Partie 1, V

Partie 1, V
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/!\ ATTENTION /!\
Ce chapitre présente une scène susceptible de choquer certains. Elle est mise en couleur sombre.

V
Bill était agenouillé sur la rive, contemplant son reflet brouillé dans les flots calmes du lac du parc. Entre les roseaux et les herbes folles, il pensait à ce qui c'était produit peu avant midi ce jour-ci. Tom lui avait demandé s'il voulait « faire l'amour ». Il lui avait demandé s'il avait envie. Peut-être que si Bill lui avait répondu simplement non, il n'aurait rien fait. Simplement, Tom était si imprévisible en présence de son jumeau et de rouge que Bill avait prit peur instantanément. Après tout, il aurait très bien pu répondre non, Tom en aurait fait ce qu'il voulait. Quand Bill lui avait demandé d'arrêter son petit jeu avec la ronce, dans les bois, Tom ne l'avait pas écouté et avait continué. Quand ce matin même il lui avait dit de ne pas le toucher de façon obscène, Tom en avait fait qu'à sa tête. Quand Tom était en transe, il était totalement incontrôlable.
Voilà qui changeait bien des choses. D'habitude, dans certaines situations, Bill seul savait calmer et raisonner son jumeau. Il avait toujours réussit à maîtriser les humeurs de Tom. Toujours. Jusqu'à cette fameuse après-midi dans la forêt où Tom s'était métamorphosé à la vue des fraises comme un loup-garou à la pleine lune. Dès lors, Bill avait l'impression que Tom ne se souciait plus de lui, ou du moins, pas de la même façon qu'avant. Cette nouvelle façon là ne lui plaisait pas du tout...
Certes, avant l'épisode de la forêt, Tom n'excluait pas certains gestes doux, quelques petites caresses ou baisers volés, lorsqu'ils étaient à deux dans la chambre. Et Bill appréciait grandement ces gestes agréables et attentionnés et y répondait de manière semblable. Mais jamais, au plus jamais, Tom n'avait été méchant, brutal et aussi égoïste.
Pourtant, Bill l'aimait. Il l'aimait plus que tout. Tom ne semblait pas le détester mais ses intentions envers lui étaient mal attentionnées, viles et totalement enclins à l'érotisme et à sa seule satisfaction. Ce n'était plus Tom...
Bill attrapa un caillou et le jeta d'un geste énervé dans le lac. Les vaguelettes anéantirent son reflet l'espace de quelques secondes, avant que celui-ci ne réapparaisse vaguement, ondulant comme un serpent, révélant un Bill avec les larmes aux yeux, le noir du maquillage dégoulinant sur ses joues rouges et quelques traces de rouge à lèvres qu'il avait grossièrement enlevé du dos de la main.
Oui, Tom avait changé et l'adolescence n'allait certainement pas l'aider à redevenir le Tom que Bill aimait par-dessus tout.
- Mais j'aime toujours Tom, murmura Bill pour lui-même. Je l'aimerai toujours, quoi qu'il arrive.
Et ses pleurs redoublèrent d'intensité, sachant que Tom, lui, ne l'aimerait plus jamais comme avant.

Bill ne rentra chez lui qu'au crépuscule. Sa mère lui sauta au cou en lui demandant où il était passé durant toute l'après-midi, et Bill répondit simplement qu'il était allé au parc.
- Pourquoi tu n'étais pas avec Tom? Lui demanda-t-elle.
Elle avait l'habitude de voir ses fils toujours ensemble, jamais chacun dans leur coin, comme ça c'était passé cette après-midi.
- On s'est disputé un peu, c'est tout... Mentit Bill.
Il se défit de l'étreinte de sa mère et monta à l'étage. La porte de la chambre était légèrement entrouverte, et un air de music en sortait: Angels de Robbie Williams.
Bill regarda discrètement à travers la mince ouverture, et vit Tom allongé sur son lit, les bras croisés et les mains derrière la tête, regardant le plafond en chantant maladroitement les paroles de la chanson anglaise.

Salvation lets their wings unfold
Le Salut fait déployer leurs ailes
So when I'm lying in my bed
Alors quand je suis couché dans mon lit
Thoughts running through my head
Les pensées fusent dans ma tête
And I feel that love is dead
Et quand j'ai le sentiment que l'amour est mort
I'm loving angels instead
J'aime les anges à la place

Certains auraient trouvé cette vision féérique, mais pour Bill, elle lui glaça les sangs. Comment Tom pouvait-il à la fois être doux comme en ce moment, sans son frère et sans rouge, et être aussi méchant lorsque Bill était là, habillé de la couleur des Enfers? C'était quelque chose d'inexplicable. C'était comme si Tom rêvait de l'amour comme de la chose la plus belle qu'il puisse exister, et que lorsqu'il se trouvait en face de lui, il avait tout simplement envie de le détruire.
La chanson se termina, et Bill rentra dans la chambre pour prendre un pyjama et aller se doucher. Mais Tom se leva, devenu aussi diabolique qu'il avait été angélique il y a quelques secondes. Bill s'empressa de prendre son pyjama et se précipita vers la porte de la chambre, mais Tom le retînt par le poignet.
- Lâche-moi! Se défendit Bill.
Mais évidemment, Tom ne l'écouta pas. Il colla son corps au sien et l'embrassa. Bill se débattit faiblement jusqu'à ce que la Sensation le prenne au ventre, et il rentra dans la danse. Mais pas pour très longtemps.
Tom le repoussa sur le lit et grimpa sur lui. Bill fût prit d'angoisse à la seconde même où Tom avait arrêté de l'embrasser. Il se débattit avec plus de force, mais Tom l'immobilisa rapidement en s'asseyant sur son bassin et en lui tenant les poignets.
- Qu'est-ce que tu vas me faire? Demanda Bill d'une voix éprise de sanglots.
- Je sais pas trop, répondit Tom, la réponse identique à celle de ce matin.
Tom se pencha légèrement sur lui, un sourire machiavélique sur les lèvres, et lui remonta son tee-shirt. Bill, les poignets libres, tentait de redescendre son vêtement mais Tom l'en dissuada en le giflant violemment. Bill laissa sa tête retomber sur le côté dans les replis que formait la couette, ne voulant plus voir l'affreux visage de ce Tom en transe, les mains de part et d'autre de sa tête. Ses yeux pleuraient.
Tom remonta le tee-shirt jusqu'à sa poitrine. Le ventre de Bill se soulevait et s'affaissait au rythme d'une peur sans nom. Tom posa doucement ses lèvres juste au dessus de son nombril, et se mit à lécher et à sucer sa peau blanche. Bill n'éprouvait pas de Sensation vis-à-vis de ce geste. Et son c½ur hurlait.
Il se mit à gémir et à fermer les yeux lorsqu'il sentit les dents de Tom entailler sa peau.
- Tomi arrête... arrête tu es fou... Sanglotait-il.
- Mais non, pas du tout. Je suis sûr que tu aimes ça.
- Non... Non je n'aime pas ça du tout...
Tom mordit un peu plus fort et Bill cria faiblement. Haletant, il rouvrit les yeux et vit une goutte de sang dévaler le côté de son ventre. Le rouge était là. Et Tom était définitivement fou.

Il lécha la blessure qu'il avait causée jusqu'à ce que le sang ne s'écoule plus. Il embrassa le nombril de Bill, puis redescendit son tee-shirt et se laissa glisser sur le côté, venant s'allonger tout contre le corps tremblant de son jumeau dont le visage trempé de larmes brillait aux dernières lueurs du jour.
Tom se serrait contre lui, respirant bruyamment, fermant les yeux et humant l'odeur de la peur qui émanait de son frère. Un sourire horrible se dessina sur ses lèvres.
- Tomi, pourquoi?... Pourquoi tu as fais ça?... Demanda Bill, perdu dans ses sanglots.
- Parce que je peux pas te faire l'amour.
- Mais... Mais ça... ça n'a rien à voir... Tu m'as fais mal Tomi... L'amour ça... ça fait pas mal...
- Si, si ça fait très mal.
- Tu es en train de me dire que... que tu m'as... fait mal avec... avec amour.
- Oui.
- Je... Je ne comprends rien...
- Tu n'as pas à comprendre.
- Si... Explique-moi.
- Qu'est-ce que tu veux que je t'explique?...
- Pourquoi tu... tu me fais tout ça.
- Je viens de te le dire.
- Mais...
- Chut.
Tom se resserra contre lui. Une nouvelle crise de larmes envahit Bill. Elle ne cessa que lorsque la nuit eut engloutit le monde dans sa gueule noire aux dents scintillantes. Il n'avait pas bougé, Tom non plus, toujours lové contre lui. Il semblait être sur le point de s'endormir.
- Tu sais Tomi...
- Hm?
- Je t'aime.
Tom ne répondit rien. Il ne répondrait jamais rien. Même plusieurs années après cet instant, les paroles de Bill seraient emportées par le vent et Tom ferait semblant de ne pas l'entendre murmurer.
- Et toi Tomi? Tu m'aimes? Dis? Tu m'aimes?
Une chouette hulula dehors. Les petits soupirent que poussait Tom signifiaient qu'il dormait. Bill se tourna face à lui et le contempla. Il avait l'air d'un ange, dormant ainsi, mais il en avait juste l'air. Malheureusement.
Bill se blottit contre lui et ferma les yeux. Il tenta de s'endormir, en vain. Même plusieurs années plus tard, il aurait des difficultés à s'endormir auprès de Tom, la personne qu'il aime et, sans encore le savoir, qu'il déteste. Amour et haine font souvent mouvements de confusion...

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Voilà, c'était le dernier chapitre de cette première partie. La seconde partie sera plus longue!

Vous aimez toujours?

25 com's pour la suite.

