- Tout passe, Tomi, tout. Rien ne résiste. Le temps efface tout, ou presque, et nous avec. Le temps fait aussi changer et bouger beaucoup de chose, tu ne trouves pas ? Ce n'est plus moi qui saigne, c'est toi.

Il prit quelques dreadlocks entre ses doigts et les entortilla tout autour.

- C'est juste dommage qu'on en arrive là.

Il enfouit son visage dans le cou de Tom recouvert de croûtes de sang séché.

- C'est malheureux même.

Il soupira.

- Vraiment, vraiment malheureux.

Et se mit à pleurer en serrant son jumeau contre lui.

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Hop, fraîchement écrit ce matin.

Vous aimez la petite histoire de Bill ?
Et Tom, sa souffrance ?
Chapitre nulle ou bien ?
Un peu court mais bon.

C'est bien quand même, non ?

# Posté le jeudi 28 août 2008 06:10

Partie 2, XIII

Partie 2, XIII
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XIII
Il est étrange lorsque Amour et Haine se mélange. On ne sait jamais vraiment ce que cela va donner. C'est un peu comme mélanger du blanc et du noir, on ne sait jamais si le rendu va être clair ou foncé avant de l'avoir touillé. De même, Bill n'avait aucune idée des conséquences de ses actes sur son frère et sur lui-même avant de les avoir commis. Devait-il en jouir ? Ou en avoir honte ? Probablement les deux en même temps.

Bill était toujours contre Tom, qui respirait péniblement. Il lâcha de temps en temps un gémissement à peine audible, même pour Bill qui était tout contre lui. Son ½il ne s'arrêtait pas de saigner, et il semblait à Bill que le sang s'y écoulait de plus en plus fort. En revanche sa lèvre fendue ne saignait plus et avait formé une grosse coûte noire de sang séché au dessus de la plaie. Sa lèvre était toute gonflée, un peu comme si Bill l'avait embrassée et sucée trop longtemps.

L'½il valide de Tom était lui aussi tout gonflé par les larmes et la douleur, et restait soit fermé, soit il fixait Bill d'un air implorant la pitié. Comme si c'était son unique moyen de communication pour dire à Bill d'arrêter ça, qu'il avait compris la leçon et que tout ce qu'il voulait était d'arrêter de souffrir. Il somnolait à moitié à cause des sédatifs, tout en haletant gravement. Bill se demandait s'il n'était pas allé un peu trop loin.

- Tomi, dis, ça va ?

Pour toute réponse, Tom fondit littéralement en larmes tout en gémissant et en haletant. Il dit d'une voix saccadée de sanglots et de soupires :

- C'tait pas des m'dicaments cont'la douleur...

- Non en effet. Mais comme ça tu n'es pas en colère.

- Suis très en colère.

- Je ne le vois pas.

Bill entoura le cou de Tom de ses bras et appuya son front contre le sien. L'½il de Tom le fixait, sans aucune expression, vide de sentiments et de vie. Bill était incapable, pour la première fois de sa vie, de déchiffrer ce que Tom ressentait à son égard. Il était sûr d'une chose : il ne lui était plus indifférent et sans intérêt.

- Je crois qu'il faut que tu prennes un bain. Ça te ferait beaucoup de bien.

Tom ne réagit pas et ferma l'½il. Bill n'attendait pas vraiment son avis. Après avoir fait souffrir Tom, il voulait s'occuper de lui.

Il traîna Tom sur la chaise jusqu'à la salle de bain, où il le détacha. Si Bill ne l'avait pas retenu, Tom serait tombé par terre, vide de forces. Bill le porta dans la baignoire et l'y allongea doucement. Il fit ensuite couler l'eau. Tom poussa plusieurs soupires.

