Présentation

Présentation
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! B I E N V E N U E !
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Voici une toute nouvelle fiction qui, je l'espère, vous plaira!
Elle sera du type Angst, Twincest et Yaoi.
Vous voulez un résumé peut-être? Allez lire le premier chapitre de deux lignes (ça va, c'est pas trop long) qui en dit long sur la fiction. Puis, si ça vous plaît, lisez le deuxième chapitre, où l'histoire commence (il est cent fois plus long que le premier, encore heureux non?).
Ensuite? Attendez ou lisez la suite si elle est déjà en ligne!
Voili voilou. Qu'ai-je à rajouter?
Ha, oui!
Très important:


/!\ Attention /!\
Fiction pour perverses averties et entraînées (xD). Twincest, yaoi, et pas mal de provocation et de sexe (lemons). Du sang, aussi. Vous comprendrez dès le deuxième chapitre.
Donc, ceux à qui tout ça, ça ne plaît pas, vous connaissez la chanson qui parle de la petite croix blanche sur fond rouge en haut, à droite de votre écran =D.



La fiction commence alors que les jumeaux n'ont même pas 12 ans (Partie 1). Puis on fera un bond en avant, à leurs 19 ans (partie 2)... Et qui sait, peut-être il y aura-t-il une troisième partie, mais sans bond dans le temps (vous ne voulez pas de lemon entre deux papy frippés quand même?! O_o).


Il me semble avoir tout dit! Evidemment, les commentaires un minimums constructifs sont les bienvenues.

Vous souhaitez être prévenue lorsque la suite est en ligne? Ajoutez-moi à vos favoris et je vous laisserais un message :P.

Si vous avez des questions sur la fiction ou autre, posez-les sur ce premier article. Je vous répondrez par un message.
# Posté le dimanche 15 juin 2008 12:18
Modifié le vendredi 27 juin 2008 09:20

Partie 1, I

Partie 1, I
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Partie 1
Deux têtes d'anges pour une paire d'ailes noires.


I
On aurait dit deux anges. Oui, on aurait dit. Mais en réalité, lorsqu'ils étaient à deux, ils formaient un être plus diabolique et machiavélique que le maître des Enfers.