# Posté le jeudi 26 juin 2008 05:32

Partie 2, I

Partie 2, I
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Partie 2
Amour, Haine et Rouge


I
Les feux de signalisation passèrent au rouge, et Bill fût contraint d'arrêter la Fiat 500 s'il ne voulait pas rendre son permis de conduire. Tom s'allumait une cigarette sur le siège d'à côté, et contemplait avec un air grave les essuies glaces qui balayaient le pare-brise.
- File-moi une clope, lui demanda Bill.
- Non tu conduis pour l'instant. J't'en filerai une à l'aéroport.
Bill soupira nerveusement et se mit à tapoter le centre du volant avec le bout des ongles, créant un air de musique agaçant et criard.
- Arrête ça, lui ordonna Tom sur un ton colérique. Tu sais que je ne supporte pas ce bruit.
- Tu ne supportes rien de toute façon. Même moi t'as du mal à me supporter.
- Ca t'étonne?
- Pas le moins du monde.
Les feux repassèrent au vert et Bill accéléra brutalement. Il conduisait toujours au dessus de la limitation de vitesse, mais Tom ne disait jamais rien. Si son frère perdait son permis, c'était son problème, pas le sien.
L'habitacle de la voiture commença à s'enfumer à cause de la cigarette de Tom.
- Ouvre ta fenêtre, demanda Bill. C'est insupportable cette fumée.
- T'es chiant tu sais.
- Je sais. Mais tu ne vas plus me voir pendant un mois. T'es content non?
- Ouais. Ça me fera des vacances.
Bill soupira encore une fois. Non, Tom était loin d'être un cadeau.
- Je vais te manquer? Demanda Bill.
- Je ne crois pas.
- Même pas un tout petit peu?
- Peut-être. Mais alors un tout petit peu.
- C'est déjà mieux que pas du tout.
Le silence s'installa dans la voiture, et pendant un moment on entendit plus que le ronronnement du moteur et les grincements des essuies glace.
- Tu ne veux pas savoir si toi tu vas me manquer? Demanda soudainement Bill dont la propre voix fit presque sursauter après le long silence.
- J'm'en fou.
- Tu vas beaucoup me manquer, dit tout de même Bill.
- Je t'ai dis que je m'en fou.
- D'accord, d'accord...
Bill engagea la Fiat sur l'autoroute en direction de l'aéroport de Berlin. Tom alluma la radio, trouva une station musical et tous les deux se turent jusqu'à l'arrivée à l'aéroport.
A peine vingt minutes plus tard, Bill aidait Tom à traîner ses deux valises vers les guichets d'enregistrement.
- Tu sais, je suis assez fort pour porter deux valises, dit Tom.
- J'ai le droit de t'aider non?
- Tu vas te péter un ongle.
- Mais non...
Ils prirent leur place dans la queue devant les guichets et posèrent les valises par terre.
- Tu ne me laisseras pas sans nouvelles, d'accord?
- Je t'appellerai si j'ai envie de t'entendre piailler. Sinon, non.
Bill soupira et baissa les yeux, regrettant le temps où Tom aurait répondu: « Bien sûr que non je ne te laisserai pas sans nouvelles! Je t'appellerai tous les jours! Même deux fois par jour! ». Malheureusement ce temps était révolu depuis bien longtemps. Quand est-ce que Tom lui avait sourit pour la dernière fois? Bill retenait la date sans problème: le jour de leur dix-neuvième anniversaire. Tom avait sourit pour la simple et bonne raison que Bill lui avait laissé libre court à ses expériences le mettant en scène avec du rouge. Ça remontait à presque deux semaines, et Bill ne voyait toujours pas ses cicatrices partir.
- Tu ne boiras pas trop, dis?
- Mais t'es chiant avec tes questions à la noix. J'ai pas besoin de ta permission pour boire.
- Mais je ne voudrais pas que tu fasses des conneries...
- Qu'est-ce que ça peut te faire? T'es pas ma mère à ce que je sache, j'ai pas besoin de toi pour me dire ce que je dois faire ou ne pas faire.
- Je m'inquiète simplement pour toi, dit Bill en se blottissant contre lui.
- Tu ne devrais pas, dit Tom en passant un bras autour de la taille de son frère. Je vais revenir.
- Mais depuis que je sais que tu pars en Angleterre pendant un mois je fais le rêve que tu ne reviendras pas toutes les nuits...
- T'es stupide.
- Je sais mais j'peux pas m'en empêcher...
- Tsss.
Tom rapprocha son jumeau de lui de façon à ce que celui-ci soit collé contre son torse, la tête dans son cou.
- Tomi?
- Quoi?
- Tu... Tu ne vas pas coucher avec d'autres personnes, là-bas, dis?
- Je suis sûr que ça te plairait d'être cocu.
- Que non... Soupira Bill.
- Bon, je vais essayer de me retenir alors.
- Tu essayeras très fort, d'accord?
- J'essayerai aussi fort que j'en ai envie.
- Pourquoi c'est toujours comme toi tu as envie et jamais moi?
- Parce que, c'est comme ça.
Bill soupira doucement et embrassa Tom dans le cou. Tom lui frotta lentement le dos.
- Tu ne vas pas te mettre à chialer? Demanda-t-il en relevant le visage de son frère.
- Mais non, je ne chiale pas, répondit Bill en esquissant un sourire minuscule.
- J'espère bien.
Tom l'embrassa furtivement au coin des lèvres et Bill se blottit de nouveau contre lui. Il fallut près de quarante minutes pour que Tom arrive devant un guichet et fasse enregistrer ses bagages. Il leur restait ensuite une heure et demi avant que l'avion de Tom ne décolle, et il décidèrent d'aller boire un verre avant que Tom ne passe les détecteurs de métaux pour se rendre dans le hall de transit, là où Bill, qui n'était pas passager, ne pouvait le suivre. Tom commanda une 1664 et Bill un Coca Cola.
- J'espère que ta famille d'accueille va être sympa, dit Bill au bout d'un moment.
- Y'a pas de raison qu'elle ne le soit pas.
- Hm... Tu m'appelles quand t'es arrivé à Oxford. Ou non, tu me bipes simplement, comme ça tu ne m'entendras même pas...
- Comme tu veux.
- Merci.
- Mais tu te conduis quand même comme si t'étais ma mère.
- C'est la première fois qu'on va être séparés aussi longtemps... ça ne te fait rien?
- Ben non. Pourquoi tu tiens absolument à ce que ça me fasse quelque chose?
- Je sais pas, ça montrerait que tu m'aimes quand même un peu.
- J'ai jamais dis que je ne t'aimais pas.
- Tu n'as jamais dis non plus que tu m'aimais. Tu ne me le dis jamais...
- Mais je te le montre, non?
Bill haussa les épaules, fixant les bulles de son Coca qui éclataient sur les parois du verre.
- Oui... Dit-il. T'as ta façon de me le montrer... Mais Tomi, y'a pas que les gestes qui comptent tu sais... Il y a les mots aussi.
- Je ne comprends rien à ce que tu racontes.
- Mais si tu comprends, je sais très bien que...
- Tais-toi un peu, tu m'ennuies.
Bill se pinça les lèvres si fort que le contour en devînt tout blanc. Sa gorge lui faisait mal et ses yeux lui piquaient. Mais il ne fallait surtout pas « chialer ». Tom le prenait déjà assez pour quelqu'un de faible pour que Bill se permette de pleurer.
- Et toi, tu ne vas pas coucher à droite et à gauche non plus, lui ordonna Tom.
- C'est vachement mon genre...
- On sait jamais. Tu pourrais rencontrer quelqu'un et...
- Et alors? Je ne suis pas à toi. Tu crois que ça nous mène où, la relation qu'on a? Nulle part, ça ne nous mènera nulle part! S'écria Bill en se levant de sa chaise, furieux et comme avide de la liberté qu'il n'avait plus depuis des années.
- Rassis-toi, au lieu de faire ton petit rebelle là. Je te défends d'aller voir ailleurs.
Bill se rassit, et ne pu réprimer ses larmes.
- Pourquoi je ne pourrais pas faire ce que je veux? Sanglota-t-il. Pourquoi c'est toujours toi, toi, toi et seulement TOI qui décide toujours tout pour moi? Pourquoi je peux jamais dire ce que je pense? Pourquoi j'ai pas le droit d'avoir envie d'autre chose? J'en ai marre Tom, j'en ai ras le bol d'être toujours à tes pieds comme une... une... une salope comme tu le dis si bien. Moi aussi j'ai mon mot à dire, moi aussi j'aimerai bien faire ce que je veux, je ne suis pas ta poupée!
- T'as fini ton petit numéro? C'est presque touchant.
- Mais tu m'écoutes?! Je veux que tu me lâches Tom! J'en peux plus de n'être que l'objet de tes petites expériences dégueulasses et humiliantes. Je ne suis pas un pantin sur lequel tu peux faire ce que tu veux! J'en ai marre, tu... tu...
- Je quoi?
- Rien... J'en ai marre. Arrêtons ça...
- Arrêtons quoi exactement?
- Nous. Je ne veux plus que... qu'on... que ce soit comme ça entre nous.
Tom le fixait, l'air menaçant. Bill osait à peine lever ses yeux larmoyants sur lui. Tom était furieux, même hors de lui, et Bill savait qu'il avait intérêt à se taire s'il ne voulait pas que cela se termine comme un tableau d'art moderne barbouillé de rouge.
- Premièrement, non, on n'arrêtera rien. Deuxièmement, si j'apprends que tu batifoles avec d'autres mecs que moi, ou avec des filles si elles veulent bien de toi, ça risque de très mal se terminer. Troisièmement, tu répètes toujours que tu m'aimes. Alors le petit discours que tu viens de me faire, c'est sans queue ni tête. Quatrièmement, arrête de chialer, t'es assez nul comme ça. Et puis ton maquillage coule, t'as l'air fin.
- Désolé...
- Y'as pas de désolé qui tienne, dit Tom en se levant et en prenant son petit sac de voyage. Réfléchis à ce que je viens de te dire.
Il fouilla dans son sac, en sortit un paquet de cigarettes et en prit une, qu'il tendit à son jumeau qui s'essuyait les yeux avec ses manches.
- Tien, voilà ta clope, dit Tom.
Bill leva des yeux tout rouges, sourit faiblement et prit la cigarette.
- Merci Tomi.
Bill se leva à son tour et s'avança timidement vers Tom.
- Bon, allé, j'y vais, dit Tom en tournant les talons.
- Tu m'embrasses pas? S'empressa de demander Bill.
Tom se stoppa, se retourna et revînt vers lui. Il lui fit un simple bisou sur la joue. Pas tout à fait ce que voulait Bill, mais c'était mieux que rien.
- A dans un moi, dit Tom.
- Oui. Je t'aime Tomi, murmura-t-il.
Il était inutile de le crier sous tous les toits, car Tom s'en fichait pas mal. Enfin, ça, c'est ce qu'il disait. Bill se doutait bien que, pour être aussi possessif envers lui, Tom devait bien l'aimait un peu, au fond.
Tom s'éloigna parmi la foule et Bill resta planté là un moment, comme enraciné au sol, avant qu'un sourire immense se dessine sur son visage: un moi entier de liberté s'offrait à lui. Et Tom ne saurait rien. Absolument rien.

