Partie 2, V

Partie 2, V
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V
Lucas continuait son massage et Bill soupirait de bien être, les yeux fermés et le sourire toujours présent sur les lèvres.
- Ne t'endors pas, lui murmura doucement Lucas.
- C'est assez dure de rester éveillé avec quelqu'un comme toi qui te fait autant de bien...
- Je te fais tant de bien que ça?
- Hum, oui.
- Je pourrais t'en faire encore plus...
Bill sentit les mains de Lucas devenir plus légères et plus baladeuses. Le blond lui caressa les côtés, descendit jusqu'au bas de son dos et remonta doucement jusqu'à sa nuque. Bill fût prit d'un frisson qui le secoua comme une décharge électrique.
- Va-y alors, fais m'en encore plus, j'attends de voir ça...
- Tu ne vas pas faire que voir. Retourne-toi, ce sera plus simple.
Lucas s'écarta de lui et Bill se retourna en prenant la couette contre lui de façon à cacher ce que Tom lui avait fait sur le ventre. Le blond se remit à califourchon sur son bassin et se pencha sur lui. Ses mains se posèrent sur les joues rouges de Bill et ses lèvres allèrent effleurer les siennes, roses et brûlantes. Lucas resserra ses jambes autour de Bill puis il accentua le baiser sans pour autant que celui-ci devienne violent et bestial. Bill entoura la nuque de son ami de ses bras et le tira doucement vers lui de façon à ce que leurs torses se touchent. Il soupira de plaisir.
Lucas entama une série de douces caresses sur son ventre. Bill l'arrêta tout de suite en lui saisissant les poignets.
- Qu'est-ce qui t'arrive? S'étonna Lucas.
Son visage paraissait différent. Son teint était légèrement plus clair et ses yeux... Ses yeux aussi étaient plus clairs. Ils ne semblaient plus aussi doux et chatoyants que tout à l'heure. Un sourire que Bill ne connaissait que trop étaient fichés sur ses lèvres. Un sourire signé Tom.
- Je ne te veux pas de mal, continua Lucas.
- Tu vas me faire quoi alors? Demanda Bill, à la fois curieusement excité et effrayé.
- Je ne sais pas trop.
Avant que Bill n'eut le temps de protester, Lucas l'embrassa avec plus de fougue que la première fois. Il réussit à se dégager les poignets de l'étreinte de Bill et il lui caressa le ventre. Bill ferma les yeux en s'attendant à quelques réactions d'étonnement, mais celles-ci ne vinrent pas. Lucas continuait ce qu'il était en train de faire sans sentir les traces de coupures sous ses doigts. Étrange.
Et bien que tout cela paraissait bizarre à Bill, il se laissait guider et transporter par les gestes de Lucas sans trop faire attention à ce qui allait suivre. Il lui retira son tee-shirt et lui caressa le dos, tout en l'embrassant. Tout était plutôt doux, tout était presque parfait, jusqu'à ce que Lucas lui morde la lèvre inférieure à sang. Bill hurla et le repoussa avec une telle force que le blond roula en arrière et tomba du lit.
Bill porta sa main à sa bouche tout en regardant devant lui. Il ne voyait plus Lucas puisque celui-ci était par terre, mais il entendait son rire. Un rire mauvais. Un rire ressemblant trop à celui de Tom.
Une main se posa sur le bord du lit, tremblante et frétillante comme celle d'un mort ramené à la vie qui sort de sa tombe. Le rire s'accentua et Bill recula jusqu'à se coller à la tête de lit. La deuxième main attrapa la couette et la tira violemment vers elle, si bien que Bill fût entraîné avec la couette. Il perdit l'équilibre et tomba sur le ventre au milieu du lit, alors que la personne qui riait se relevait. A la vue de son visage, Bill hurla et cacha sa figure dans ses mains. Ce n'était plus Lucas qui se tenait devant lui. C'était Tom en personne. Tom avec un couteau à viande planté dans le front et du sang chaud giclant de son crâne et coulant sur son visage en petits filets écarlates.
- Non je ne sais pas trop ce que je vais te faire mon petit Billou, dit-il. Je crois d'abord que je vais s'attacher les mains avec des menottes, et puis ensuite je vais t'arracher les lèvres. Je vais te crever les yeux, et pendant que tu hurleras à la mort je vais te sauter jusqu'à ce que tu en saignes. Après je te couperais bien un ou deux doigts, et ta queue aussi. Ensuite? Je te couperai en morceaux et je te donnerai en pâté au bulldog du voisin. Est-ce que ce programme te plait? Ho bien sûr que oui il te plait. Tu aimes ça pas vrai?
La bouche de Tom s'ouvrit en grand et un rire machiavélique en sortit. Puis il se jeta sur son jumeau tremblant sur le lit. Bill hurla alors que Tom le mordait et le griffait à sang. Tom semblait avoir troqué ses dents contre des couteaux de cuisine et ses ongles contre des lames de rasoir. Bill se débattait et se défendait comme il pouvait, mais sa vision devenait floue, beaucoup trop floue, il perdait beaucoup trop de sang. L'image devînt de plus en plus sombre, jusqu'à devenir totalement noire et disparaître complètement.
Quand Bill rouvrit les yeux, il était allongé sur le dos dans son lit, la couette ramenée jusqu'à sa poitrine, et il ne sentait aucune douleur. Au contraire, il se sentait bien, incroyablement bien, s'il on oubliait l'affreux cauchemar qu'il venait de faire et qui l'avait fait transpirer.
Il se redressa sur ses coudes. Ses cheveux lui collaient au front à cause de la sueur. Son c½ur battait rapidement, et ne fit que s'accélérer au fur et à mesure que Bill réalisait que Lucas l'avait mit au lit et qu'il avait probablement vu son ventre nu.
Il se leva et enfila son tee-shirt qui traînait sur un coin du lit. Il sortit de la chambre et entendit la télévision allumée dans le petit salon. Il s'y rendit. Lucas dormait à moitié devant l'écran qui passait des conneries d'après-midi.
Bill alla s'assoir à côté de lui sur le minuscule canapé deux places et le blond ouvrit les yeux, souriant.
- Tu as bien dormi? Demanda-t-il en s'étirant.
- Oui. Je n'aurais pas dû m'endormir mais c'était si agréable...
- Y'a pas de mal, Bill. Au contraire! Si tu t'es endormi c'est que le massage t'a détendu.
- Oui.
Bill sourit. Un silence cette fois-ci gênant s'installa entre les deux garçons. Bill, ne le supportant pas, décida d'y mettre fin.
- Tu regardes quoi? Demanda-t-il.
- Rien, y'a jamais rien à cette heure-ci. Je dormais à moitié quand t'es arrivé.
Bill approuva d'un signe de tête. Le silence retomba, gênant et pesant. Bill ne cessait de repenser au rêve qu'il venait de faire. Lucas qui s'était transformé en Tom... en Tom qui aurait dû être mort avec ce couteau fiché dans la tête mais qui était pourtant bien vivant. Dans ce rêve, Tom voulait le torturer, le mutiler, le violer et le tuer. Étrangement Bill sentait que ça allait se passer un jour ou l'autre, et que c'était inévitable. Peut-être même que se serait la première chose que Tom ferait en rentrant en Allemagne la semaine suivante. Mais pourquoi avait-il ce couteau planté dans le crâne?!
- Ça va Bill? Lui demanda Lucas.
- Oui, oui.
- Tu es sûr? Tu trembles de partout. T'as froid?
- Un peu.
Ce que fit ensuite Lucas le fit frissonner davantage. Bill sentit son bras se faufiler entre son dos et les coussins du canapé, et sa main se poser sur sa taille. Il le tira ensuite tout contre lui et Bill ne put faire autrement que d'appuyer sa tête sur son épaule. Lucas le serra doucement contre lui et Bill se blottit contre son torse en fermant les yeux, en espérant que son cauchemar ne devienne jamais réalité...

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Pas très long, je sais mais c'est mieux que rien! Demain normalement j'aurai plus de temps ^^.
Sinon vous allez bien? xD.
Et ce chapitre vous a-t-il plu? Que pensez-vous du cauchemar de Bill? Pouvez-vous répondre à la question: "Mais pourquoi avait-il (Tom) ce couteau planté dans le crâne?!" ?