# Posté le dimanche 15 juin 2008 12:21
Modifié le mercredi 18 juin 2008 14:51

Partie 1, II

Partie 1, II
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II
Tout avait commencé un après-midi de mai, alors que la classe des CM2 était en sortie pédagogique dans la forêt. L'instituteur dirigeait le groupe d'élèves, et une surveillante fermait la marche. Bill et Tom était plus près du maître que de la surveillante, si bien qu'ils pouvaient sans problème s'éclipser dans les bois si le maître ne se retournait pas et que les autres élèves ne piaillaient pas leur disparition. Mais pour l'instant, les jumeaux avançaient encore parmi les autres, main dans la main. Pour l'instant.
Bill avait sans arrêt la tête levée vers les cimes qui se détachait du ciel bleu du printemps. Il y trouvait tout son intérêt en regardant les oiseaux voleter de branche en branche, ou s'affairant à la consolidation du nid où reposaient parfois quelques tout petits ½ufs. Il n'osait pas vraiment scruter l'ombre des bois, entre les troncs sombres et sous les feuillages obscurs, de peur d'y voir des sangliers ou, pire, le Grand Loup à la fourrure argentée qui dévorait les enfants. C'était Tom qui lui avait raconté cette affreuse histoire, comptant bien faire peur à son frère qui l'avait cru aussi naïvement qu'un gosse pouvait le faire.
Tom, la main tenant celle de Bill, sentait parfaitement bien la peur de son jumeau par l'intermédiaire sa paume moite. Mais, lui aurait-il lâché la main qu'il aurait tout de même su que Bill n'était pas très bien dans ses baskets.
- T'as la frousse ? Lui demanda-t-il.
- Non, pas du tout, lui répondit Bill sans lâcher le ciel des yeux.
- Moi, je dirais que si.
- Que non !
Tom sourit en regardant le visage de son jumeau, qui serait bientôt en partie dissimulé sous une épaisse petite mèche noire, qui ne lui descendait pour le moment qu'à l'arcade sourcilière.
- J'ai pas la frousse du tout, insista Bill qui n'y croyait pas lui-même.
- Oui, y'a pas à avoir la frousse dans cette forêt. Il doit juste il y avoir quelques lapins carnivores et des cerfs avec des bois comme des lances de chevaliers !
- Arrête Tom ! Supplia Bill en décrochant son regard des cimes pour venir regarder le visage de Tom qui souriait sournoisement.
Il resserra un peu l'étreinte de leurs mains.
- D'abord, ça n'existe pas les lapins carnivores.
- Je te dis que si !
- Que non !
Tom se mit à rire, mais Bill ne trouvait pas ça drôle du tout. Quelques filles derrière lui se moquaient de lui, et admiraient Tom secrètement.
- Arrête de me faire peur, dit Bill à voix basse.
- Je te dis juste ce qui est, c'est toi qui a peur après.
- Eh bien ne me dis plus rien du tout ! Dit Bill sur un ton mi-colérique, mi-apeuré, en regardant à nouveau le ciel et les oiseaux.
- Tu me boudes ? Demanda Tom avec un petit sourire en coin.
- Oui, et très fort en plus, répondit son jumeau en lui lâchant la main et en croisant les bras.
Tom sourit de plus belle, approcha discrètement son visage de celui de son frère en tendant les lèvres, et lui fit un bisou qui claqua dans l'air. Smack ! Les filles derrière eux gloussèrent.
- Je te boude toujours, dit Bill qui avait presque sursauté lorsque son frère l'avait touché.
- D'accord, fit Tom comme si ça ne l'affectait en rien.
Tom mit ses mains dans ses poches, sachant que Bill l'observait du coin de l'½il et qu'il mourrait d'envie de lui reprendre la main. Il scruta les sous-bois, espérant peut-être y apercevoir un cerf, sans lances de chevaliers en guise de bois. Mais il n'y avait que quelques terriers de lapins, qui n'étaient évidement pas carnivores.
Dix minutes plus tard, Bill boudait toujours. La classe s'était enfoncée plus profondément dans la forêt pour apercevoir des animaux et des plantes qu'on ne rencontrait pas ailleurs, et il faisait de plus en plus sombre. Tom s'ennuyait cruellement et les filles qui jacassaient derrière l'énervaient profondément. Normalement, Bill devrait bientôt arrêter de bouder pour venir le taquiner ou, au contraire, pour se faire taquiner. Mais en attendant, Tom s'embêtait.
Il vit soudain quelques petites notes de rouge illuminées par un faisceau de lumière perçant la canopée. Ce devait être des fraises des bois.
- Billou ! Chuchota Tom.
- Je boude je t'ai dis.
- Non mais j'ai trouvé quelque chose d'intéressant !
Tom prit la main de son frère et ils s'écartèrent du groupe d'élèves pour aller dans le sous bois, là où les boissons de fraises demeuraient. Les filles protestèrent, mais personne ne fit réellement attention que les jumeaux Kaulitz s'éloignaient.
- Tom on va se perdre ! Dit Bill.
- Mais non, on ne va pas loin.
Les ronces déchiraient leurs pantalons, et l'ombre les dissimulait de l'attention somnolente de la surveillante qui fermait la marche. Bill ne pouvait pas s'empêcher d'imaginer d'horribles créatures se jeter sur lui, surgissant des bosquets de ronces ou de fougères. Des créatures avec des griffes pleines de sang et des dents recouvertes de bave écumeuse.
Tom se stoppa devant le petit buisson de fraises des bois. Le visage de Bill s'illumina et il s'accroupit pour regarder les petits fruits écarlates de plus près. Tom fit de même.
- On peut les manger tu crois ? Demanda Bill.