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Tada! Pour une fois que je suis dans les temps!!! Bon par contre ce week end j'ai de la famille donc... enfin je vais essayer mais je ne garantie rien xD.

Sinon, que pensez-vous de ce chapitre?
De Bill?
De Tom?
Avez-vous l'impression que c'est une bonne chose qu'il parte un moi ou non?
Et Bill, que pensez-vous qu'il va faire?

30 com's

# Posté le vendredi 27 juin 2008 08:52

Partie 2, II

Partie 2, II
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Les passages en italique sont des flashs back. Il y en aura plusieurs dans cette partie de la fiction. Ces passages seront souvent hards... Attention donc.

II
Bill sortit de l'aéroport. Il pleuvait toujours des cordes dehors, et le jeune homme eut beau courir jusqu'à la Fiat le plus vite qu'il pouvait, il fût rapidement trempé comme une soupe. Il rentra en trombe dans la voiture et soupira de contentement, le sourire aux lèvres. Tom n'était plus là pour lui dire quoi faire et, bien qu'il l'aimât à la folie, il était bien content de ce petit moi de liberté. Il pourrait faire ce qu'il voulait, prendre un bain tous les soirs par exemple sans avoir un Tom désagréable qui hurlerait: « Je te signal que toi aussi tu payes la facture d'eau! ». Il pourrait sortir le soir au lieu de rester cloîtré chez lui à attendre que Tom s'acharne sur lui, il pourrait même se faire des amis et aller dans les parcs d'attraction ou à la piscine. Il pourrait se faire cuir des gâteaux géants sans un Tom qui lui dirait sur un ton de dégoût: « Si tu deviens obèse ne vient pas chialer dans mes bras ». Oui, il pourrait faire tout ça. Il était libre, pour un moi.
Bill éclata d'un rire nerveux, si fort qu'il en pleura de joie. Puis il alluma la cigarette de Tom et la ficha entre ses lèvres qui souriaient sans parvenir à s'arrêter. Il alluma la radio, mit une station qui passait du rock non-stop, et fit démarrer le moteur. Il prit l'autoroute 30 pour retourner à leur appartement de Magdeburg.
Il rentra dans l'appartement en chantant à voix haute, riant de temps à autre, et s'affala sur le petit canapé rouge. Il rit encore un moment avant d'allumer la télé, et finalement s'endormir devant jusqu'à seize heures.
A son réveil, son ventre lui faisait drôlement mal à cause de la mauvaise position dans laquelle il avait dormit. Enfin, ça n'aurait tout de même pas été le cas si Tom n'y avait pas exercé ses talents d'artiste amateur... Bill souleva son tee-shirt pour vérifier que les cicatrices ne s'étaient pas rouvertes, mais heureusement, ce n'était pas le cas. Il préféra cependant aller appliquer un peu de gel dessus, juste au cas-où...
Il se rendit dans la salle de bain et enleva son tee-shirt. Il prit le tube de gel, en mit dans le creux de sa main et, alors qu'il allait l'appliquer sur ses blessures, il stoppa son geste. Son ventre ressemblait plus à un chantier labouré en continu qu'à un ventre. Les nouvelles cicatrices recouvraient les anciennes, et il semblait que sa peau n'avait jamais le temps de se régénérer.
Doucement il étala le gel, lentement, avec précaution, en faisant de petits mouvements circulaires. Mais ça faisait mal. Il se souvenait, à chaque fois qu'il regardait ses blessures, de la douleur que les petits jeux de Tom lui imposaient. Ça faisait

si mal. Bill était allongé sur le lit, le soir de leur anniversaire. Il n'y avait pas eut de bougies, ni de fête, ni d'amis, ni rien. Pas même un cadeau, ou un simple gâteau. Tom était resté avachi devant la télévision toute la soirée et Bill, qui espérait peut-être un tout petit câlin, était resté à côté de lui, ne regardant même pas le film idiot que son jumeau regardait. Il attendait avec une espérance immense un geste d'intime douceur de la part de Tom. Mais celui-ci ne broncha pas de la soirée, comme si Bill n'existait pas pour lui.
- Je vais me coucher, dit Bill au bout d'un moment, à onze heures du soir.
Tom ne répondit rien, continuant à faire comme si de rien n'était. Bill savait qu'il ne regardait pas le film, qu'en fait il manigançait quelque chose. C'était même certain. Tom semblait totalement ailleurs, dans ce monde écarlate sans limites ni contraintes qu'il s'était un jour inventé, quand il avait douze ans, dans la forêt. Un monde qu'il dominait comme un roi et où les autres lui étaient soumis. Notamment, Bill. Ce dernier n'avait jusqu'ici pas réussi à lui remettre les pieds sur la réalité.
Bill se rendit dans la chambre qu'il partageait avec Tom et se déshabilla pour mettre son pyjama. Jugeant qu'il faisait encore suffisamment chaud en ce moi de septembre, il ne mit que le bas court de son pyjama. Grave erreur.
Il s'allongea torse nu dans le lit double, se lovant dans les replis mous et confortables de la couette et éteignit la lumière. Il se coucha sur le côté, légèrement replié sur lui-même, les bras ramenés contre sa poitrine. C'était sa position favorite pour dormir.
Alors que Bill plongeait dans les eaux douces et suaves du pays des rêves, Tom fit irruption dans la chambre en faisant claquer la porte et en toussant, histoire de bien réveiller son frère. Bill gémit de mécontentement en se retournant de l'autre côté, les bras autour de l'oreiller le serrant très fort comme un enfant le ferait avec un nounours.
- Ne dors pas, j'ai une idée pour notre anniversaire, dit Tom en grimpant sur le lit à quatre pattes après s'être mis en boxer.
Bill le lui répondit que par un petit grognement endormit.
- Quoi? Tu t'en fou? Tu t'en fou de ce que je te dis?! S'énerva Tom.
Bill ouvrit rapidement les yeux. Il savait qu'il ne valait mieux pas contrarier son jumeau.
- Non, non je ne m'en fou pas du tout Tomi. Excuse-moi.
- Ouais, je préfère ça.
- C'est quoi ton idée? Interrogea Bill.
Un sourire effrayant se peignit sur le visage de Tom, et Bill comprit aussitôt ce qui l'attendait. Son c½ur se mit à battre follement dans sa poitrine. Mais il ne dit rien, puisque de toute façon il n'avait rien le droit de dire.
- Tu vas me... faire l'amour? Demanda-t-il en sachant pertinemment que ce n'était pas du tout ça que Tom avait en tête.
- Tu vas voir...
Tom montra un objet qu'il vénérerait s'il le pouvait. Bill ne l'avait pas vu tout de suite, et le regarda, effrayé. Une petite lame de rasoir.
- Ho non, Tomi... Je t'en pris... Pas ça... Tout ce que tu veux mais pas ça. En plus... en plus j'ai changé les draps hier et j'ai pas envie de recommencer et...
- Mais je m'en fou que t'aies envie ou pas. Tu m'aimes?
- Mais oui, mais...
- Alors je ne vois pas où est le problème.
Il s'approcha de Bill qui respirait bruyamment et se plaça à quatre pattes au-dessus de lui. Il l'embrassa fougueusement et la
Sensation s'empara du ventre de Bill. Il passa ses bras autour du cou de Tom et prit part à la danse. Sa peur s'envola le temps du baiser, jusqu'à ce que Tom libère ses lèvres et, s'asseyant sur son bassin, contemple son ventre avec un certain intérêt et une envie de le voir gribouillé de rouge.
- Je vais te faire un joli dessin, dit-il en approchant la lame de métal froid de sa peau brûlante.
- Un-Un dessin? Bégaya Bill.
- Oui. Ça va te plaire.
Bill hoqueta de surprise lorsque la lame entra en contact avec la peau de son ventre. Tom la fit s'enfoncer de deux ou trois millimètres et la peau se tendit, légèrement élastique, puis craqua et de petites gouttes brillantes et chaudes se mirent à sortir. Il écrit lentement à l'aide de la lame la lettre D puis, satisfait de son travail, il alla lécher les gouttes de sang qui perlaient dans la fissure de la blessure. Il répéta ce geste jusqu'à écrire Du bist für mich (Tu es à moi) en entier sur son ventre. Bill gémissait et se tortillait nerveusement dans la couette qui devenait écarlate de part et d'autre de son corps. La scarification lui faisait mal et le démangeait follement à la fois. Tom la lécha et la suça jusqu'à ce que plus une goutte de sang ne sorte. Il releva la tête et Bill vit qu'il avait du sang partout autour des lèvres et sur le bout du nez. On aurait dit un fauve en train de manger.
Puis Tom sourit et colla son torse à celui de Bill, qui hurla sans retenu, tant la blessure lui piquait. De grosses larmes brûlantes s'échappaient sans arrêt de ses yeux vitreux et à demi fermés. Tom l'embrassa brutalement, lui faisant partager le goût du sang. Bill le repoussa violement, la nausée lui montant à la bouche, et Tom le gifla pour ce geste insolent.
- T'es pas content? C'est pas une preuve d'amour ça?
Bill fit nerveusement non de la tête, se convulsionnant toujours et respirant aussi fort que s'il faisait une crise d'asthme. Tom lui donna une nouvel claque.
- T'es qu'une salope. T'es jamais content.
Tom se lécha les lèvres et s'essuya grossièrement la bouche, mais il restait toujours quelques traces de sang. Il se coucha sur le côté dos à Bill qui n'en pouvait plus et aboya:
- Ferme-là, j'ai envie de dormir, pas de t'entendre brailler toute la nuit.
Mais Bill fût incapable de se calmer. Pendant près d'une heure il tenta de se contrôler, mais ce fût le sommeil qui le fit définitivement taire. Avant de s'endormir il roula lentement sur le matelas imprégné de sang et se blottit contre le dos de Tom qu'il détestait et aimait à la fois. Celui-ci, que Bill croyait dormir, se retourna et le prit dans ses bras. Et ils s'endormirent.