50 com's.

# Posté le mercredi 09 juillet 2008 05:47

Partie 2, VI

Partie 2, VI
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VI
Le soir même, alors que Lucas était repartit (Bill avait cru qu'il allait réellement lui sauter au cou pour l'embrasser lorsque le blond lui avait fait un signe d'au revoir devant l'ascenseur), Bill se sentit soudainement si seul qu'il décidé d'appeler Tom. Il composa le numéro de tête mais hésita un moment à appuyer sur le bouton du téléphone vert. Et si Tom était toujours furieux? Il y avait de grandes chances pour qu'il le soit encore et qu'il dise des choses semblables à celles que le Tom mort vivant dans le cauchemar avait dis. Cependant, Tom le menaçait souvent, et ce n'était que très rarement qu'il mettait ses menaces à exécution. Mais dans le cauchemar, Tom n'avait pas attendu une seconde pour lui faire ce qu'il avait prévu... Bill avait peur de savoir ce que Tom lui réservait une fois rentré en Allemagne. Ce ne serait sûrement pas une promenade de santé, ni même quelques joyeuses retrouvailles avec sourires, baisers et projets d'amour à la clef. Non, sûrement pas.
Mais Bill appuya tout de même sur le téléphone vert, se demandant vraiment si c'était lui-même qui avait commandé son geste ou si c'était l'½uvre de quelque force inconnue. La tonalité raisonna dans le téléphone. Un coup, deux coups, trois coups... dix coups.
- Oui?! Grommela la voix de Tom.
- C'est Bill.
- Oui je sais que c'est toi c'est marqué sur le téléphone quand t'appelles, idiot.
- Pardon. Tu vas bien?
- Super, répondit Tom. Sauf que mon attardé de frère m'a dit hier soir qu'il allait se tirer.
- Ben, qu'est-ce que ça peut te faire? Tu ne m'aimes pas.
- Oui mais même.
- Mais même quoi? Demanda Bill, sentant que Tom allait peut-être enfin lui dire qu'il l'aimait au final.
- Laisse tomber.
- Non, dis-moi.
- J'ai rien à dire. A plus tard.
- Attend!
- Quoi encore?!
Bill hésita quelques instants puis dit:
- Dis-moi que tu m'aimes.
Il n'y eut aucun bruit du côté de Tom pendant quelques secondes, puis celui-ci éclata d'un rire fourbe et moqueur.
- Te dire que je t'aime?! Répéta Tom en riant encore. Mais ce serait un mensonge puisque je ne t'aime pas!
- Tomi, tu... je sais que tu le penses... Et j'aimerai bien que tu me le dises, juste une fois, une toute petite fois.
- Désolé j'peux pas te dire quelque chose que je ne ressens pas.
- Fais un effort...
- Tu m'emmerdes avec tes sentiments à la noix. D'ailleurs, t'as rien d'autre à faire ce soir que de me téléphoner? Tu t'es pas trouvé un p'tit copain avec qui suer dans ton lit tous les soirs?
- Non mais ce ne serait tardé.
- Je t'interdis de coucher à droite à gauche.
- Mais toi tu le fais bien! Rétorqua Bill.
- Mais toi je t'interdis de le faire quand même.
- J'm'en fou je le ferai.
- Tu le fais, t'es mort.
- Nan, je le fais et après j'me casse d'ici et tu pourras pas me taper dessus.
- Pff! T'as qu'une semaine, même pas. Tu sauras jamais embobiner un mec en une semaine. De toutes façons qui voudrait bien coucher avec toi?
- Je sais pas, mais y'a déjà quelqu'un qui s'occupe de moi.
- Ha ouais? Eh bien lui aussi, il est mort.
- C'est ça. De toutes façons tu ne m'aimes pas alors je ne vois pas ce que ça peut te faire.
- Tu es à moi. Et quand tu voudras baiser avec ton p'tit ami là, il le verra forcément. Et ça le dégoûtera tellement, parce que faut bien dire que c'est affreux, qu'il ne te touchera même plus. C'est con hein?
- C'est toi le sal con dans l'histoire. T'avais tout préparer. Tu savais que t'allais partir alors tu m'as faire ce truc hideux.
- Exactement. Eh bien, c'est que t'es long à la détente mon petit Billou.
- Je ne suis plus ton petit Billou.
- Ho que si, tu l'es, et tu le seras toujours!
- Non! Cria Bill.
- Si, si, j't'assure. D'ailleurs quand je rentrerai, je me ferai une joie de te corriger, mon petit Billou.
- Tu ne pourras pas puisque je serai parti.
- Aucune importance. Je te retrouverai!
- Mais bien sûr! T'as engagé un agent secret pour me surveiller peut-être?
- Oui, c'est à peu près ça. Tu sais, les murs n'ont pas seulement des oreilles. Ils ont aussi des yeux, dit Tom en repartant dans un fou rire machiavélique.
- T'es qu'un sal connard, lâcha Bill avec un ton de dégoût extrême.
- Pourtant tu me dis que tu m'aimes et tu rêves à chaque instant que je te dise la même chose.
- Ouais, c'est bien ça le problème.
- Je ne suis qu'un sal petit connard mais tu m'aimes quand même?
- Oui.
- Alors tout va très bien. Bonne nuit mon petit Billou.
Tom raccrocha sans laisser le temps à Bill de répondre quoi que se soit. La tonalité retentit à nouveau dans le téléphone et Bill resta un instant sans réagir. Puis la colère le submergea et sans vraiment se contrôler il envoya violemment son téléphone dans le mur. L'objet vola en morceaux.
- Merde! Hurla Bill.
Il tomba à genoux en hurlant et en se tirant les cheveux tant il était en colère. Le pression retomba lorsque ses yeux se mirent à pleurer tant il avait tiré sur des cheveux. Il avança à quatre pattes vers la batterie du téléphone qui gisait toute seule à terre à un mètre de lui.
- Fait chier, lâcha-t-il plus calmement.
Il attrapa le reste de son téléphone déglingué et tenta de le remettre en état, sans succès.
- Quel con je fais.
Il tripota encore un moment son téléphone avait de renoncer et d'aller broyer du noir sur le canapé. Non seulement il ne pourrait plus appeler Tom et inversement (si jamais ça arrivait), ni Lucas qui venait de lui donner son numéro. Mais en plus il n'osait pas imaginer la facture de réparation. Si jamais c'était réparable.
Toute envie de manger lui ayant été coupée par la conversation avec Tom, il ne se fit même pas à manger et préféra aller se coucher. Mais lorsqu'il entra dans sa chambre et qu'il y alluma la lumière, il aperçut avec horreur le Tom mort vivant allongé sur le lit, du sang partout sur le visage et sur la couette.
- Vien mon petit Billou, on va bien s'amuser tout les deux. Je ne sais pas trop ce qu'on va faire, mais ça sera amusant.
Paralysé de peur et prit de hauts de c½ur en voyant le couteau et le sang, Bill se cacha le visage dans les mains, mais quand il écarta les doigts pour voir ce qu'il se passait, Tom n'était plus là et la couette était toute propre.
Ce n'était pas réel, pensa Bill en restant dans l'embrasure de la porte, tremblant. Ce n'était qu'une sorte de mirage, ça n'existe pas...
Il souffla un bon coup et rentra lentement dans la chambre. Il cru y entendre résonner le rire machiavélique de Tom, mais il se dit que c'était juste dans sa tête, que ce n'était pas vrai.
Il se déshabilla et ne laissa plus que son boxer, puis il se glissa silencieusement sous la couette. Après mure réflexion, il rentra tout entier sous la couette pour ne plus rien laisser dépasser. Il se recroquevilla en f½tus au milieu du matelas, roulé en boule comme un chat et tenta de s'endormir. Mais dehors, il entendait la chouette hululer, et il n'avait jamais aimé ça. Son c½ur battait beaucoup trop fort pour qu'il puisse trouver le sommeil, et dans sa tête raisonnaient clairement ce que la vision de Tom lui avait dit, ainsi que son rire diabolique, comme si des fantômes se plaisaient à l'effrayer davantage qu'il ne l'était déjà. Il finit par s'endormir vers deux heures et demi du matin, tremblant, seul et froid dans le lit deux places ; hanté et convaincu que le sommeil ne serait pas de tout repos.
- On va bien s'amuser, tu verras. Ça va être marrant, hilarant, crevant même! Je suis sûr que ça va te plaire. Je sais que toi aussi tu aimes le rouge. Alors viens, savourons-le ensemble. On va bien s'amuser, tu vas voir!