Il n'y avait plus que le bruit de l'eau qui coule. Tom semblait s'être endormit, et Bill le regardait, assit sur la chaise et accoudé au rebord de la baignoire. Il arrêta le robinet lorsque l'eau fût arrivée au niveau des épaules de son jumeau. Alors que Bill le pensait endormit, celui-ci tourna la tête vers lui et demanda :

- Qu'est-ce t'attend ?

- Rien. Je te regarde.

- Eh bien arrête, et viens av'c moi.

- Avec toi dans... dans le bain ?

Tom hocha lentement la tête pour acquiescer. Un large sourire s'étala sur le visage de Bill, et celui-ci se leva. Il se déshabilla rapidement et entra dans l'eau chaude de l'autre côté de la baignoire.

- Alors, ça te fait du bien ?

Tom fit non de la tête. Bill parut soudain paniqué, mais Tom ajouta :

- 'Faudrait ta tête là, dit-il en posa sa main sur sa propre poitrine.

Le visage de Bill se ré-illumina. Il s'approcha de Tom et passa entre ses jambes. Il s'allongea ensuite doucement sur son torse et posa sa tête entre ses pectoraux. Tom posa sa main mouillée dans ses cheveux, les humidifiant d'eau chaude. Ils fermèrent tout les deux des yeux en s'enlaçant, se serrant l'un contre l'autre sans que l'un ne crie et que l'autre ne pleure.

De la buée recouvrait les vitres de la salle de bain à cause de l'eau chaude qui s'évaporait du bain ; de même que la vengeance de Bill effaçait les années d'horreurs qui avaient précédé cet instant.

Mais cela durerait-il longtemps ? Peut-être qu'une fois l'effet des sédatifs passé, Tom redeviendrait comme avant...

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Navrée de la petitesse du chapitre, mais c'est mieux que rien non ?

C'est la fin de la partie 2 de la fiction.

Enfin j'espère que ce chapitre ne vous aura pas trop déplu malgré sa courte taille...

# Posté le samedi 30 août 2008 13:30

Partie 3, I

Partie 3, I
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Partie 3
Ecarlate

I
Bill sentait que ce n'était pas finit. Il flottait dans l'air comme une sorte d'électricité, un orage implacable et impossible à calmer. Une colère éternelle voguait au-dessus d'eux sur des flots déchaînés.

Mais Bill essayait de ne pas y penser et tentait de ne pas faire ressentir son appréhension à son jumeau. Cependant il était persuadé que Tom ressentait la même chose.

Ce n'était pas encore fini. Peut-être même loin de là. C'était simplement le calme avant la tempête.

Bill sentait les mains de Tom se promener lentement dans son dos, et descendaient parfois jusqu'à ses fesses. Bill se laissait faire, plongé dans une sorte d'apathie agréable et angoissante à la fois.

- Ça va un peu mieux Tomi ?

- Hmm.

Bill ne su pas trop ce que cela voulait dire, mais Tom ne haletait plus depuis un moment. Son ½il saignait moins fort, mais l'autre pleurait toujours. Bill frottait doucement son visage sur la poitrine de son jumeau, humant son odeur atténuée par l'eau du bain. Dehors, le jour ne s'était pas encore levé et il pleuvait.

- Tomi, je suis content que tu sois là.

Tom bloqua ses mains dans le dos de son frère.

- Que tu sois rentré, précisa Bill. Tu n'es parti qu'une semaine mais, je ne sais pas, j'ai eu l'impression que ça faisait beaucoup plus longtemps. Je me sentais perdu, sans toi.

- Pourtant t'étais av'c Lucas.

Bill sursauta presque. Comment était-ce possible ?

- Quoi ?! Fit-il en se redressant pour voir Tom de face.

- T'm'as très bien entendu.

- Mais ?... Je ne comprends pas.

- Un peu plus et tu baisais av'c lui. 'Pour ça que j'suis r'venu.

- Quoi ?! Attend mais...

- Tais-toi. T'sais qu'j'ai raison.

Bill tremblait et voulu s'écarter de Tom, mais les mains de celui-ci toujours bloquées dans son dos le maintenaient contre son torse. Il était prit au piège...