Bill termina d'étaler le gel sur ses plaies, puis entreprit de nettoyer le maquillage qui avait coulé sur ses joues à cause d'avoir pleuré à l'aéroport et de la pluie. Il se remaquilla légèrement et réenfila son tee-shirt et sortit de la salle de bain.
Il décida de se faire un sandwich, car il n'avait pas mangé ce midi et son ventre gargouillait à n'en plus finir. Il l'engloutit en l'espace de cinq minutes devant la télévision puis se leva. Il fût prit d'un étrange sentiment d'ennuie. Mais ce n'était pas désagréable du tout, au contraire. Il pouvait faire ce qu'il avait envie, pour une fois.
Comme la pluie avait cessé, il décida d'aller se promener dans le parc, histoire de faire prendre l'air à ces souvenirs sanglants qui le hantaient.
Il enfila une veste en cuir noir et prit son porte feuille, car il avait l'idée d'aller, suite à sa promenade, au supermarché acheter ce dont il avait envie et, surtout, de quoi faire des gâteaux. Puis il sortit de l'appartement.
Il arriva au parc vers seize heures trente et, malgré la grisaille, il y avait pas mal de gens qui se baladaient. Bill regardait avec envie les couples qui se tenaient bras dessus, bras dessous. Pourquoi Tom ne faisait-il jamais ça avec lui? Cela faisait des années qu'il ne l'avait même plus prit par la main... Ou même caressé son visage. Tom n'avait jamais un geste doux envers lui.
Bill marcha les mains dans les poches autour du lac, des écouteurs dans les oreilles en ayant mis la musique assez fort pour ne pas trop entendre les bruits de l'entourage. Il regardait le lac, aussi gris que le ciel, qui brillait et ondulait paresseusement comme une marre d'huile. Il allait s'assoir sur le sol recouvert d'herbe à peu près sèche quand quelque chose d'assez petit se heurta à sa jambe. Il sursauta et baissa la tête en poussant un petit cri de surprise: c'était un chiot golden retriever. Le visage de Bill s'illumina et il s'accroupit pour voir le petit chien de plus près. Celui-ci jappait et voulait lui grimper dessus pour lui lécher le visage. Le jeune homme le caressa et l'animal s'allongea par terre en lui montrant son ventre, que Bill lui gratta, le faisant se tortiller comme un petit fou.
- On dirait qu'il t'aime bien! Fit une voix de jeune homme devant lui.
Bill leva les yeux et retira ses écouteurs. Un beau blond d'une vingtaine d'années, guère plus, se tenait devant lui avec un sourire sur les lèvres.
- Oui, on dirait! Dit Bill.
Le blond s'accroupit en face de lui.
- T'en as de la chance, parce qu'avec moi il ne se comporte pas comme ça! Dit-il.
- Ha bon? S'étonna Bill.
- Il me montre les dents dès que je veux jouer avec lui. Mais alors avec toi!... Je ne l'ai jamais vu comme ça.
- C'est le coup de foudre, ria Bill.
- Oui, on dirait bien!
- Comment il s'appelle?
- Dim. Il a douze semaines déjà et il refuse toujours de m'obéir. Et là il vient de me casser sa laisse.
- Comment un chiot peut-il casser sa laisse?! S'étonna Bill.
- Elle était un peu miteuse...
- Ha, oui évidemment...
Bill gratta derrière les oreilles du chiot qui se mit à lui lécher la main.
- Il est mignon en tout cas, dit-il.
- Mais il fait beaucoup de bêtises.
- Ho, vilain Dim, dit Bill en tapotant le museau du chien.
Le blond sourit et se leva, replaçant une mèche de cheveux blonds au-dessus de son arcade sourcilière.
- Le vilain Dim va devoir rentrer à la maison. Il se fait tard.
Il était dix-huit heures trente.
- Allé Dim, viens!
Mais bien évidemment, Dim resta auprès de Bill bien que celui-ci arrêtât toutes caresses et le poussât à rejoindre son maître. Le petit chien ne broncha pas.
Alors, Bill se leva et s'avança vers le blond, et Dim le suivit.
- Je crois que je vais devoir t'accompagner jusqu'à chez toi! Dit Bill tout sourire.
- Je crois bien oui.
- Tu habites loin?
- A un quart d'heure d'ici. Ça ne te dérange pas?
- Non, pas du tout.
Les deux jeunes hommes prirent donc le chemin de la maison du blond et firent connaissance, Dim sur leurs talons qui trottinait joyeusement.
Ainsi, le blond s'appelait Lucas et avait vingt-et-un ans. Il était en troisième année de médecine et voulait devenir chirurgien. Il était né en Russie et sa mère était venue habiter en Allemagne lorsqu'il avait à peine un an. Il ne dit rien concernant son père.
Ils arrivèrent devant la petite maison de Lucas. Celui-ci ouvrit la porte pour que Dim rentre, mais il préférait s'accrocher au jean de Bill. Il prit le petit chien dans ses bras et mit son visage en face du sien.
- Tu vas être sage avec Lucas, dis?
Dim tenta de lui lécher le visage en guise de réponse.
- J'espère que ça veut dire oui, dit Lucas en souriant.
- J'espère aussi.
Bill déposa le chien devant la porte et celui-ci fila à l'intérieur non sans avoir jeté un dernier regard sur Bill.
- Je crois qu'il va falloir que tu reviennes, dit Lucas.
- Ca me ferait plaisir, dit Bill.
Surtout qu'il n'y avait pas que le chiot qui était mignon...
- Dis-moi, est-ce que ça te dirait de... de... de... bégaya Bill.
- De quoi? Demanda Lucas.
- De sortir ce soir? Aller au bowling ou... ou... où tu veux.
- Oui, ça peut être sympa, répondit Lucas en souriant.
- Super, alors, heu... disons vingt-et-une heures au bowling?
- Parfait! J'y serai.
Le visage de Bill s'illumina. Il serra la main de Lucas et repartit en direction de l'appartement, la tête dans les nuages, ayant un peu oublié les courses et les gâteaux...

_________________________________________________

Je peux difficilement être plus rapide là :P. Deux suites en une journée! Bon ce week end les suites seront plus rares, hein... Je vais essayer d'en écrire une demain matin quand même!

Sinon? Vous en avez pensez quoi? Ca commence à devenir un peu plus hard, hein ^^. Et ça va pas aller en s'améliorant!

La rencontre de Lucas, une bonne chose?


40 com's.

# Posté le vendredi 27 juin 2008 14:16

Partie 2, III

Partie 2, III
.
III
Une fois rentré à l'appartement, Bill décida d'appeler Tom car celui-ci ne l'avait même pas bipé pour lui faire savoir qu'il était arrivé à Oxford sans encombre.
Il attrapa son portable et l'appela.
Tom mit un temps avant de répondre:
- Oui Bill?
- Je ne te dérange pas?
- Si.
- Pardon. Tu es bien arrivé?
- Oui.
- La famille est sympa?
- Oui.
- Bon, c'est bien ça. Et demain c'est quoi le programme de ta journée?
- Je vais en cours le matin et l'après midi visite de la ville.
- C'est cool alors pour un premier jour.
- Oui.
- Ca va?
- Ben oui. Pourquoi?
- Juste pour savoir. Je te laisse. Tu me rappelleras bientôt?
- Oui.
- Bonne soirée Tomi.
Et Tom raccrocha sans répondre. Bill fit de même en soupirant après avoir entendu les « tut-tut » agaçant de la tonalité. Il savait déjà que Tom ne le rappellerait pas.
Il remit son téléphone portable dans sa poche et décida d'aller prendre un bain. Il fit couler l'eau dans la baignoire, régla la température et se déshabilla. Il releva ses cheveux à l'aide d'une grosse pince et rentra dans l'eau. Il s'y prélassa pas plus de dix minutes, craignant que ses cicatrices, ramollies à cause de l'eau, ne se rouvrent. Et en se levant du bain il sentait déjà que sa peau tirait et lui faisait mal à certains endroits.
Il se sécha dans un grand peignoir - rouge - et fit bien attention à ne pas arracher les croutes de ses blessures. Mais il avait beau y faire attention et les soigner très attentivement, il savait qu'il aurait ces marques à vie et qu'on pourrait toujours lire le message de Tom très clairement. Il étala de nouveau une couche de gel cicatrisant dessus puis enfila un boxer propre. Il choisit de porter un pantalon noir moulant parsemé de fermetures éclair et un tee-shirt gris à motifs. Il enfila de grosses chaussures aux bouts métallisés et sa vestes noires mais... il n'étais même pas vingt heures. Il faut dire qu'il était assez enthousiaste à l'idée d'aller retrouver Lucas. A tel point qu'il en aurait presque oublié de manger avant de partir. Il se cuisina un simple plat de pâtes à la sauce tomate qu'il mangea devant la télévision. La sauce tomate... était un peu trop chaude.
Un peu trop chaude.
Elle était brûlante.
Elle était