Le lendemain matin, dès qu'il fût réveillé, Bill sauta du lit et alla prendre sa douche. Il enchaîna sur le petit déjeuner et alla se maquiller. Puis il partit vers des courses au supermarché pour remplir le frigidaire de tout ce qu'il aimait. Non, il ne fallait pas qu'il reste à rien faire, autrement il repenserait aux cauchemars de cette nuit et il ne le voulait surtout pas.
Il prit tout ce qu'il lui fallait pour se faire des gâteaux et des biscuits, ainsi que pour un tiramisu parce qu'il adorait ça. Tom lui interdirait toujours d'en manger en lui répétant qu'il allait devenir énorme. Pourtant, en ce moment, Bill avait atteint un record de maigreur. Son poids était descendu à quarante-sept kilos pour un peu plus d'un mètre quatre-vingt. Entre autre, Bill n'était qu'un tas d'os et il se disait que reprendre cinq kilos ne lui ferait que du bien. Il n'arrivait même plus à se regarder dans la glace tant il se trouvait maigre et osseux. Les os de ses épaules, de son bassin et de ses côtes ressortaient ; son ventre, en plus d'être mutilé était creux, tout comme ses joues qui lui donnaient un air misérable et piteux. Pour tout dire, ses ceintures étaient devenues trop grandes pour faire tenir ses pantalons et devait avoir recours aux épingles à nourrice pour les faire tenir convenablement. Mais il fallait croire que Tom se délectait de voir son frère en si mauvaise santé, car il lui répétait sans cesse qu'il mangeait trop et lui confisquait ses assiettes avant qu'il n'en mange la moitié.
Lorsqu'il rentra chez lui il s'attaqua directement à la réalisation d'un grand moelleux au chocolat, aux noisettes et aux amandes, ce qui l'occupa presque une heure. Puis, ne sachant pas quoi faire d'autre et ne pouvant appeler Lucas en raison du petit incident de la veille au soir, il entreprit de réaliser une douzaine de cookies. Il les mit au four lorsque le moelleux fût cuit, et il alla manger celui-ci à même le plat devant la télévision, armé d'une petite cuillère et d'un bol de crème anglaise. Il en mangea jusqu'à l'éc½urement et, le ventre totalement plein, il s'endormit devant les clips vidéos sans s'en rendre compte.
La sonnerie de l'appartement retentit et Bill se leva en bougonnant pour appuyer sur le bouton d'ouverture de la porte d'entrée de l'immeuble. Une minute plus tard on frappait à la porte. Bill ouvrit.
- Salut Billou. Tu veux bien t'amuser avec moi? Ça va être marrant, hilarant, crevant même!
Et sans attendre de réponse le Tom mort vivant se jeta sur lui et lui croqua le cou.
Bill se réveilla en hurlant et en envoyant valser le plat de moelleux au chocolat par terre. Comme la veille après le massage de Lucas, il transpirait abondement et son c½ur battait rapidement. Bill tenta de se calmer jusqu'à ce qu'il se souvienne que les cookies étaient au four. Il se leva et se précipita dans la cuisine. Heureusement le four s'était arrêté à la fin du temps de cuisson que Bill avait programmé. Une chance que les biscuits ne soient pas brûlés. Il en goûta un, pas plus parce que le moelleux lui pesait sur l'estomac, puis il se mit à faire les cents pas dans la cuisine, ne sachant que faire.

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Et voilà! Bon il est pas encore très long mais j'ai bien aimé l'écrire.

Et vous, vous avez aimez le lire? xD.
J'ai surtout envie de connaître votre opinion sur la conversation téléphonique entre Tom et Bill. Surtout à propos de Tom.

55 com's

# Posté le jeudi 10 juillet 2008 14:21

Modifié le jeudi 10 juillet 2008 14:31

Partie 2, VII

Partie 2, VII
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VII
Bill finit par s'assoir sur une chaise de la cuisine et reposa sa tête sur ses bras croisés sur la table. Il soupira longuement. Non, il ne savait vraiment pas quoi faire et cuisiner ou regarder la télévision, ça allait bien cinq minutes. Il ne voyait pas quoi faire de marrant, hilarant, crevant même. Et il savait que s'il restait là à rien faire, le Tom mort vivant se pointerait de nouveau, et qui sait ce qu'il aurait l'intention de lui montrer. Encore de quoi cauchemarder pour plusieurs semaines, certainement.
Alors, quitte à ne rien faire, Bill décida de sortir se balader. Au moins la vision ne le poursuivrait pas jusqu'en dehors de l'appartement. Enfin, c'est ce qu'il espérait.
Il enfila alors sa veste en cuir et quitta l'appartement. Il appela l'ascenseur et attendit que les portes s'ouvrent, puis il entra calmement. Mais ce qu'il vit dans le miroir du fond de la cage d'ascenseur ne le fit pas rester calme très longtemps. Tom avec son crâne sanguinolent lui faisait signe de la main, juste devant les portes, un sourire aux dents pointues fiché sur le visage, la peau blême, le blanc des yeux parcourus de veinules rouge.
- By, by, Billou.
Les portes se refermèrent et Bill ferma très fort les yeux en essayant de ne pas penser à ce qu'il venait de voir. L'ascenseur se mit à descendre après un léger sursaut, et lorsque Bill ouvrit les yeux, il n'y avait plus de Tom. Il n'y avait même plus de miroir, ni rien, car la lumière était éteinte. Et là ce fût comme si la cage d'ascenseur tombait en chute libre. Le c½ur de Bill ne fit qu'un bond avant de rater plusieurs battements. Bill tenta de s'accrocher à quelque chose, mais il n'y avait rien à quoi s'agripper. Il se souvenait ce qu'un jour son frère - le véritable - lui avait dit: « Si les câbles de l'ascenseur lâchent, t'as intérêt à te plaquer ventre à terre. Sinon, à la réception, si tu restes debout, lors de l'impact ta colonne vertébrale descend d'un cran. Ça doit faire rudement mal, et à mon avis tu restes paralysé un bon bout de temps, si ce n'est pas à vie. Après, il faut voir si tu survis à la chute ou non... ». Tom ne perdait jamais une occasion de le faire paniquer.
Mais pour le moment il était en train de tomber et, survie ou pas lors du choc en bas, il fallait se mettre à plat ventre pour multiplier ses chances de rester en « bon état ». Mais lorsqu'il voulu le faire, l'ascenseur cessa brutalement sa chute, la lumière se ralluma, et la descente continua à un rythme normal. Bill tenta de se calmer, et se demanda bien s'il était en train de rêver ou s'il perdait la raison. Quoi qu'il en était, le rire de Tom raisonna dans l'espace de la cage d'ascenseur, comme si c'était un fantôme qui flottait au-dessus de la tête de Bill.
- C'était marrant, hilarant, crevant non?
- Non, répondit Bill, se sentant définitivement fou.
Le fantôme ria encore, et son rire raisonna jusqu'à ce que Bill arrive au rez-de-chaussée et quitte l'ascenseur d'un pas pressé. Il se retrouva dehors, il pleuvait. Il n'avait pas prit de parapluie mais pour rien au monde il ne remonterait à l'appartement pour aller en chercher un. Tant pis, il serait trempé jusqu'au os, peut-être même qu'il allait tomber malade, mais il ne remonterait pas.
Il marcha jusqu'au parc. Ses cheveux trempés lui collaient au front et sur les joues et son maquillage commençait à couler de ses yeux. Son jean délavé lui collait à la peau et ses pieds étaient noyés dans ses baskets, mais il n'y prêtait pas vraiment attention. Il marchait, tête baissée, les mains dans les poches détrempées de son pantalon, jusqu'à arriver sous le feuillage épais et luxuriant d'un saule pleureur en bordure du lac. Il passa sous les branches qui retombaient tel un rideau autour du tronc et s'assit contre celui-ci. Ici, il était presque au sec et en plus personne ne pouvait le voir à moins de se pencher sous les feuillages, mais de toute façon, par un temps pareil, peu de gens se promenaient.
Bill ramena ses genoux contre sa poitrine et entoura ses jambes de ses bras pour conserver sa chaleur, car il ne faisait plus très chaud en cette fin du mois de septembre. Quelques grosses gouttes froides de pluie s'écrasaient sur le haut de son crâne ou sur ses épaules, le faisant presque sursauter à certains moments tant il était perdu dans ses pensées.
Devrait-il vraiment partir et faire sa vie seul, sans Tom? D'un côté, c'était une idée formidable. Il pourrait faire exactement tout ce qu'il voudrait, peut-être même qu'il trouverait quoi faire plus tard comme métier. Il aurait aussi sa propre vie privée, sans Tom pour s'en mêler et la rendre quasiment inexistante. Mais évidemment, il ne verrait plus jamais Tom, et si celui-ci le retrouvait par un quelconque hasard, Bill ne serait pas dans de beaux draps et le cauchemar recommencerait. Mais c'était toujours une idée de changer de ville et d'apparence. Cependant, avec quel argent payerait-il un nouvel appartement, et ses études s'il en trouvait qui lui plaisaient? Il pourrait vider le compte en banque qu'il partageait avec Tom et que ses parents alimentaient chaque mois, mais se serait mettre son jumeau à la rue et ruiner ses études. Mais, après tout, Tom pouvait toujours se débrouiller. Il pourrait retourner habiter chez leurs parents et prendre le train pour aller à la faculté... Là encore, c'était une idée.
Mais Bill n'était pas si sûr de vouloir quitter Tom. Certes il l'en avait menacé au téléphone, mais aussi curieux soit-il, il ne savait pas s'il allait mettre cette menace à exécution ou non. Il se sentait totalement stupide d'éprouver des sentiments aussi forts pour Tom, mais depuis qu'il était petit c'était ainsi. Et il pensait que jamais cela ne changerait. Il ne pouvait pas ne plus rien éprouver pour Tom du jour au lendemain. Pour lui, Tom c'était ses poumons, son c½ur... un organe vital et indispensable. Il pensait que la réciproque était vraie. Certes, elle l'avait été, mais il semblait qu'à présent, depuis cette journée en forêt, Tom avait brisé leur promesse. Leur plus grande promesse. Celle qu'ils s'étaient jurer d'appliquer et de respecter à vie. Cette promesse était née