- Ben oui ! C'est des fraises.
- Alors je goûte !
Bill cueillit une petite fraise, l'écrasant presque entre son pouce et son index tant le fruit était délicat. Un jus sucré, brillant et écarlate coula le long du pouce de Bill alors que celui-ci portait le fruit à ses lèvres. Il coupa la fraise en deux à l'aide de ses incisives, laissant l'autre moitié du fruit dans ses doigts. Une goutte de jus rouge glissa le long de son menton, alors que Bill savourait cette petite douceur, et que Tom le regardait faire avec un regard effrayant, fasciné et pervers.
Bill engloutit le reste du fruit et voulu s'essuyer le menton d'un revers de main, mais Tom le retînt en lui saisissant le poignet.
- Qu'est-ce qu'il y a Tom ?
Tom ne répondit pas. Il fixait la goutte rouge avec des yeux ronds et vicieux. Il y avait comme quelque chose de mal dans ce regard, ce que Bill ne tarda pas à déceler.
- Tomi ? Qu'est-ce que tu as ?
Pas de réponse. Tout en tenant le poignet de son jumeau, Tom cueillit une fraise et la porta à la bouche de Bill. Celui-ci, pensant qu'il allait la lui mettre dans la bouche l'ouvrit, mais Tom lui ordonna de la refermer. Il approcha le fruit de sa lèvre supérieure, et l'y écrasa en la pressant avec son pouce. Le jus rouge dégoulina sur les lèvres de Bill, puis sur son menton, venant recouvrir le sillon laissé par la goutte précédente qui était en train de sécher. Bill passa sa langue sur ses lèvres sucrées par le jus. Quant à Tom, ce qu'il voyait n'était pas le sucre, ni le jus du fruit. Ce qu'il voyait, c'était le rouge, la bouche de Bill pleine de rouge, comme pleine de sang.
Tom sourit et vînt lécher le menton de Bill, puis remonta à ses lèvres. Bill le repoussa doucement.
- Qu'est-ce que tu fais ?! S'étonna-t-il.
Mais Tom ne répondit toujours pas, et revînt coller ses lèvres sur celles de son frère. Celui-ci se débattit, mais Tom était plus fort. Il l'avait toujours été.
- Arrête Tom, tu es fou ! S'exclama Bill en tombant allongé dans l'herbe, le regard apeuré.
- Mais non, pas du tout.
Bill voulut se relever et s'enfuir, car Tom lui faisait plus peur que jamais, mais celui-ci s'assit à califourchon sur son ventre, lui empêchant de faire tout mouvement. Il immobilisa le visage de son frère en plaquant ses mains de chaque côté et vînt lécher ses lèvres pleines de rouge. Les courtes et récentes dreadlocks de Tom tombèrent sur leur deux visages, leur barrant la vue et les plongeant dans le noir. Bill se mit à pleurer, ce qui, sembla-t-il, fit redoubler les envies obscènes de son jumeau. Ce dernier cueillit d'autres fraises et les écrasa autour de la bouche de Bill. Il lécha ensuite le jus rouge et déclara en se redressant :
- J'aime bien faire ça.
- Pas moi. J'aime pas du tout, couina Bill qui ne voyait plus rien à cause du flou des larmes.
- Je dirais que si.
- Que non...
Bill se frotta les yeux avec ses poings serrés, et ses pleurs redoublèrent d'intensité. Pendant ce temps, Tom saisit une tige de ronce aux épines acérées et l'avança vers les lèvres de Bill qui brillaient encore de salive. Bill ne voyait pas ce qui se préparait, trop occupé à pleurer, et se raidit en sentant le végétal hostile lui entailler le coin des lèvres. Tom appuya plus fort pour que les épines pénètrent plus profondément dans la chaire, et Bill gémit plus de peur que de douleur.
Le sang se mit à couler, plus sombre et plus troublant que le jus de fraise. Et Tom se mit à sourire en le léchant goulûment. Bill tentait toujours tant bien que mal de le repousser, les mains sur les épaules de son frère, mais cela semblait accentuer encore plus le plaisir qu'il avait à faire ça. Bill constata avec stupéfaction que, plus il se débattait et plus il tentait de résister, plus Tom semblait satisfait.
- Arrête Tomi...
- Non, je sais que tu aimes, lui souffla Tom sur les lèvres.
- Non, non je n'aime pas...
- Et pourquoi ?
- C'est les grands qui font ça... ce n'est pas un jeu pour nous.
- Mais tu t'en fiches d'avoir mal, remarqua Tom en souriant.
Bill acquiesça d'un signe de tête, les yeux noyés et le menton ensanglanté.
- En fait, t'aimes bien avoir mal.
- Non... mais...
- Mais si, tu aimes ça. Avoue-le.
Bill tourna la tête sur le côté et ferma les yeux. La blessure au coin de ses lèvres brillait, et le sang coulait toujours. Tom la nettoya d'un coup de langue, puis colla ses lèvres aux siennes.
- Mais Tom... c'est un jeu dangereux... et on a même pas douze ans...
- Et alors ? On fait ce qu'on veut.
- Mais ce n'est pas normal... dit Bill en fixant le buisson de fraises.
- On s'en fou. Personne n'est obligé de le savoir.
- Mais ça finira par se savoir.
- Et alors ? Tu as honte que ça se sache ?
- Non mais...
- Alors qu'est-ce qui te retient ?
- Je ne sais pas...
Au fond de lui, Bill savait. Ce n'était moral de faire ce genre de chose, ce n'était pas dans son éducation. Dans leur éducation. Comment Tom avait-il bien pu avoir ces idées en tête ?
Tom posa ses lèvres sur les siennes, ce qui lui fit arrêter tout raisonnement. Il passa ses bras autour de son cou et se laissa faire. Tom semblait se régaler en léchant la chaire à vif de sa plaie, et Bill ne trouvait pas ça si désagréable qu'il ne l'aurait pensé.