- Tom lâche-moi. Ne recommence pas ça.

- J'fais c'que j'veux.

- Si tu veux tout savoir, je n'ai fait qu'embrasser Lucas. Et d'abord, comment tu le connais ? Comment tu sais tout ça ?

- Parce qu'il était là pour t'surveiller et voir si tu dérapais ou pas... C'est moi qui lui avait d'mandé. Je savais que tu allais m'faire ce coup là. Et tu es tombé en plein dans le panneau. Il a dû te raconter n'importe quoi. En fait, c'est un correspondant anglais. Il venait en Allemagne pendant que moi j'allais en Angleterre. On s'est croisé à l'aéroport tout à l'heure, il m'a tout dit. Ça ne m'a même pas étonné. J'étais sûr que tu allais jouer à la pute.

Tom reparlait normalement, les sédatifs ne faisaient déjà plus effet. Bill aurait dû doubler la dose...

- Et ça n'a pas manqué, continua Tom. En plein dans le mille, mon petit Bill. Je t'avais prévenu que les murs n'avaient pas seulement des oreilles, mais aussi des yeux. Ne me dis pas que je ne te l'ai pas dit. Tu étais prévenu.

Bill tenta de se dégager mais Tom le tenait trop fermement. Ça y est, l'orage allait de nouveau éclater.

- Pourtant tu n'as pas hésité une seule seconde pour me faire des infidélités.

- Ha, parce que toi tu ne m'en as pas fait peut-être en Angleterre?

- C'était juste des mensonges, pour voir ta réaction. Ça n'a pas loupé... Tu m'as bien cru là-dessus. Comme si j'allais me faire dix meufs en une seule soirée. T'es crétin.

- Tu en serais capable.

- Physiquement, oui. Mais je crois que ça me dégoûterait. Je ne m'appelle pas Bill et je ne me jette pas sur les premiers venus.

Tom avait tout prémédité. Il avait tout organisé pour que Bill saute en plein dans le piège parfaitement ensevelit sous des mensonges, mais maintenant le piège se refermait, et ses dents lui coupait la peau.

- Si je suis revenu si vite c'est pour éviter à Lucas de devoir se farcir une merde comme toi plus longtemps.

- Tu avais tout prévu. T'es qu'un salaud.

- C'est toi qui me dis ça ?!

Bill se mit à s'agiter brusquement et mit une claque sur l'½il blessé de Tom, qui hurla et le lâcha. Bill voulut bondir de la baignoire mais Tom le retenait par les hanches, enfonçant ses ongles dans sa peau. Bill se mit à le griffer sur la poitrine, mais Tom, fou de rage, n'en avait que faire. Il attrapa la tête de Bill et la flanqua sous l'eau en la cognant violemment sur l'émail de la baignoire. Bill hurlait dans l'eau, buvait la tasse et continuait de griffer Tom à l'aveuglette, sans succès. Il fût rapidement épuisé et à court d'oxygène. Et Tom le maintenait toujours sous l'eau.

Bill n'arrivait plus à crier. Plus aucune bulle d'air ne s'échappait de sa bouche. Les yeux ouverts et globuleux, il fixait le fond de la baignoire, apercevant le corps de Tom sur le côté. Allait-il le laisser là à se noyer ? Ou le relèverait-il à temps ? Ses poumons lui faisaient mal et son c½ur battait de plus en plus lentement. Ses gestes étaient lents, et il n'arrivait même plus à lever la main pour griffer son frère. Tout semblait tourner, ou bien lui-même tournait dans le vide. Il n'arrivait plus à aligner deux pensées rationnelles, et il sentit que ça allait s'arrêter.

Son c½ur se mit à battre la chamade, courant le sprint final. Mais Tom lui releva la tête juste avant qu'il ne passe la ligne d'arrivé. Juste à temps.