lors d'un jour brumeux et pluvieux d'automne. Les jumeaux n'avaient même pas huit ans. Tom jouait à la Game Boy en noir et blanc et Bill s'amusait à habiller un Action Man avec une robe bleue de Barbie que leur cousine avait oublié à leur maison.
- Je vais bousiller ce méchant! S'écriait Tom qui s'acharnait sur son jeu de Mario.
- Attend, Action Man en robe de mariée va venir t'aider! Disait Bill.
Il prit la poupée, lui attacha des hydro propulseurs en plastique dans le dos et la fit voler jusqu'à la Game Boy de Tom. Avec ses grosses bottes d'aventurier sous sa robe longue, Action Man alla écrabouiller l'écran de la console de jeu.
- Paf! Paf! Paf! Cria Bill.
- Hé mais t'es débile ou quoi?! Je vais perdre! Cria Tom, en colère.
- Mais non je t'aide!
- Non, tu me fais perdre!!!
Tom arracha la poupée des mains de Bill et l'envoya à l'autre bout de la chambre. Bill resta agenouillé aux côtés de son frère, les mains sur ses cuisses et la tête baissée. Tom perdit son combat et balança la Game Boy sur le lit, tout rouge de colère.
- T'es vraiment débile parfois, dit-il.
- Mais c'était pour rire.
- Ben moi ça ne me fait pas rire du tout, du tout.
- Pardon Tomi.
Bill se recroquevilla, formant une petite boule, et pleura. Le visage crispé de Tom se détendit instantanément et il s'avança vers son jumeau. Il mit une main sur son épaule tremblante.
- Excuse-moi Billou.
Bill releva la tête et alla se caller dans les bras de son frère.
- C'est moi qui suis débile, dit Tom.
- Mais n-non, tu n'es pas dé-débile, sanglota Bill.
Tom serra son jumeau contre lui et colla son front au sien. Bill lui caressa les cheveux doucement.
- Dis Tomi...
- Hm?
- Plus tard, on serra toujours tous les deux, hein?
- Oui pourquoi?
- Je sais pas. J'aurais peur sans toi.
- Mais non, dit Tom en souriant. Les grands ils ont jamais peur.
- Moi j'aurais toujours peur si t'es pas avec moi. Pas toi?
- J'ai pas trop envie d'y penser. Mais certainement que oui...
- Alors on se promet de toujours rester ensemble! Dit Bill, enthousiaste, ne pleurant plus mais ayant encore quelques traînées brillantes de larmes sur les joues.
- D'accord! Je le promets.
- Moi aussi je le promets.
Ils se tapèrent dans la main histoire de concrétiser leur promesse.
- On restera toujours tous les deux, répéta Bill.
- Oui, toujours.
Toujours.
Pour toujours.
A jamais.
Même dans la mort...