brûlante et lui avait brûlé méchamment la langue.
- Ha, mais Tom c'est trop chaud. Tu aurais pu me le dire. Je me suis brûlé du coup.
C'était il y a près de six ans. Les jumeaux avaient à peine treize ans. Leurs parents étaient de sortie ce soir là et Tom s'était proposé pour faire le cuistot. Mais ce n'était pas une grande réussite. Les pâtes étaient beaucoup trop cuites et étaient aussi molles et ratatinées que des limaces. La sauce tomate avait chauffé trop longtemps au micro-onde et faisait des bulles.
- Ben si t'es pas content t'as qu'à te faire à manger tout seul, dit Tom.
- Mais si je suis content. Mais tu aurais pu me dire que c'était brûlant.
- Eh bien je ne te l'ai pas dit. Et tu sais pourquoi?
- Non, je ne sais pas.
- Parce que je m'en fou.
Bill tourna sa fourchette dans ses spaghettis en se pinçant les lèvres.
- De toute façon, dit-il, t'aimes bien que je me fasse mal.
- Ouais, t'as tout compris mon p'tit.
- Tu vas pas bien Tomi...
- Si, je suis en pleine forme! Je suis sûr que je pourrais soulever les altères de papa qui sont dans le salon.
- Eh bien vas-y, fais-le.
- D'accord.
Tom lui sourit vicieusement et se dirigea vers le salon. Bill quitta la table et le suivit. Les deux altères de vingt kilos chacune reposaient à côté de la télévision. Tom les écarta l'une de l'autre et se positionna au milieu.
- Si j'y arrive, dit Tom, tu le fais après moi.
- D'accord. Mais tu vas jamais réussir. T'as pas réussis l'autre coup.
- Je t'ai dis que j'étais en pleine forme, imbécile.
- T'énerve pas...
- Tu vas voir que je vais le faire!
- Ben qu'est-ce que t'attends? Fais-le au lieu de baratiner là.
Le vilain sourire de Tom s'agrandit. Il s'accroupit et empoigna les deux barres des altères. Puis tout doucement il commença à se relever, avec plutôt pas mal de difficultés. Son visage se déforma à cause de l'effort. Il ferma les yeux en fronçant les sourcils et serra les dents. Il devînt rapidement tout rouge, et des gouttes de sueur se formèrent sur son front avant qu'il ne se soit totalement relevé. Lorsqu'il fût debout, il commença à lever les bras en respirant bruyamment. Les manches de son tee-shirt trop grand retombèrent sur ses épaules, laissant voir les petits poils blonds qu'il avait sous les bras. Bill les regarda avec une certaine jalousie: lui n'avait aucun poil nulle part. Tom grandissait plus vite que lui et lui avait toujours le corps d'un enfant.
Tom réussit à porter les altères au-dessus de sa tête. Aussitôt fait, il se laissa retomber à terre en les reposant. Bill sourit, tout impressionné.
- Tu vois que j'ai réussis.
- Oui!
Bill voulu le gratifier d'un câlin et d'un bisou sur la joue, mais Tom le repoussa.
- A toi d'essayer maintenant, lui dit-il.
- Mais moi je suis nul...
- Essaye je t'ai dis.
Bill soupira et Tom lui laissa sa place entre les altères. Bill s'accroupit, les saisit et se mit à se relever. Il réussit à les soulever de vingt centimètres au dessus du sol puis s'effondra à terre, tout essoufflé et transpirant.
- Ouais, en effet t'es un peu nul, dit Tom.
- Ben oui... dit Bill qui qui avait envie de pleurer.
- Comme t'as pas réussis, tu m'autorises à faire quelque chose?
- A faire quoi?
- Je sais pas trop.
L'angoisse submergea le pauvre Bill, qui savait par c½ur que, lorsque Tom répondait qu'il ne savait pas trop ce qu'il allait faire, il allait être le sujet d'une expérience humiliante et douloureuse. Ce n'était pas la première fois que ça arrivait, et il commençait à en avoir l'habitude.
- Je vais terminer de manger, dit Tom. Tu viens?
- J'arrive, répondit Bill en se relevant.
Il suivit son frère jusqu'à la cuisine et se rassit devant son plat de pâtes à la sauce tomate. Mais, à vrai dire, il n'avait plus très faim, et Tom remarqua qu'il ne mangeait pas.
- Tu ne les aime pas mes pâtes?
- Ben si mais... j'ai pas très faim...
- Menteur. Et puis tu peux les manger maintenant, la sauce ne brûle plus.
Bill soupira et enroula lentement des spaghettis autour de sa fourchette. Il la porta à sa bouche et, comme les spaghettis, ce n'était pas toujours pratique à manger, il se mit de la sauce tomate sur le menton. Et Tom se transforma à la vue de ce rouge sur la peau blanche de son jumeau.
Bill s'empressa de s'essuyer la bouche mais il était trop tard. Tom s'était déjà levé et se dirigeait vers lui, un sourire en coin, des idées perverses plein la tête. Bill se recroquevilla sur sa chaise, mais Tom le prit dans ses bras et le porta avec on ne sait quelle force jusqu'au grand canapé du salon. Il l'y allongea et se mit à califourchon sur lui. Bill n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit que Tom suçait déjà ses lèvres et voulait infiltrer sa langue dans sa bouche. Bill se laissa faire et se prit au jeu, comme d'habitude, avant d'hurler parce que Tom lui mordait la langue à sang. Il commença à gigoter dans tous les sens, mais Tom était toujours le plus fort.
Quand Tom le lâcha et se releva, du sang coulait sur son menton et il souriait horriblement. Bill baissa les yeux, ne pouvant regarder plus longtemps cet affreux visage déformé par l'obsession. Mais ce qu'il vit au niveau de la ceinture de Tom ne lui fit que plus peur. Tom le vit, et d'une voix mielleuse il demanda:
- Tu ne veut toujours pas faire l'amour avec moi?
- Non...
- Je peux te toucher alors?
- Comment ça me toucher?...
Le sourire de Tom s'agrandit et il glissa sa main vers l'entrejambe de son frère, et commença des petites caresses.
- Non Tom, arrête... Je ne veux pas... Pas comme ça...
- Comment tu peux dire ça? Ton corps n'a pas l'air de détester ça.
Bill se maudit d'être aussi faible pour résister à Tom. Car assurément que, d'un côté, ça ne lui déplaisait pas du tout ces caresses. Ce qui le gênait, c'était surtout d'assumer ces gestes obscènes qui plus est, étaient fais avec son frère. Ce n'était pas vraiment quelque chose de conventionnelle. C'était avec une fille qu'il devrait faire ce genre de chose, pas avec son frère... Mais au fond de lui il se disait qu'il n'aimerait pas franchement le faire avec une fille...
- Il a même l'air d'aimer beaucoup.
- Tomi, gémit Bill, arrête, c'est pas un jeu.
Tom l'embrassa fougueusement, puis lui chuchota à l'oreille:
- Si, c'est un jeu. La vie est un jeu. Alors lance les dés au lieu de pleurer en te disant d'avance que tu vas perdre.
- Mais...
- Tais-toi un peu.
Il continua de le caresser. Bill soufflait de plus en plus fort, en fermant les yeux et en gémissant des petits « Tomi » à peine audibles.
- Tu vois que tu aimes ça, lui fit Tom.
- Hum, se contenta de dire Bill en entrouvrant les yeux.
Le sang séchait sur leurs lèvres et devenait marron. On aurait pu dire que c'était de la sauce tomate. Oui, on aurait pu dire que ça en était, et que jamais Tom n'avait prit plaisir à faire saigner son jumeau. Oui, c'était juste de la sauce tomate