Il replaça le corps mou de Bill sur lui, sur sa poitrine ensanglantée. Bill haletait comme un asthmatique en pleine crise et n'arrivait pas à retrouver son souffle. Sa tête lui faisait si mal qu'il en avait envie de crier. Son cerveau ayant été privé d'oxygène pendant un moment, il ne serait pas étonnant qu'il y ait des séquelles.

- T'es calmé maintenant ? Dit Tom.

Bill ne réagit pas, mou comme un légume, haletant toujours aussi fort. Les yeux grands ouverts, il constatait sans réellement le voir pour l'instant que l'eau du bain était rose. Rose de sang.

- Tu sais Billou, j'ai fais ça pour toi. Depuis le départ.

- Tu... racontes... n'importe... quoi... espèce... de... menteur... Dit Bill, toujours essoufflé. Tu n'as... fais... ça... uniquement... que... pour toi...

- Non, c'est ça que tu ne comprends pas.

Tom grimaça.

- Ha, putain, j'ai l'impression que mon ½il brûle...

Bill leva les yeux vers le visage de son frère. Le bandana était parti et son ½il était à découvert. Tom avait le visage ravagé et Bill était sûr qu'il en resterait des cicatrices plus tard. Si jamais plus tard existait encore pour tous les deux.

L'oeil de Tom s'était remis à saigner abondement, et coulait le long de sa joue, de cou, de sa poitrine et se diluait dans l'eau. Cet ½il était tout simplement affreux. Il n'était pas si différent d'avant, certes. Il était toujours beau et vif. Mais la pupille était fendu, et un trait rouge de chair apparaissait, horriblement écarlate et dégoulinant de sang. Son arcade sourcilière et le haut de sa pommette était fendues dans la continuité de ce trait. Le pire était lorsque Tom clignait des yeux. La paupière était définitivement coupée en deux parties et ne collait plus très bien à l'½il. Elle tombait dans le vide, comme une chose morte. Bill avait peine à croire que c'était lui l'auteur de cette immonde blessure.

- Tu ne m'as vraiment pas loupé. Tu m'as refais la tronche, petit con.

Tom eut un sourire grimaçant. Il ne pouvait sourire que d'un côté, l'autre étant paralysé de douleur. Finalement, un côté de son visage était intact. L'autre n'était plus qu'un morceau de viande sanguinolent.

Tom caressa les cheveux mouillés et emmêlés de Bill qui commençait à retrouver une respiration plus raisonnable.

- Je suis affreux, soupira Tom.

- Tu n'as... pas à plaire... à d'autres personnes... que moi, non ? Dit Bill.

- Tais-toi. Je ne veux pas te plaire.

- Mais tu me plairas... toujours, quoi qu'il... arrive.

- La ferme ou je te remets sous l'eau.

- Hmm... Qu'est-ce qu'on fait... maintenant ? L'eau est glacée...

- Ben sors, tu n'as pas besoin de moi.

- Pourquoi es-tu comme ça ?

Tom haussa son sourcil valide et stoppa ses caresses sur la tête de son frère. Pourquoi était-il comme ça ? Il ne s'était jamais posé la question. Pour lui, c'était quelque chose de presque normal, même si c'était cruel.

- Tu n'as pas à le savoir, répondit-il simplement. Ça ne te concerne pas.

Il reprit ses caresses dans le dos de Bill, alors que celui-ci se mettait à trembler de sanglots, épuisé et désespéré.


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Hop ! Désolée de ne plus prévenir, je n'ai plus le temps, et je ne l'aurai jamais plus jusqu'en mai prochain.
Demain je pars à Lille pour la fac de médecine. Les suites à cette fiction seront rares, je pense, mais j'espère qu'il y en aura quand même. J'aurai énormément de boulot, et je ne sais pas si je pourrai m'occuper beaucoup de moi. Ca m'étonnerait.

A bientôt j'espère. Au pire, en mai... =S

# Posté le dimanche 31 août 2008 12:57