Toujours. Mais l'éternité existe-elle réellement? Toute chose a une fin, pourtant. Bill se demandait si un jour Tom allait redevenir comme avant, si il recommencerait à l'aimer et à le lui montrer. Il se demandait également si un jour Tom lui expliquerait la raison à son comportement, et si il y comprendrait quelque chose.
Lorsque la pluie cessa Bill se rapprocha du bord du lac envahit de roseaux. Il se rappelait qu'il avait souvent été au lac, quand il était plus jeune, quand ils habitaient encore chez leurs parents. Après que Tom se soit complètement transformé, il y venait toutes les semaines. Et il se penchait au-dessus de l'eau, comme pour voir si dans la noirceur de la profondeur ne se cachaient pas les réponses à ses nombreuses questions, comme si l'eau allait refléter la vérité du monde qu'on ne voit pas forcément à l'½il nu.
Bill s'y pencha, s'y regarda, visage blême et maigre entouré de cheveux noirs, et par-dessus lui, le ciel gris sombre et menaçant, ainsi que quelques branches du saule pleureur. Mais pas de réponse à une éventuelle question. Rien. Simplement lui qui apparaissait comme flottant sur des nuages peu sympathiques, des traînées noires sous les yeux, l'air triste et perdu. Surtout perdu. Sans Tom, il ne savait même plus où il était.
Alors que Bill allait se relever et peut-être rentrer chez lui, Tom et son couteau planté dans la tête fit son apparition au-dessus de son épaule, fantôme flottant dans l'air.
- Hello Billou.
- Salut, dit Bill en se reculant légèrement.
- Dis-moi, tu ne voudrais pas faire un truc marrant, hilarant, crevant même?
- Comme quoi?...
- Ho je ne sais pas trop. Te jeter dans le lac par exemple, et qu'une créature noire avec des dizaines de tentacules t'attrape avant que tu ne puisses remonter, et qu'elle t'emmène dans les ténèbres du font... et que tu ne remontes plus jamais en surface! Ça te dirait?
- Bof.
- Bof, répéta le fantôme.
- Tu es quoi exactement?
- Ton pire cauchemar.
- Explique-moi un peu.
- Je suis Tom et je suis mort! Ha!
- Non, tu n'es pas Tom. Et Tom n'est pas mort.
- Peut-être juste pas encore mort. Ça te ferait quoi si Tom mourrait?
- Je ne veux pas y penser.
- Ho, Billou, allé, raconte-moi.
- Mais?!... Tu n'es que... le fruit de mon imagination! Je n'ai pas à te parler. Putain, je suis fou.
- Tu l'as dis Billy.
- Va t'en.
- Non. Tu n'as qu'à plonger dans le lac. C'est si noir que tu ne me verras même plus. Tu ne verras d'ailleurs plus rien, ha! Plus rien du tout! Ha, ha!
-Va-y tout seul.
- Ho mais tu ne vois pas? Ça brille très fort, là, au fond...
Et en effet, quelque chose brillait sous l'eau à moins de deux mètres de lui. On aurait dit une énorme pépite d'or.
- Allé Billou, hé, c'est la chance de ta vie. Avec de l'or, tu seras riche. Tu pourras faire n'importe quoi! Même partir loin de Tom...
- Je ne suis pas sûr d'en avoir tant envie que ça.
- Ho si que tu en as envie. Plus que tout.
- Non c'est faux!
- Toi! Toi tu es faux. Tom te déteste. Il t'insulte, te maltraite, te frappe. Il ne ressent pour toi que du mépris, tu es le tout dernier de ses soucis, et je ne suis pas vraiment sûr qu'il se soucie de toi, déjà. Il ne t'aime pas. Et il ne t'aimera jamais plus.
Bill ne répondit pas et se contenta de fermer les yeux.
- Alors va chercher la pépite. Ça vaut une fortune! Allé Billou.
Bill regardait l'or briller dans l'eau. Mais était-ce de l'or? Et pourquoi ne l'avait-il pas vu avant que le fantôme le lui fasse remarquer?
- Va-y Billou. Allé!
Bill se pencha un peu plus pour voir la pépite de plus près. Mais alors quelque chose remua brusquement dans les roseau et Bill sursauta. Ses mains sur lesquelles il était appuyé glissèrent sur la terre mouillé et il tomba dans le lac noir. Bill allait remonter à la surface, prit de panique, mais la pépite attira son attention. Il n'avait qu'à faire deux ou trois mouvements de brasse pour l'atteindre. Alors pourquoi ne pas aller la chercher? Ça rendrait certainement les choses plus simples, en fin de compte.
Bill nagea donc vers la pépite, aussi grosse qu'une tête. Plus il se rapprochait, plus elle brillait. Il tendit le bras pour la saisir, mais alors que le bout de ses doigts l'effleurèrent, la pépite se transforma. De doré, elle devînt pâle. De minérale, elle devînt organique. Ce n'était plus du tout une pépite, mais la tête de Tom, le crâne coupé en deux par une hache encore planté, laissant apercevoir la masse grise et gélatineuse de son cerveau.
- C'est marrant, hilarant, crevant non? Dit la tête.
Puis elle éclata d'un rire lugubre, terrifiant. Les yeux exorbités, Bill se tortilla dans tous les sens pour regagner la surface. Et si la bête noire aux tentacules arrivait? Après tout, si une pépite d'or pouvait se changer en un crâne défoncé, pourquoi une créature des grands fonds n'existerait-elle pas?
Bill regagna la surface du lac et s'agrippa aux roseaux qui poussaient sur la berge. Il tenta de remonter, mais les roseaux s'arrachaient et il n'avait aucune prise. Le bord de terre glissait et il n'arrivait pas à remonter. La panique le gagna tout entier. Il se décala un peu et trouva un rocher. Il l'agrippa et se tira hors de l'eau, puis il s'éloigna le plus vite possible du lac. Les quelques rares promeneurs le regardait avec des yeux étonnés.
Bill courut il ne savait même pas où, mais le plus loin du lac qu'il le pouvait. Tout ce qui venait de se produire sortait de son imagination, certes, mais il y avait de quoi s'affoler.
- Je deviens fou, dit-il à voix haute, essoufflé.
Et il continua à courir jusqu'à l'épuisement.


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Voilà! J'ai eu du mal à écrire ce chapitre, parce que je travaille cette semaine, sauf ce matin et j'ai pu écrire un peu.

Chapitre bizarre, non? Fait exprès.
Pourquoi Bill serait-il fou? L'est-il réellement?
C'est quoi ce fantôme?

60 com's.


Edit: Avec une amie nous avons créé un blog de One Shots sur Tokio Hotel, allez donc y jeter un coup d'oeil! Clik!

# Posté le mercredi 16 juillet 2008 14:08

Modifié le jeudi 17 juillet 2008 13:28

Partie 2, VIII

Partie 2, VIII
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VIII
La pluie torrentielle n'était plus qu'un crachin et il semblait qu'une nappe de brouillard s'installât. Bill ne voulait pas rentrer chez lui. Il s'y refusait totalement, il ne voulait d'ailleurs même pas y penser. Cependant, il était trempé comme une soupe et gelé jusqu'aux os. Son maquillage noir avait complètement coulé sur ses joues toutes rouges, à la manière d'une coulée de lave visqueuse. Ses vêtements lui collait à la peau désagréablement et son tee-shirt blanc était presque transparent, moulant et laissant entrevoir son ventre maigre. Il avait bien essayer de refermer sa veste, mais avec l'hystérie qui l'avait poursuivit depuis sa sortie des eaux noires du lac il avait cassé la fermeture éclaire.
Bill erra comme s'il était perdu dans les périphéries de la ville. Il ne voulait pas aller dans le centre et risquer qu'on le voit dans un état pareil. Lui qui était si perfectionniste lorsqu'il s'agissait de son look ne pouvait tout simplement pas envisager de faire une virée en ville dans cet état là.
Le brouillard eut vite fait d'engloutir toute la ville, la plongeant dans une sorte d'univers mystérieux et inquiétant. Bill ne voyait rien à plus de cinq mètres de lui et marchait lentement. Les rares voitures qui passaient par là roulaient au pas en transperçant lentement la brume. Bill les entendait, mais il ne les voyait pas toujours. Tout ce qu'il pouvait voir d'elles, c'étaient leur phares allumés, presque rendus invisibles par le brouillard. Les arbres et les maisons qui bordaient la route n'étaient que des ombres immenses et effrayantes et l'imagination de Bill lui fit rapidement voir des monstres à la gueule pleine de dents acérées. Le garçon accéléra le pas, sentant son c½ur s'emballer et craignant de voir dans le brouillard un fantôme au crâne fendu. Le problème, c'est qu'il ne savait plus très bien où il était. Il tenta de garder la tête froide en essayant de retrouver son chemin. En plus, la nuit tombait, et la ville semblait être réduite à une sorte de masse grisâtre qui s'assombrissait au fur et à mesure que le jour laissait place à la nuit.
Les lampadaires s'allumèrent, ne rendant pas pour autant la vue meilleure dans le brouillard. A vrai dire cela ne faisait que tracer des cercles de faible intensité lumineuse sur le trottoir gris. Bill avançait toujours, congelé comme un glaçon, les lèvres bleues. Tout son petit corps tremblotait de plus en plus, alors que le crépuscule se terminait. Les températures baissaient de plus en plus. On n'était pas en hivers, certes, mais le brouillard semblait être un réfrigérateur géant. Bill ne sentait plus son nez, ses doigts et ses orteils. L'humidité qui régnait dans la brume ne l'aidait pas à sécher, et il était toujours trempé. La toux gagnait sa gorge et le rhume envahissait ses bronches et son nez. Une jolie bronchite en perspective.
Les pieds douloureux dans ses chaussures, Bill décida de s'assoir contre une clôture, bien que la peur l'envahissait tout entier. Une crise d'éternuements le prit et son nez coulait. Il renifla bruyamment, n'ayant aucun mouchoir en poche. Il toussa dans ses mains, puis ramena ses genoux contre la poitrine, baissant la tête entre les deux. De violents frissons convulsionnaient son corps alors qu'il soufflait dans ses mains pour les réchauffer, sans trop de succès. Il se souvînt soudain des bêtises que Tom lui racontait avant que le rouge ne l'obsède. Il lui avait conté une histoire sur les canadiens sur leurs motoneiges, un après midi d'hivers, gris et enneigé. C'était peut-être un jour de Décembre ou de début Janvier, Bill ne se souvenait plus très bien. Il se souvenait surtout de l'idée faramineuse de Tom qui était d'aller faire de la luge dans les champs en pentes près de chez eux, dans leur petit village natal. Bill sentait encore le