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# Posté le dimanche 15 juin 2008 12:24
Modifié le mercredi 18 juin 2008 14:51

Partie 1, III

Partie 1, III
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III
Après ce jour, les jumeaux furent comme aspirés dans un ouragan de l'amour et de la haine. Il semblait que la tempête ne pouvait jamais s'arrêter, qu'elle serait là pour toujours. Mais Bill et Tom ne semblaient pas vouloir qu'elle s'arrête.
C'était le début des vacances d'été. Le soleil chaud de la fin juin se couchait, tandis que Bill s'essayait au maquillage dans la salle de bain. Il avait emprunté les produits de beauté de sa mère et s'amusait à tous les essayer. Il avait crayonné le contour de ses yeux de noir et avait gribouillé maladroitement un fond de phare à paupière violet foncé. Il s'admirait dans le grand miroir, trouvant le résultat plutôt satisfaisant. Sa mèche de cheveux noirs lui voilait à présent presque tout l'½il, et il s'amusait à relever quelques petites mèches sur le haut de sa tête pour faire un effet désordonné.
Il s'amusait comme un fou, tel le gosse qu'il était, jusqu'à ce que Tom arrive dans la salle de bain. L'atmosphère changea instantanément, comme si on avait changé la chaîne de télévision. L'air devînt électrique, envoûtante et entêtante à la fois. Tom s'approcha doucement de son frère, posa ses mains sur ses joues en les pressant un peu, et posa ses lèvres sur les siennes.
- Qu'est-ce que tu fais ? Demanda calmement Tom en restant à quelques centimètres du visage de Bill.
- Je m'amuse.
- Hum...
- Tu m'aimes bien comme ça ? Demanda Bill en prenant un air qu'il voulait envoûtant, enchanteur, mais il manquait quelque peu d'expérience.
- Non, répondit franchement Tom.
- Ha... fit Bill, déçut. Pourquoi ?
- Tu ressembles à une pute avec ce maquillage.
Bill fronça un sourcil et releva l'autre.
- C'est quoi une pute ? Demanda-t-il.
- C'est une femme que tu payes pour lui faire l'amour.
L'incompréhension de Bill grandit sur son visage, et il se mordit la lèvre inférieure en se demandant bien ce que ça pouvait être de « faire l'amour ». Et pourquoi fallait-il payer pour le faire ? Il n'en avait aucune idée.
- Ne me dis pas que tu ne sais pas non plus ce que c'est, soupira Tom, exaspéré.
- Je ne sais pas ce que c'est... Qu'est-ce qu'il faut pour faire l'amour ?
Tom l'embrassa en pressant généreusement ses lèvres au coin de celles de son frère, un peu fatigué de son immaturité.
- Il te faut juste ça, dit Tom en appuyant sur l'entrejambe de son jumeau avec son index.
Bill lui fit retirer sa main précipitamment en tapant dessus. Puis il regarda Tom, le regard noir.
- Tu ne me touches pas à cet endroit là, dit-il sur un ton dur, s'il était possible de croire qu'il pouvait adopter un tel ton avec la voix fluette qu'il avait.
- Pourquoi pas ?
- Je ne veux pas, c'est tout.
Un sourire en coin se dessina sur le visage de Tom. Bill, qui n'aimait pas toujours ce sourire, l'embrassa sur son piercing qu'il venait de se faire au coin des lèvres. Les cheveux de leur mère s'étaient dressés sur sa tête quand elle avait vu ça, et Tom s'était pris une gifle avec interdiction de porter cette chose en dehors de la maison. Mais Tom n'en avait que faire, et sortait avec ses amis au terrain de basket avec son piercing. Bill trouvait ça joli, bien que ça devait faire mal. Mais il se disait que, si Tom l'avait fait, il pouvait peut-être le faire aussi. Il avait donc décidé d'aller se faire percer la langue pendant les vacances d'été, avec Tom qui l'accompagnerait.
- T'es têtu, lui dit Tom.
- Et alors ?
- Rien.
- Tu m'aimes bien quand même.
Tom l'embrassa pour toute réponse. Il ne disait jamais à Bill qu'il l'aimait, il le lui faisait juste savoir à sa manière.