froide. Ses pâtes avaient refroidi alors que Bill s'était repassé cette scène en tête en tremblant comme une feuille. Il se rappelait qu'il avait eut du mal à manger pendant deux semaines à cause de la morsure de Tom sur sa langue et qu'il n'avait plus mangé de pâtes à la sauce tomate pendant des mois car un goût de sang lui noyait la bouche dès qu'il voyait ce plat.
Et rien qu'en y pensant, le goût amer et métallique du sang remplaça celui de la sauce tomate, et Bill recracha ce qu'il mangeait. Il alla jeter le reste de l'assiette à la poubelle puis décida de partir maintenant au bowling. A pied, il ferait le trajet en vingt minutes et il n'aurait presque pas à attendre Lucas. De toute manière, il sentait qu'il n'avait pas le choix, il fallait qu'il déserte l'appartement sinon ça se terminerait mal. Les souvenirs sanglants avec Tom semblaient le chasser, et leur résister était un combat perdu d'avance. Alors Bill prit de l'argent et ses clefs et sortit.
Bien qu'on ne fût qu'à la fin de Septembre, il ne faisait pas très chaud. Un vent froid soufflait, et Bill se dit qu'il aurait mieux fait de mettre un pull en plus. Ses cheveux longs dansaient dans le vent et venaient de temps en temps lui chatouiller les nez. Ce même vent faisait pencher légèrement les arbres qui bordaient la route et quelques feuilles volaient. Le soleil se couchait déjà. Oui, c'était la fin de l'été, et les journées allaient être de plus en plus courtes. Bill avait horreur de ça, il n'aimait pas le noir et le crépuscule qui tombe trop vite dans un ciel aux couleurs orange et rouge pastels. Et Tom qui lui tombait dessus par la même occasion, assoiffé de sentir la peur régner dans son jumeau, et comme une envie de le rassurer en faisant pire que mieux. Et malgré tout ça, Bill éprouvait pour son frère un étrange sentiment qu'il ne saurait expliquer. Un sentiment qui pouvait le faire hurler de douleur et jouir de bonheur, quelque chose d'assez fort pour que Bill acceptât toutes les manières de Tom depuis sept ans. C'était à la fois un sentiment de force et de faiblesse, d'amour et de haine, de joie et de malheur. Un mélange hétérogène et souvent explosif...
Bill arriva devant la salle de bowling. Quelques jeunes fumaient dehors en dessous de l'enseigne lumineuse et le regardèrent rentrer, se demandant certainement si cette personne était un homme ou une femme. Ces interrogations plaisait à Bill, et il sentait avec délice les regards interloqués se poser sur son corps au sexe énigmatique et glisser dessus comme de l'eau glacée.
Bill s'assit sur un des fauteuils à l'entrée. Il croisa les jambes et regarda les arrivants en attendant Lucas. Il avait encore dix minutes à attendre.
La bande de fumeurs rentra. Une des filles le remarqua et donna un coup de coude au mec qu'elle tenait par le bras. Tous les deux s'arrêtèrent, imités rapidement par le reste de la bande. Une dizaine en tout, avec plus d'hommes que de femmes.
Bill leva les yeux sur eux. Il aimait bien qu'on le regarde, mais pas qu'on l'aborde à ce sujet.
- Tu veux v'nir jouer avec nous? Demanda la jeune femme après avoir fait un clin d'½il aux autres.
- Non merci, répondit Bill. J'attends un ami.
- Eh bien en attendant, bien jouer avec nous!
- C'est gentil, mais il va bientôt arriver et...
- Ho laisse tomber... En fait on voulait juste savoir si t'étais un gars ou une meuf.
- Et qu'est-ce que vous avez décidé? Demanda Bill, intéressé.
- Que t'étais qu'une pédale.
Ils éclatèrent tous de rire et s'éloignèrent. Bill soupira en fixant le vide. Il savait qu'elle avait raison, alors bon...
Lucas arriva cinq minutes en avance et dès qu'il eut franchis le seuil de l'entrée, Bill bondit de son siège et alla le rejoindre.
- T'es déjà là! Moi qui pensais que j'étais arrivé trop tôt! Dit Lucas en souriant en le voyant.
- Je m'ennuyais tout seul chez moi alors j'ai décidé de partir tout de suite.
- Tu vis tout seul chez toi?
- Oui, enfin non. D'habitude y'a mon frère mais il est partit un moi en Angleterre.
- Il en a de la chance!
- Oui... Mais moi du coup je m'ennuie.
- Eh bien, la prochaine fois que tu t'ennuies, tu m'appelles, ok?
- J'voudrais pas te déranger... t'as peut-être du boulot.
- Mais non t'en fais pas. Appelle-moi, d'accord?
- D'accord.
Bill sourit et les deux garçons se dirigèrent vers le comptoir pour réserver une piste pour deux. Il fallut évidemment que le réceptionniste leur donne une piste à côté de celles de la bande qui avait traité Bill de tapette. Celui-ci ne dit rien, mais il savait que la bande ne lui ferait pas de cadeau. C'était toujours comme ça...
Il se fit repérer dès qu'il arriva. Heureusement Lucas ne remarqua rien tout de suite. Ils s'installèrent et commandèrent chacun une bière. C'était à Lucas de commencer, et il renversa neuf quilles sur dix. Bill se leva et prit une boule. Il prit de l'élan et lança. Strike.
- C'est qu'elle aime ça, les jeux de boules, la tapette! Se moqua la fille de tout à l'heure.
Bill devînt rouge cerise et Lucas le regarda sans aucune expression du le visage. Bill revînt vers les sièges pour laisser la place à Lucas, mais celui-ci l'interrogea.
- Tu les connais ces gens? Demanda-t-il.
- En fait, non, répondit Bill. C'est tout à l'heure quand je t'attendais, ils sont venu me parler et... enfin voilà.
- Ouais, je vois. C'est que des cons. Fais pas attention à eux.
- Hum.
Bill but une gorgée de bière en regardant Lucas jouer. La fille qui l'avait insulté le fixait d'un regard félin. Elle prit son verre et lécha de façon provocante une goutte de boisson qui coulait. Puis elle sourit vicieusement. Bill la regarda faire, puis, de la même façon, passa sa langue sur sa lèvre supérieure en faisant tinter son piercing sur ses dents. Apparemment, c'est ce que la fille voulait, car elle recommença à lécher son verre en le regardant. Bill sourit et la gratifia d'un majestueux doigt d'honneur.
- Va te faire foutre par tes copains, lui lança-t-il.
- Et toi va te faire défoncer ton joli petit cul par ton blondinet, rétorqua-t-elle.
Evidemment Lucas avait entendu, et il devînt tout rouge. Bill éclata d'un rire nerveux. En fait il ne savait pas trop pourquoi il riait. Peut-être pour refouler la petite voix en lui qui lui disait: « avoue que tu aimerais bien ça ».
- Bill, ça va? S'inquiéta presque Lucas.
Bill se plia en deux tant il riait. Des larmes de joie coulèrent sur ses joues rouges. Lucas, voyant son ami dans un tel état ne pu que se mettre à rire à son tour.
Quand ils furent enfin calmé, ce qui prit près de cinq minutes, la fille qui avait provoqué Bill était tellement vexée qu'elle était partie. Tant mieux.
La partie de bowling se déroula ensuite plus calmement, dans les rires et les sourires. Bill avait certainement bu un peu trop de verres de bière, et comme il n'était pas vraiment habitué à boire, il était dans un état joyeux mais quelque peu somnolent. Il regardait Lucas lancer les boules sur la piste avec un certain intérêt, affalé sur son siège. Lorsqu'ils échangeaient leurs places, l'un allant sur la piste et l'autre regagnant son siège, ils se frôlaient sans trop le vouloir mais en l'appréciant sans le cacher.
Lucas gagna la partie, car à la fin Bill n'était plus capable de viser correctement. L'alcool ne lui réussissait pas vraiment sur ce point. Ce pendant, il lui réussissait un peu plus pour ce qui était de s'approcher de Lucas. Celui-ci avait préféré le raccompagner chez lui, un bras sur ses épaules pour ne pas qu'il fasse les rebords de trottoir.
- J'habite ici, annonça Bill d'une voix cassée lorsqu'ils arrivèrent devant la porte de son immeuble.
Lucas s'arrêta devant et Bill entreprit la tâche difficile pour quelqu'un qui n'a pas lésiné sur les verres d'alcool de trouver ses clefs dans une des poches de sa veste.
- Tu les as pris au moins tes clefs? Lui demanda Lucas.
- Ben oui hein! S'écria Bill, qui se mit à rire.
Il sortit enfin les clefs de l'immeuble, mais ne réussit pas à l'infiltrer dans la fente de la serrure. Lucas le fit à sa place. Bill ouvrit la porte et avança dans l'embrasure.
- Tu veux pas que je t'aide à monter jusqu'à chez toi? Lui demanda Lucas.
- Y'a un ascenseur donc c'est cool... Dit Bill.
- D'accord. Bon, dors bien.
- Dis Lucas.
Bill avait prit un air à peu près sérieux.
- Merci beaucoup, dit-il simplement.
Puis il vacilla vers l'avant et entoura le cou de Lucas de ses bras.
- Merci pour quoi? S'étonna le blond en prenant Bill contre lui.
- Ben je sais pas, d'être là avec moi.
- C'est normal non?
- Oui, certainement...
- Toi, t'as besoin qu'on s'occupe de toi.
- Hum, acquiesça Bill.
Ils restèrent un moment l'un contre l'autre. Bill se sentait si bien qu'il faillit s'endormir. Heureusement, Lucas lui tapota le dos, qui fit éclater sa bulle de rêve.
- Va te coucher, lui dit-il. Prend un Doliprane avant de dormir, sinon demain c'est dans ta tête que ça va jouer au bowling.
- Ouais, dit Bill. Je crois que je vais très bien dormir. Mais je vais être tout seul et puis j'ai peur et... non rien. On se voit demain?
- J'ai cours jusque quinze heures, et si tu veux je passe te prendre après.
- D'accord! C'est une bonne idée ça.
- Oui. Et toi, tu ne fais pas d'études? Tu n'en as pas parlé.
- Moi? Ben non, je sais pas quoi faire alors ben je... je fais rien.
- Tu ne sais vraiment pas quoi faire?
- Non...
- Bon, si tu veux on en parlera demain.
- Hum...
- Allé, dors-bien, dit Lucas en l'éloignant de lui pour lui faire la bise.
- Toi aussi.
Ils se quittèrent dans un sourire. Bill referma la porte et prit l'ascenseur. Il manqua de se prendre le miroir qu'il y avait sur la paroi en face de la porte, pensant que c'était la véritable sortie...
Il mit un quart d'heure pour ouvrir la porte de l'appartement, puis se dirigea vers sa chambre, les yeux à demi fermés, marchant au radar. Il s'affala sur son lit, se déshabilla en restant allongé, ne laissa que son boxer et s'endormit au-dessus de la couette.

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Voilà un long chapitre! J'espère seulement qu'il vous plaît, parce que j'ai mis du temps à l'écrire ^^.

Qu'est-ce que vous en pensez alors de ce Lucas?
Vous aimez les flashs back avec les petites expériences de Tom?

45 com's.

# Posté le mardi 01 juillet 2008 08:52

Partie 2, IV

Partie 2, IV
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IV
Le téléphone portable de Bill sonna vers deux heures du matin et le réveilla en sursaut. Il grommela, attendit que la sonnerie s'arrête, et elle s'arrêta. Mais elle reprit une minute plus tard.
- Mais c'est qui le con qui a l'idée d'appeler à une heure pareille?! S'écria-t-il tout seul d'une voix cassée.
Il se redressa, fût victime d'un mal de crâne assommant, et attrapa son téléphone qui semblait hurler dans le noir. Il était marqué sur l'écran: « Appel de Tom ».
- Merde, lâcha Bill qui s'en voulait de ne pas avoir décroché plus tôt.
Il mit les hauts parleurs, se rallongea, posa le téléphone à côté de lui et décrocha.
- Allô?
- C'est Tom.
- Tu vas bien? Pourquoi tu appelles à cette heure?
- Pour pas grand-chose. En fait, je veux me confesser.
- Quoi? Mais qu'est-ce que tu racontes? Demanda Bill dont le mal de tête ne faisait que s'amplifier.
- Il faut que je t'avoue quelque chose, c'est tout.
- Qu'est-ce que tu veux m'avouer?
Tom allait peut-être lui dire qu'en fin de compte il l'aimait par-dessus tout, que son amour pour lui volait au-dessus des montagnes et nageait dans les océans immenses et profonds et planait même au-dessus des nuages les plus hauts. Enfin, ça, c'est ce qu'espérait Bill depuis près de... sept ans.
- J'ai couché avec trois filles ce soir.
Bill ne réagit pas tout de suite. C'était un peu trop gros à avaler, et ça lui restait bloqué en travers de la gorge, pour l'instant.
- Trois? Répéta simplement Bill.
- Oui, trois. C'était pas mal du tout. On a baisé pendant des heures!
- Et qu'est-ce que tu veux que je te dise?
- Justement, je te dis ça parce que j'ai envie de savoir ce que ça te fait. Sinon je ne t'en aurais jamais parlé.
- Et pourquoi tu veux savoir ce que ça me fait, dis?
- Réponds à ma question.
- Tu veux vraiment savoir ce que ça me fait, Tom?
- Oui.
- D'accord. Eh bien ça ne me fait rien. Absolument rien. Tu peux même te taper toute la ville, ou même toute l'Angleterre si ça t'amuse. Mais moi j'en ai rien à ciré. De toute façon, t'es qu'un con. Et quand tu reviendras en Allemagne, ne compte pas sur moi pour jouer à la poupée à martyriser.
- Ho, calme-toi.
- Je suis très calme. D'ailleurs je vais raccrocher parce que tu m'as réveillé et que j'ai horreur de ça. Et tu le sais en plus.
- Oui je sais. Mais arrête d'abord de me mentir et dis-moi vraiment ce que ça te fait.
- Je viens de te le dire espèce d'idiot.
- Ne m'insulte pas! Hurla Tom.
- Mais je ne t'insulte pas, je dis simplement ce qui est! Je fais ce que je veux!
- NON! Tu fais ce que MOI je veux. Et tu ne m'insultes pas, sinon tu sais comment ça va se terminer.
- Oui, je sais. Je vais m'en aller et tu seras tout seul. Mais tu seras très content puisque tu pourras te taper toutes les putes de ce monde.
- Putain mais qu'est-ce qui te prend de me parler comme ça?!
- Ho je sais pas. J'en ai peut-être marre de jouer le rôle du pantin soumis au plus infâme des rois. Dis, Tomi, t'y as déjà pensé à ça, hein?
- Pensé à quoi?!!
- A moi et à ce que tu me fais. Tu sais que t'es dégueulasse quand même?
- Bill, quand je rentre, t'es mal.
- Ho ho, aux secours j'ai peur! Dit Bill sur un ton d'ironie. Je ne serai plus là crétin. Je me casse.
- C'est ce qu'on verras.
- Et rira bien qui rira le dernier.
Bill raccrocha. Il reposa son téléphone sur la table de nuit et se rallongea. Puis il éclata littéralement de rire à en hurler, la tête dans les oreillers. Il ria ainsi pendant cinq minutes avant de se mettre à pleurer comme il ne l'avait jamais fait. Non, c'était loin de ne lui faire que « rien » de savoir que Tom couchait avec n'importe qui, alors qu'il ne lui faisait presque jamais l'amour. Bill ne se rendait qu'à peine compte de ce qu'il avait dit au téléphone, quelle ampleur ça avait eut son frère. Il savait cependant que, après ce qu'il avait dit, il avait intérêt à ne plus croiser Tom trop souvent, sinon Tom le tuerait, fou de rage, mais sans vraiment le vouloir. Il avait déjà faillit le faire, durant une fin de journée de mars alors qu'ils avaient seize ans. Au départ, Bill était sortit en toute innocence pour aller acheter des petits pains au chocolat pour Tom et lui au goûter. Il se souvenait encore de l'odeur du pain et des pâtisseries