froid qui lui mordait les jours, les mains et les pieds à travers ses moufles et ses bottes fourrées. Mais qu'importe, il s'en fichait encore pas mal alors qu'il dévalait à toute allure la pente sur sa luge en plastic. Tom glissait à côté de lui, la bouche grande ouverte d'où sortait un rire joyeux et plein de vie. Il fallait être celui qui glisse le plus loin pour gagner. Evidemment, Tom glissait toujours le plus vite et le plus loin, et Bill tombait dans 99% des cas alors que la pente était à peine entamée et roulait dans la neige comme une boule. Tom se bidonnait parfois tellement qu'il tombait aussi. Mais il glissait toujours plus loin.
Ce jour là, Tom avait décidé de mettre un peu plus de vitesse lors de leurs glissades. Il fallait prendre de l'élan en courant le plus vite possible et se jeter sur sa luge comme un rugbyman qui plonge.
- T'es près Billou? Demanda Tom.
- Ouais!!!
- Alors... 1... 2... 3... Partez!
Et ils détalèrent dans la neige. Bien sûr Tom courait plus vite. Il sauta en premier sur sa luge et glissa si vite que Bill ne décrocha pas les yeux de lui et butta contre sa propre luge. Il tomba maladroitement dessus et se mit à glisser à une vitesse trop folle pour lui... si bien que comme d'habitude il tomba, mais la chute fût un peu plus violente. Il roula comme une boule et de la neige rentra dans ses vêtements chauds. Il ouvrit la bouche pour crier tant c'était froid mais il ne fit qu'avaler de la neige. En bas, Tom hurlait de rire, se tenant le ventre assit par terre tant la scène était hilarante.
Bill arrêta de rouler et se retrouva sur les fesses à quelques mètres de son jumeau qui s'était couché à terre, complètement mort de rire.
- C'est pas drôle, ronchonna Bill, au bord des larmes.
Tom voulu parler mais un nouvel éclat de rire le prit de cours. Bill fondit en larmes sans faire un seul petit bruit, le bonnet en laine plein de neige lui retombait sur les sourcils et une moue trop adorable se dessina sur ses lèvres roses. Tom se calma lentement et marcha à quatre pattes vers son frère qui fixait le vide droit devant lui.
- Hé, Billou, pleure pas, murmura Tom d'une voix douce.
Le Billou en question tremblait comme une feuille à cause de la neige qui était rentrée dans ses vêtements et fondait en coulant sur sa peau. Tom s'installa à côté de lui et l'étreignit à travers son épais manteau.
- Tu ne t'es pas fait mal ? Demanda-t-il.
- Un petit peu. Mais j'ai froid surtout. Il y a plein de neige dans mes vêtements...
Bill reposa la tête contre l'épaule de Tom et celui-ci l'embrassa sur l'oreille qui dépassait du bonnet. Bill tremblait comme une feuille et sanglotait doucement. Son jumeau lui frotta le dos pour tenter de le réchauffer.
- Tu veux rentrer à la maison ? Proposa-t-il.
Bill fit non de la tête avec un air boudeur sur le visage.
- Tu auras chaud à la maison.
Bill ne répondit rien et entoura de ses bras le corps de son frère.
- Qu'est-ce que tu veux alors? S'impatienta celui-ci.
Bill haussa faiblement les épaules et resserra son étreinte. Il boudait, et Tom savait qu'il n'y avait rien à faire tant que Bill n'aurait pas décidé lui-même d'arrêter de faire la tête. Et si Tom avait le malheur de le laisser tout seul dans son coin pour bouder, Bill se mettrait à hurler pour qu'il revienne au plus vite.
- Tu sais quoi ? Dit Tom.
Bill ne broncha pas, mais Tom savait qu'il l'écoutait.
- Une fois, au Canada, un groupe de Canadiens étaient en pleine excursion scientifique sur leurs motoneiges. Ils allaient observer les phoques. Tout allait bien, jusqu'à ce qu'une tempête de neige arrive. Ils ne voyaient plus rien et ils étaient presque morts de froid! Ils ne pouvaient pas monter leurs tentes parce qu'il y avait trop de vent. Alors tu sais ce qu'ils ont fait pour se réchauffer un peu ?
- Quoi ? Fit Bill d'une petite voix.
- Ils se sont tous fait pipi dessus, comme les bébés !
Bill rit faiblement. En fait, il se retenait de rire aux éclats. Ce n'étaient pas drôle de laisser Tom gagner aussi facilement... Bill était bien dans ses bras et voulait y rester encore un peu.
- Mais après, continua Tom, quand ils sont arriver là où les phoques étaient, ils sentaient tellement pas bon que tous les phoques ont plongé à l'eau !
Bill se retint une nouvelle fois de rire la bouche grande ouverte.
- Ils avaient l'air un peu cons. Ils s'étaient pissé dessus et en plus ils n'avaient même pas pu observer les phoques.
Bill releva la tête, souriant, et dit:
- Mais moi je veux pas me faire pipi dessus. Sinon tu vas plus vouloir me faire de câlin !
Ils explosèrent de rire tous les deux, puis rentrèrent à la maison en trottinant joyeusement.


Ce soir là, Bill ne se ferait pas pipi dessus non plus. Il avait beau congeler sur le trottoir, il se refusait d'y remédier de cette façon. Il resta là un moment, se demandant quelle direction prendre.
- Prend celle de la mort, Billou. Les morts, eux, n'ont jamais froids... Non, jamais. Et tu sais pourquoi? Ils sont naturellement froids...
Bill ferma très fort les yeux. Le fantôme était là, quelque part autour de lui, se délectant de le voir trembler et d'avoir peur. Il riait comme un clown maléfique se nourrissant de la frayeur du garçon. Il continua à rire plusieurs secondes avant que son rire ne disparaisse dans quelques échos.
Bill releva prudemment la tête. Il n'y avait plus rien d'autre que la rue, les maisons, les arbres et les réverbères. Et la brume. Mais ce qu'il y avait surtout, juste devant lui, c'était la porte de la maison où habitait Lucas. Y était-elle avant que le fantôme n'apparaisse? Bill n'en était pas si sûr... Il l'aurait vu. Ou bien il était si fatigué qu'il n'y avait pas autant fait attention que ça. C'était possible aussi...
Bill se releva lentement. Il se surprit à hésiter pour aller sonner à la porte de la maison de Lucas. Sans savoir réellement pourquoi, il n'osait pas, comme s'il savait d'avance qu'il se passerait quelque chose qu'il allait regretter. Qu'il regretterait à cause de Tom. Mais pourquoi? Pourquoi avait-il ce sentiment là? Il n'en avait aucune idée.
Finalement, il traversa la rue et se retrouva devant la porte de chez Lucas. Il leva lentement la main, au ralenti, comme s'il hésitait encore à sonner. Il le fit finalement et sursauta en entendant la sonnerie criarde. Il attendit qu'on lui ouvre, tremblant de froid. Ce temps passé à attendre lui parut infiniment long, et il s'apprêta à repartir lorsqu'il entendit soudain des pas dans la maison, quelques aboiements, puis la porte s'ouvrit. Dim le petit golden retriever lui sauta dessus la langue pendante, et Lucas arriva à sa suite. Bill sourit comme un soleil.
- Bonsoir, dit-il en grattant le menton du chiot.
- Salut Bill. Qu'est-ce qui t'amène?
- Rien je... j'avais juste envie de te voir, et comme j'ai cassé mon portable... mais si je dérange je peux repartir...
- Mais tu ne me déranges pas! Le coupa Lucas avec un sourire. Entre.
Bill rentra, le chien jouant dans ses jambes si bien qu'il faillit tomber, mais le blond le rattrapa dans ses bras. Il lui fit la bise, et leurs visages restèrent très près l'un de l'autre, si près que leurs nez se touchaient presque. Lucas referma la porte d'entrée derrière lui en la claquant avec le pied.
- Comment as-tu cassé ton portable ? Demanda-t-il.
- Je... j'ai...
Il l'avait balancé contre le mur, fou de rage, après un coup de fil de Tom.
- J'étais accoudé à la fenêtre et sans faire exprès je l'ai fait tomber... Cinq étages ça pardonne pas.
- Non c'est vrai. Tu n'as pas du tout réussi à le refaire marcher ?
- Non. Il est foutu je pense...
- Hum.
Pendant une fraction de seconde leurs deux regards se pénétrèrent. Un frisson glacé mais agréable parcouru l'échine de Bill.
- Et tu fais tout ce chemin sous la pluie pour me voir ? S'étonna Lucas.
- Ben oui.
- En courant le risque que je ne sois même pas là ?
- Oui.
D'un côté, c'était faux, parce qu'il était juste sortit de l'appartement en pensant fuir le fantôme. Mais d'un autre côté, ses jambes l'avaient conduit jusqu'ici alors qu'il était perdu dans le brouillard.
Lucas sourit et approcha timidement ses lèvres de celles de Bill.
- Tu es trempé et gelé, murmura-t-il.
Son haleine sentait le bonbon aux fruits. Bill sentit les bras du blond se resserrer autour de lui, au niveau de sa taille. Ses lèvres se déposèrent délicatement au coin des siennes et y restèrent un petit moment. Bill ferma les yeux et se sentit planer au-dessus du monde en oubliant tous les problèmes qu'il avait.
Lucas s'éloigna ensuite, en restant cependant tout près de son visage. Bill rouvrit les yeux tout doucement et les plongea dans ceux de Lucas.
- Depuis la première fois que je t'ai vu j'avais envie de faire ça, avoua le blond.
Bill sourit et l'embrassa plus franchement sur les lèvres, tout en restant doux et presque timide. Les mains de Lucas caressèrent ses hanches et Bill se mit à se tortiller doucement car ça le chatouillait, ce qui fit beaucoup rire Lucas qui continua à le chatouiller davantage. Bill éclata de rire en se contorsionnant comme un asticot. Il n'avait plus froid du tout, ou du moins il n'y pensait plus.
Lucas n'en fit pas plus et lui proposa un chocolat chaud, que Bill accepta sans hésiter. Bill s'étonna de la grandeur de la maison et, surtout, que Lucas y vivait seul apparemment.
- Tu vis tout seul dans cette grande maison? Demanda Bill.
- Oui, répondit Lucas. Je sais, c'est assez étonnant. C'est la maison de ma grand-mère et à son décès, elle m'a tout légué, ainsi que la maison.
Pourquoi ne pas avoir tout léguer à la mère de Lucas, plutôt ?
- Le loyer doit coûter cher, remarqua Bill.
- En fait, non, pas tant que ça. Je ne paye pas l'électricité car ma grand-mère était retraitée de la compagnie d'électricité. Et avec l'argent qu'elle m'a légué, pour l'instant je n'ai pas besoin de travailler en plus de mes cours à la fac.
- C'est plutôt chouette.
- Plutôt, oui.
Bill but la moitié de sa tasse de chocolat chaud d'une traite.
- Tu veux que je te prête des vêtements ? Proposa Lucas. Tu vas être malade à rester comme ça.
- Je veux bien, répondit Bill.
Ils allèrent dans la chambre de Lucas et ce dernier lui passa un jean et un tee-shirt propres et secs. Il laissa Bill se changer tranquillement dans sa chambre.
Bill retira son pantalon tout collant et enfila le jean de Lucas. Il était deux fois trop grand et Bill se maudit de ne pas avoir mit de ceinture ce jour ci. Il ne pouvait tout simplement pas marcher sans que le pantalon se retrouve à hauteur de ses genoux au bout de trois pas.
- Lucas ? Appela-t-il en tenant fermement le haut du jean.
Lucas rentra et sourit en voyant le désastre.
- C'est embêtant, dit-il. Je vais te passer une ceinture.
Il cherche ce qu'il voulait dans une armoire et le donna à Bill. Celui-ci commença à passer la ceinture dans les sangles mais le pantalon descendit de nouveau. Bill s'empressa de le remonter et rougit comme une pivoine en voyant que Lucas avait regardé. Il fit comme si de rien n'était et mit la ceinture.
- C'est mieux comme ça ? Demanda Lucas.
- Beaucoup mieux, répondit Bill avec un sourire gêné. Merci.
Lucas s'approcha et prit son visage entre ses mains. Il l'embrassa chastement avant de lui dire :
- T'es tout rouge.
- En même temps... j'aime pas trop qu'on me voit sans pantalon.
- Tu n'as pas à être gêné. C'est pas comme si tu étais mal fichu...
Lucas sourit et Bill rougit encore plus, ne sachant que dire. Pour occuper le silence, il embrassa le blond à son tour.


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Désolée pour le retard, mais j'étais occupée toute la semaine dernière. Cette semaine j'aurai un peu plus le temps d'écrire ^^.

Que pensez- vous de ce chapitre?
Le fantôme?
Bill?
Lucas?
La relation entre les deux garçons?
Commen réagirait Tom à votre avis?

65 com's.