qui embaumait la boulangerie. Des dizaines de sorte de gâteaux étaient exposés là, derrière les vitrines, et Bill les regardait tous en éprouvant le désir de les goûter chacun. Des étoiles brillaient dans ses yeux. En plus de cette odeur alléchante régnait une douce de chaleur qui le réchauffait après sa petite marche dans le froid. Il décida, en plus des deux petits pains au chocolat, d'acheter une petite tarte au citron et au chocolat qu'il partagerait avec Tom. Il paya le tout et jeta un dernier regard à tous ces gâteaux qui attendaient d'être mangés avant de sortir avec son paquet remplis de douceurs à la main. Et là, il fallût qu'il tombe sur Edward. Un de ses plus doux rêves mais aussi un de ses pires cauchemars. Il l'aurait bien ignoré, mais Edward l'avait vu et Bill l'avait regardé.
- Salut Eddie, dit Bill qui ne voulait pas paraître malpoli.
- Salut Bill! Dis donc y'a quoi dans ton petit paquet? Ça sent drôlement bon!
- C'est des petits pains, pour Tom et moi.
- Ha! Super! Je crois que je vais aller m'en acheter un aussi, parce que ça me donne envie!
Bill sourit. Eddie était tout sauf méchant. Mais Tom le détestait, parce qu'il approchait Bill de beaucoup trop près. Il aurait pu être un proche ami de Bill, voir même son meilleur ami, mais Tom défendait son jumeau de le voir parce qu'il avait peur que celui-ci s'intéresse plus à Edward qu'à lui. Enfin, ça, c'est ce qu'avait conclut Bill.
- Ça te dirait d'aller faire une partie de basket avec moi? Proposa Eddie.
- Eh bien... commença Bill tout gêné. Je dois me dépêcher de rentrer...
- Juste vingt minutes. Pas longtemps. Tu ne dois pas être cloué chez toi vingt-quatre heures sur vingt-quatre quand même?
En vérité, si, il devait resté chez lui toute la journée, sinon Tom risquait de devenir terriblement sanguinaire.
- Bon, d'accord, mais pas plus! Accepta Bill.
- Super!
Et les deux garçons s'en allèrent au petit terrain de basket près du parc. Il y avait d'autres garçons du lycée qui jouaient et Eddie et Bill se joignirent à eux, tous les deux contre les trois autres. Et la partie commença. Elle ne dura pas vingt minutes, mais plus d'une heure. Bill s'amusait tellement qu'il ne voulait pas regarder sa montre mais il savait que Tom serait furieux.
Bill et Eddie perdirent la partie mais ils s'étaient drôlement bien amusés. Parfois même le jeu devait d'arrêter une ou deux minutes parce qu'ils étaient tous les deux épris d'un fou rire incontrôlable. A la fin de la partie, Bill était allé s'assoir sur un banc avec Eddie pour souffler un peu. Ils se regardèrent, leurs nez et leurs joues tout rouges à cause du froid, et éclatèrent à nouveau de rire en se prenant mutuellement dans les bras pour se soutenir et ne pas tomber du banc. Ce fût certainement le geste le plus grave jamais commis par Bill. Car Tom arriva à ce moment là, alors que Bill était mort de rire dans les bras d'Edward et qu'Edward était dans le même état dans les bras de Bill. Ce dernier ne vit arriver son frère que trop tard. Il repoussa alors Eddie de lui si brutalement que celui-ci faillit tomber du banc, puis il se leva, droit comme un piquet, toute trace de joie effacée de son visage à présent revêtu du masque de la peur. Il prit son petit paquet de la boulangerie et s'avança craintivement de Tom.
- Tomi je... j'étais parti chercher les petits pains et j'ai croisé Eddie, et on a juste fait une partie de basket avec quelques autres et...
Bill se tût. Le regard de Tom était si noir qu'il en fût glacé d'effroi. Tom regarda Eddie comme s'il voulait l'envoyer directement en Enfer.
- Toi, casse-toi, lui dit-il.
- Hé Tom, Bill c'est mon pote. J'ai le droit de traîner un peu avec lui non?
Eddie s'avança et passa un bras sur les épaules de Bill qui tremblait de peur et voulait crier à son ami qu'il valait mieux qu'il parte avant que ça ne dégénère.
- Non, répondit Tom. Bill n'a pas d'ami.
Il saisit le poignet frêle de son jumeau et le tira brutalement vers lui, ce qui contraignit Eddie à lâcher Bill. Puis il partit vers la maison de leurs parents (ils y vivaient encore à seize ans) en traînant Bill derrière lui.
Une fois arrivé, Tom lâcha Bill pour le gifler. Bill cria et se recula en plaquant sa main sur sa joue qui chauffait déjà.
- Tu faisais quoi avec Eddie là? Tu fricotais en douce et tu croyais que j'allais rien voir peut-être?!
- Mais non Tom! Je riais simplement avec lui. C'est mon ami, c'est tout.
- Non, c'est pas ton ami. Je t'ai dis cent fois de ne pas rester avec lui.
- Je reste avec qui je veux!
- Non!
- Si! C'est pas encore toi qui vas décider avec qui je dois rester!
- Ho si, et c'est très simple écoute: rien qu'avec moi.
- Non.
Bill se prit une autre baffe sur l'autre joue. Se disant qu'il vaudrait mieux pour lui qu'il ne tienne plus tête à son frère, il voulut changer de sujet:
- Tiens, les petits pain, dit-il en lui tendant le paquet. Et j'ai aussi acheté une tarte au citron et au...
- Mais j'en ai rien à foutre de tes petits pains de merde! Hurla Tom en attrapant le paquet.
Fou de rage, il l'envoya valser sur un mur. Le paquet éclata et les petits pains sortirent et retombèrent au sol dans des giclement de miettes. La tartelette tomba renversée sur le carrelage dans un bruit mou.
Alors que Bill les regardait avec un mélange de tristesse et d'envie, Tom hurla:
- Jamais tu ne reverras ce mec! Jamais tu m'entends?!
- Oui Tom... soupira Bill sans s'arrêter de fixer les pâtisseries gâchées.
Tom lui remit une baffe si puissante que Bill tomba par terre sur les fesses.
- Tu me regardes quand tu parles! Cria Tom.
- Oui Tom...
- Tu ne reverras plus jamais Edward!!! Hurla-t-il.
- Mais je...
- LA FERME!
Il lui mit un coup de pied dans la mâchoire. Bill hurla en s'effondrant au sol.
- Il n'y a que MOI que tu touches et personne d'autre! Tu ne parles pas aux autres!
- Mais Tomi on ne faisait que rigoler...
- Je t'ais dit de la fermer!
Un nouveau coup de pied lui arriva dans les côtes. Un bruit sinistre d'os brisé se fit entendre, et Bill hurla.
- Ta gueule putain!
Il lui redonna un autre coup de pied, sur la tempe cette fois-ci, et le sang se mit à couler. Ça y était, le rouge était là.
Bill était plié en deux, pleurant et répétant des tout petits « Tomi arrête... Tomi arrête... », ce qui ne semblait aucunement attendrir le Tomi en question qui continuait de le frapper, jugeant que la punition était méritée.
- Je suis sûr que tu ne faisais pas que rigoler avec lui! Tu le tripotais hein?
- Mais non Tomi... je ne ferais pas ça...
- Arrête de me mentir!
Nouveaux coups. Bill saignait de la tête et crachait du sang, probablement à cause de la côte brisée qui avait transpercé ses poumons, mais il était encore incapable de se dire qu'il haïssait Tom pour ce qu'il était en train de lui faire. Il fixait la fenêtre avec une certaine envie de s'y enfuir. Dehors, le soleil se couchait, répandant des traînées de rouge dans le ciel orangé.
- Tomi je t'en pris...
- Il fallait réfléchir avant de tripoter ton copain!
- Je ne l'ai pas tripoté... je n'ai rien fait... Tomi j'ai juste rigolé, j'ai juste rig...
Il ne put terminer la fin de sa phrase. Tom lui donna un ultime coup dans le bas du ventre et Bill vit pendant un instant quelques étoiles, puis plus rien. Tom ne put résister à la tentation de lécher ses lèvres, sans réaliser qu'il venait de blesser peut-être mortellement son jumeau. Il se rendit compte presque trop tard que Bill ne respirait presque plus et, sans s'affoler, il appela le SAMU. Il attendit calmement, sans aucune panique, comme s'il
savait que Bill allait s'en sortir, qu'il n'y avait aucun danger. Il resta tout aussi serein à l'hôpital, lorsque le médecin lui dit que son jumeau devait être opéré en urgence à cause de son poumon perforé.
Tom passa évidemment en Conseil de discipline, mais comme il était mineure et que la victime était son propre frère, il n'y eut aucune charge retenue contre lui ni de somme d'argent à verser. Il était toujours gagnant. Ses parents le privèrent de sortie, de télévision, d'ordinateur et de console, ce qui ne semblait pas tant que ça déplaire à Tom qui se consacrerait à trouver de nouvelles choses à faire sur son frère.
Bill resta deux semaines entières à l'hôpital et Tom ne passa le voir qu'une seule fois pour lui annoncer qu'Eddie avait failli le frapper pour ce qu'il avait fait à son ami, mais qu'une fois de plus il avait été le plus fort et avait gratifié Eddie d'un violent coup de pied dans les parties génitales.
- Castré à vie, ton pseudo petit ami! Ha! Avait-il pouffé devant le pauvre Bill coincé dans son lit d'hôpital.
Bill avait prit un air triste, s'étant attendu à des excuses de la part de son frère. Mais il n'avait que trop rêvé. Tom n'était pas assez humain pour avoir l'amabilité de s'excuser. La seule chose que Tom faisait, c'était abuser de l'amour que son frère lui portait. Il savait que Bill l'aimait à en crever et que même s'il était odieux avec lui, Bill ne s'en irait pas. Bill ne s'en irait jamais. Mais il était loin de savoir que trois ans plus tard