# Posté le lundi 28 juillet 2008 06:05

Partie 2, IX

Partie 2, IX
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IX
Pour sûr, Bill aurait voulu plus que tout rester chez Lucas jusqu'au retour de Tom. S'il avait eut le choix, du moins, il serait resté. Malheureusement, la décision ne lui appartenait plus. Quelque chose l'avait fait fuir de la maison de Lucas.
Bill n'avait pas pu rester plus de deux jours. Ça avait été deux jours fabuleux que Bill n'oublierait pas de si tôt. Mais c'était surtout la fin de son séjour chez Lucas qu'il ne pourrait oublier.
Tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes pour Bill. Tom n'était pas là, et bien qu'il lui manquât plus d'une fois, il était bien content de pouvoir faire ce qu'il avait décidé lui-même. De plus, c'était le week end alors Lucas n'allait pas à la fac. Les deux garçons avaient donc tout le temps qu'ils voulaient pour laisser leur nouvelle relation s'épanouir.
Deux jours fantastiques. Jusqu'au dimanche soir.
Le fantôme n'avait pas fait une seule apparition pendant le week end et Bill n'y pensait même plus. Mais ce soir là, le fantôme n'était pas venu seul.
C'était une soirée on ne peut plus banale devant le film Pearl Harbor à la télévision. Tous les deux étaient en pyjama et Bill était confortablement lové contre Lucas qui l'avait entouré de ses bras et tous les deux avaient le regard rivé sur le poste de télévision. C'était la scène d'amour dans les parachutes et Bill rougissait à l'idée de faire le même genre de chose avec Lucas. Il imaginait avec un certain délice son corps dans la tenue d'Adam contre celui tout aussi nu du blond, dans cette sorte de transe amoureuse qu'on peine à essayer d'imaginer si on ne l'a pas vécu au moins une fois. Bill planait à cent kilomètres de ses chaussures et ne regardait même plus le film.
- Ça va Bill ? Demanda Lucas.
Bill sursauta presque, à la fois parce que Lucas le sortait de sa rêverie érotique, mais surtout parce que la voix... n'était pas celle du blond. Ce n'était pas sa voix douce et mielleuse de d'habitude. Cette voix-la ne ressemblait aucunement à celle que Bill connaissait de Lucas. C'était une voix aigue, criarde et moqueuse, comme celle qui se pencherait sur vous alors que vous êtes piégé dans une crevasse sombre sans aucune prise pour remonter en surface, et que la mer monterait rapidement pour inonder le trou et vous noyer. Une voix qui dirait : « Ça va Bill ? Ho, tu es tombé ! Et alors, tu n'peux pas remonter ? Hum ? Tu es coincé ? Veux-tu que je t'aide ? ». Et une main descendrait vers vous, vous la saisiriez avec un espoir de vous en sortir, mais le poignet se déchirerait et vous retomberiez au fond du trou. Et la voix ricanerait alors une vague monstrueuse inonderait le trou, votre futur sarcophage.
Mais malgré le fait que Bill savait que cette voix n'était pas celle de Lucas, il tourna quand même la tête vers lui. Derrière Lucas, il y avait le fantôme. Bill l'aperçu mais son regard resta figé sur le blond. Celui-ci avait les orbites vides, horriblement noires et un filet de sang coulait sur ses joues autrefois douces et parsemées de quelques tâches de rousseurs. A présent ce n'était plus que deux creux tellement desséchés que des fissures s'y dessinaient. Ses lèvres avaient disparu, ce qui laissait voir des gencives noires et des dents cassées et pourries. Son nez n'était plus que deux trous d'où s'échappait une odeur pestilentielle de pourriture, et ses cheveux dorés étaient réduis à une masse de filaments blancs lui tombant jusqu'aux épaules.
Bill eut instinctivement un geste de recul et se retînt d'hurler de peur. La chose, qui autrefois se faisait appeler Lucas, tendit une main grise, maigre et avec des ongles pointus vers lui. Il sembla à Bill qu'elle souriait, mais comment une créature sans lèvres pouvait-elle bien sourire ?
La chose attrapa sa chemise de pyjama, et cette fois Bill voulu hurler, mais ses poumons étaient si oppressés qu'un simple gazouillis s'échappa de sa bouche. Les ongles pointus de la créature s'enfoncèrent dans sa peau et son pyjama se parsema de petites tâches écarlates. Bill tenta de se dégager mais la chose le tenait trop fermement par sa propre peau. Le fantôme de Tom, qui avait cette fois-ci une scie dans le crâne, riait aux éclats à côté, la bouche grande ouverte en avalant le sang qui coulait de sa tête. Bill n'arrivait même plus à respirer devant tant de choses irrationnelles. Il lui semblait que le monde entier avait complètement basculé dans la folie pure, et la seule idée qui lui vînt à l'esprit fût de décamper sans se retourner. Avec plusieurs coups de pieds il fit lâcher prise à la chose en décomposition. Il avait l'impression d'ailleurs que celle-ci se décomposait à vue d'½il.
Il tomba du canapé, se releva et fonça vers la porte d'entrée de la maison, avec l'unique idée de prendre la poudre d'escampette. Il l'atteignit et agrippa la poignée comme si ça lui était vitale, comme s'il savait que s'il n'ouvrait pas la porte s'en était terminé de lui. Il l'ouvrit brutalement et la porte alla claquer sur le mur dans un bruit sinistre, presque comme un craquement. Bill allait se jeter dehors comme on se jette dans l'eau pour éviter des balles de nous toucher, mais Tom était là. Pas le véritable Tom. Le fantôme.
- Hello Bill ! Comment vas-tu ? Tu as l'air un peu trop pressé.
La scie était un peu plus enfoncée dans son crâne qu'il y avait quelques minutes et son visage et ses vêtements étaient écarlates. La masse grise et gélatineuse de son cerveau brillait au soleil.
- Tu ne veux pas d'abord t'amuser un peu avant de partir ?
Bill fit rapidement non de la tête. Un courant d'air sur ses joues brûlantes lui fit prendre conscience qu'il pleurait.
- Juste un tout petit jeu... amusant, hilarant, crevant !
Bill se retourna et voulu rentrer dans la maison pour chercher une autre issue, mais l'espèce de zombie en décomposition était en fait juste derrière lui. Et il souriait, semblait-il.
- Tu es un garçon beaucoup trop sage, Bill.
Bill s'adossa au mur, la tête tournant un coup vers le fantôme, un coup vers le mort. Un poids invisible appuyait sur sa poitrine et l'empêchait de respirer correctement.
- Tu ne veux pas jouer un peu ? Juste un petit jeu ? Un petit jeu sale ?
Bill laissa échapper un long sanglot d'angoisse. Il semblait que le fantôme était aussi déjanté que l'original.
- Ho, ça reste un petit jeu sympa. Tu ne veux pas te déshabiller ? Ce serait plus simple pour faire des trous dans ton ventre... de tout petits trous ceci dit.
La chose derrière lui le prit par le bras et enfonça à nouveau ses ongles dans sa peau. Bill lui donna un violent coup de coude et la créature émit un ronflement étrange, inhumain. Bill bondit au dehors, transperçant le fantôme, ce qui lui procura une sensation horriblement douloureuse de froid intense. Il ne la ressentit que pendant une fraction de secondes, et l'oublia rapidement. Il détala dans la rue, complètement heurté par ce qu'il venait de voir, la vision des deux apparitions morbides en tête. Il fonça dans la nuit, ne se retournant pas, dans son pyjama ensanglanté, les yeux exorbités par l'horreur. Il avait l'air d'un fou échappé d'un asile.
Il courut jusque chez lui sans s'arrêter comme s'il avait le Diable aux trousses, traversant la nuit, la transperçant de son corps brûlant et froid, à travers les ombres monstrueuses de l'atmosphère sombre de la nuit.
La porte de l'immeuble était ouverte pour il ne savait quelle raison. Il rentra à toute allure, mais il se claqua violemment contre la porte de l'ascenseur, ne sachant plus ralentir sa course tant l'affolement le submergeait, et fût projeté à terre.
- Ça fait mal Bill ?
Le fantôme l'avait suivi jusqu'ici. Comment ? Pourquoi ? Bill n'avait pas de réponse. Mais la peur monta encore d'un cran.
- Les petits trous font moins mal, j'en suis persuadé.
Bill essuya la sueur qui coulait sur son front et tenta d'ignorer le fantôme au crâne de plus en plus déchiqueté. Il se releva, tremblant et fatigué de sa course, et appuya sur le bouton de l'ascenseur, qui se mit à clignoter dans la pénombre.
Le fantôme s'approcha de lui, flottant, irréelle et monstrueux. Bill était scotché contre la porte de l'ascenseur et ne bougeait plus, évitant soigneusement de regarder le fantôme.
- Mais bon, tu n'as pas voulu que je fasse des petits trous dans son joli ventre et tu es parti comme une furie. Tu sais que Tom n'aime pas ça. Quand tu fais une connerie, tu assumes Bill. Tom te l'a répéter des centaines de fois.
- De quoi tu parles ? Demanda Bill.
- De ton cher ami Lucas. Tom t'a pourtant dit et répété de ne pas aller roucouler avec le premier venu.
- Je fais ce que je veux.
- Tom ne sera pas content.
- Il n'en saura rien.
- Ho que si. Il saura tout, et en détail. Tout ce qui se rapporte au blondinet, il le saura. Même pour ce que tu as fais sous la douche en pensant un peu trop fort à lui.
- J'ai encore le droit de faire ce que je veux sous ma douche.
- Fais ce que tu veux, tu en seras d'autant plus malheureux.
- Fiche-moi la paix.
- Ne revois plus Lucas.
Lucas ? Mais qu'était-il devenu ? Un mort en putréfaction. Bill n'arrêtait pas d'y penser, mais pourtant, il était incapable de pleurer.
- Tu l'as tué, comment je pourrais le revoir ?!
- Pas du tout. C'est toi qui l'a vu comme ça. Lucas va très bien.
- Tu veux dire que tu m'as fait voir Lucas comme un monstre, juste pour me faire revenir ici ?!
- Tu comprends vite.- Mais pourquoi ? Tom n'aurait rien su. Et j'étais si bien...
- Sauf que Tom ne veut pas que tu ailles bien.
- Tom ne veut jamais entendre parler de moi...
- Ha! Tu crois ? Et si je te disais qu'il était déjà en route pour l'aéroport de Londres, hum ?
- Impossible. Il a déjà écourté son séjour de trois semaines. Il ne va pas encore l'écourter de trois jours...
- Mais tu ne réponds plus au téléphone !
- Mais qu'est-ce que ça peut lui faire ?! Ça fait des années qu'il se fiche de moi...
- Et tu te demandes bien pourquoi...?
- Evidemment. Mais... pff. Cette discussion ne serre à rien.
La porte de l'ascenseur s'ouvrit et Bill faillit trébucher. Il rentra dans la cage et appuya sur le bouton de niveau cinq. Le fantôme le regardait de ses yeux globuleux et ensanglantés.
- Réfléchis Bill. Pourquoi Tom reviendrait si tôt ? Pour revoir la grisaille du pays peut-être ?
La porte se referma et l'ascenseur monta.


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Bon, y'a pas tous les com's mais tant pis. Je pars en vacances demain je ne pouvais pas vous laisser sans rien xD. Je reviens le 24.

Vous avez aimé le chapitre ?
Bill devient taré non ?
Et le fantôme ?
Comment Tom saurait-il tout ce que Bill a fait ?

70 com's.

# Posté le mardi 12 août 2008 11:44