Bill se disait qu'il était grand temps de partir, de laisser cette vie désolée et morbide derrière lui, d'oublier cet amour à sens unique pour son jumeau. Car ça n'avait aucun sens. Certes il aimait bien certaines choses que Tom lui faisait, mais il était bien loin de tout aimer. Tom était tout simplement fou, et ça ne semblait pas s'arranger au fil des années. Il faisait uniquement ce qui lui plaisait et se fichait totalement de ce que Bill avait envie. Et ce n'était pas vraiment comme ça que Bill concevait l'amour, qu'il soit fraternel ou plus intime. Lucas semblait convenir bien plus à sa définition de l'amour que Tom...
Son téléphone se remit à sonner. « Appel de Tom ». Bill décrocha et dit simplement:
- Va te faire foutre espèce de salop.
Et il raccrocha. Il ferma son portable et se recoucha, la tête dans les oreillers humides de larmes.
Le lendemain, Bill préférait ne pas se lever tant sa tête le faisait souffrir. Il prit un Doliprane mais ça ne fit qu'atténuer un peu la douleur. Il se rendormit jusque quatorze heures et se réveilla en sursaut. Lucas venait le chercher dans un peu plus d'une heure. Le problème c'est qu'il avait toujours très mal à la tête. Mais bon, il ferait l'effort de sortir. Lucas avait dis qu'il allait s'occuper de lui et cette idée était loin de lui déplaire.
Bill se leva et ralluma son portable. « 7 appels manqué(s), Tom ».
- C'est que ça le perturbe, dit Bill tout haut.
Au moins, le temps qu'il essayait de le joindre, il ne couchait pas avec n'importe qui. C'était un bon point.
Bill se leva et prit une douche. Il enfila ensuite un jean troué et un tee-shirt noir, des Santiags et ébouriffa un peu ses cheveux. Il se maquilla très légèrement, il n'avait pas vraiment le courage de faire dans l'extravagance.
Il mangea un bol de céréales et écrivit sur une petite liste ce dont il avait besoin pour se faire des gâteaux et des biscuits tout en regardant la télévision. Puis vînt le moment où Lucas appuya sur la sonnette marquée d'une étiquette indiquant : « Bill et Tom Kaulitz », à la porte de l'immeuble. Bill lui ouvrit en lui indiquant quel numéro d'appartement il avait et une minute plus tard il lui ouvrait la porte.
- Holala, quelle tête tu as! S'exclama le blond en le voyant.
- Ho oui, ça j'en doute pas. Mais tu n'es pas beaucoup mieux non plus!
Ils rirent tous les deux en rentrant dans l'appartement.
- C'est chic chez toi! Fit remarquer Lucas.
- Merci! C'est moi qui ai choisit tous les meubles, Tom n'aime pas trop faire ce genre de chose.
- Tom?
- Mon frère.
- Ha oui!
Et justement, en parlant du loup, le téléphone portable de Bill sonna dans sa poche.
- Excuse-moi, dit Bill.
Il saisit son téléphone et regarda l'écran: « Appel de Tom ». Il grimaça et décrocha.
- Oui? Fit-il.
- J'ai écourté mon séjour. Je rentre dans une semaine. Et t'as intérêt à être là.
- Pardon? Je vous entends très mal!
- Fais pas l'idiot. Je rentre mercredi prochain. Et fait gaffe à toi, parce que t'es déjà bien mal barré mon petit Bill.
- Vous avez dû vous tromper de numéro! Au revoir.
Bill raccrocha et fourra précipitamment son portable dans sa poche.
- C'était qui? Demanda Lucas.
- Je sais pas! Quelqu'un qui s'est gouré de numéro.
- Il avait l'air de te connaître pourtant.
- Hein?! Mais t'as rien entendu comment tu peux...
- Y'avait les hauts parleurs.
Bill se maudit de l'intérieur. Comment pouvait-on être aussi stupide?! Il n'avait pas éteint les hauts parleurs après la discussion avec Tom cette nuit et voilà le résultat. Il ne fallait pas que Lucas sache ça.
- C'était Tom, avoua Bill.
- Il a l'air... pas très sympa, dit Lucas.
- Il est souvent grognon oui...
Bill baissa les yeux en se mordillant la lèvre inférieure.
- Tu es sûr que ça va? S'inquiéta le blond.
- Oui, oui. Super, mentit Bill. Alors? Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui? Demanda-t-il tout gêné.
- Eh bien, j'ai retrouvé ça dans ma table de nuit ce matin.
Lucas fouilla dans sa poche de veste et en sortit un petit flacon blanc opaque contenant un liquide légèrement marron comme du chocolat, presque appétissant.
- C'est quoi? Demanda Bill.
- De l'huile de massage. Ma copine me disait que j'étais le meilleur masseur du monde...
- T'as une copine?! Interrogea Bill, outré.
- J'en avais une. Elle m'a largué il y a six mois.
- Ha, pardon.
- C'est pas grave. Alors, ça te dit un p'tit massage? Je me suis dis que ça te ferait du bien après les verres d'hier soir.
- Oui, t'as raison. On se met sur le canapé?
- Ou sur ton lit, c'est encore plus confortable.
- D'accord!
Lucas suivit donc Bill jusqu'à sa chambre. Il parut étonné en voyant le lit.
- Tu...? Tu dors quand même pas avec ton frère? Demanda-t-il comme s'il était choqué.
- Ben si, répondit Bill en haussant les épaules. On n'a qu'une chambre dans l'appartement et elle est assez petite, donc c'était plus judicieux de mettre un lit double que deux lits simples et... Enfin tu vois.
- Ouais...
- Et puis Tom et moi on a l'habitude de dormir ensemble depuis qu'on est petits, donc ça ne nous pose pas de problème.
Si Lucas savait tous les problèmes que ça posaient en réalité...
- Si tu le dis, répondit-il, peu convaincu. T'enlève ton tee-shirt?
- Ouais.
Bill se plaça judicieusement dos à Lucas pour ne pas que celui-ci voit les cicatrices qu'il avait sur le ventre. Il retira son tee-shirt et s'allongea aussitôt sur le lit sur le ventre.
- Je m'assois sur toi, d'accord? Dit le blond.
- Va-y.
Et Lucas s'assit sur les fesses de Bill. Il débouchona le flacon d'huile et s'en imprégna les mains. Une délicieuse odeur de figue et de cannelle s'éleva dans la chambre et Bill sourit sans trop savoir pourquoi.
- Tu peux relever tes cheveux? Demanda Lucas. J'ai déjà les mains pleines d'huile!
- Oui!
Bill attrapa sa longue tignasse ébène et ramena ses cheveux d'un côté de son cou. Puis il croisa les bras et posa son menton dessus. Il ferma les yeux lorsque Lucas commença à faire aller et venir ses mains dans son dos en le massant.
- C'est vrai que tu fais plutôt ça bien, dit Bill.
- Ouais. C'est ma tante qui m'a apprit ça. Elle est thaïlandaise.
- Ha, il paraît que là-bas ils font les massages les plus fabuleux du monde.
- Ca, je peux te le dire!
Il y eut un petit moment de silence. Pas un silence gênant, mais plutôt reposant et apaisant.
- Alors comme ça ton frère rentre plus tôt que prévu si j'ai bien compris, dit Lucas.
- Oui... soupira Bill.
- Ça a l'air de t'enchanter c'est fou.
- Hum...
- Tu me disais hier que tu t'ennuyais sans lui.
- En fait, oui et non...
Bill tourna la tête sur le côté. Il fallait encore trouver un mensonge.
- D'un côté ça me fait du bien qu'il soit pas là, parce qu'on est toujours à deux et des fois c'est un peu lourd. Mais d'un autre côté j'ai pas l'habitude d'être tout seul.
Voilà, ça c'était un mensonge qui ne mentait pas trop.
- Oui, je comprends, dit Lucas.
Et le silence revînt. Bill somnolait en savourant les massages de Lucas, le sourire aux lèvres. Jamais personne n'avait été aussi doux avec lui hormis Tom lorsqu'ils étaient petits. A présent Bill devait se contenter de coups, de coupures, de quelques suçons désagréables, de baisers trop fougueux et de quelques rares rapports sexuels trop violents. Jamais de douceur avec Tom. Jamais. Lucas lui donnait donc sans le savoir, par ce massage, ce dont Bill rêvait depuis des années. Simplement de la douceur, de la légèreté et du calme.

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Alors, il vous plaît ce chapitre?

Que pensez-vous de l'attitude de Bill? Devrait-il tout dire à Lucas?
Et Lucas, une bonne chose qu'il s'étonne à chaque fois que Bill parle de Tom? (avec le lit par exemple)
Tom qui revient plus tôt, vous en pensez quoi?
Et ce flash back sur Tom qui a failli tuer Bill sans même s'en rendre compte?

Bref, j'espère que ce long chapitre vous aura plu! ^^

50 com's.

# Posté le jeudi 03 juillet 2008 05:43