Il s'éloigna de lui et regarda la trousse à maquillage ouverte, et les produits éparpillés un peu partout autour du lavabo. Il n'y connaissait rien, lui, en maquillage, mais un petit tube doré laissant apparaître une pointe rouge opaque à travers un capuchon transparent attira son attention. Il s'en empara et l'ouvrit. Il fit lever la pointe rouge en tournant la base du tube. Bill remarqua que son regard était devenu aussi inquiétant que l'autre jour, dans la forêt. Il devinait que ça allait recommencer.
Tom revînt vers lui qui ne bougeait pas d'une semelle, un peu apeuré, un peu fasciné, un peu désemparé aussi. D'une main, Tom lui tînt la nuque et de l'autre il appliqua le rouge à lèvre maladroitement, débordant sur les côtés. Comme un artiste cherchant à améliorer son tableau, il donnait de petit coup de rouge à un endroit ou à un autre, la langue dépassant légèrement de ses lèvres serrées avec toute la concentration qu'il portait à son acte. Bill ne bougeait pas et fermait les yeux très fort, comme quelqu'un qui s'attend à recevoir quelque chose en pleine figure.
- Tomi, pourquoi tu fais ça ? Demanda Bill.
- J'ai envie.
C'était là la réponse qui terrifiait le plus Bill. Tom avait juste « envie » et, dès lors, il fallait qu'il satisfasse cette envie.
Tom décolla sa main de la nuque de son jumeau, lécha son index et étala le rouge à lèvre à l'aide de sa salive. Quand il eut finis, il se recula un peu, les mains posées sur les épaules de Bill qui le regardait avec des points d'interrogation dans les yeux.
- T'es bien comme ça, fit Tom le plus sérieusement du monde.
Bill se regarda dans le miroir : il avait tout simplement l'air d'un clown. Mais pour Tom, l' « air » n'était pas important. L'important, c'était le rouge qu'il y avait partout sur ses lèvres et tout autour. Le rouge transformait Tom, exactement comme le sang rendait un requin totalement fou.
Tom se mit à embrasser Bill, mais pas comme d'habitude. Il ne se contentait pas de coller ses lèvres aux siennes. Il les dévorait. Il les mordillait, les léchait, les suçait comme s'il voulait les aspirer et passait sa langue humide et chaude tout autour. Bill était terrifié et heureux à la fois. Enchanté et ensorcelé. Il avait lui aussi envie d'aller « jouer » avec les lèvres de son jumeau. Comme le font les grands. Mais il n'osait pas, trop peureux, trop timide peut-être. Il se laissait simplement faire par Tom et ses lèvres expertes. Il entoura ses bras autour du cou de son frère et colla son petit corps frêle au sien.
Il ne savait pas trop comment qualifier ce moment. « Agréable » n'était pas suffisant. C'était bien plus qu'agréable. Il fallait trouver un mot qui comprenait à la fois plusieurs autres mots. Un maître mot en englobant d'autres comme : magique, effrayant, inconnu, saisissant et agréable bien sûr. Mais il ne trouvait pas ce mot roi, il ne le connaissait pas...
Quelque chose d'encore plus effrayant le fit sortir de ses pensées : la langue de Tom tentait de venir dans sa bouche. Pour quoi y faire ? Pour jouer comme les grandes personnes.
Alors, timidement et lentement, Bill entrouvrit les lèvres et la langue de Tom s'engouffra dans sa bouche sans demander son reste. Cette présence inconnue, chaude et douce lui donna une bouffé de chaleur monumentale, et une drôle de sensation dans le bas du ventre. Une irrésistible envie de prendre Tom tout entier contre lui et de toucher chaque parcelle de sa peau nue lui donna le tact et la spontanéité qu'il n'avait jamais eut. Ses mains, guidées par une sorte de diable implacable, se faufilèrent sous le grand tee-shirt de son frère et se posèrent délicatement dans le milieu de son dos. Il avait envie de s'enrouler tout autour de Tom, de le serrer très fort contre lui et de rester ainsi pendant des heures. Sa langue jouait, timidement encore, avec celle de Tom qui tentait de l'inviter à danser. Il se rendit compte, à coup de marteau dans la poitrine, qu'il ne respirait plus et qu'il manquait d'air depuis que le baiser était devenu fougueux. Tom ressentit exactement la même chose et ils séparèrent leurs lèvres en même temps. Bill laissa reposer son menton sur l'épaule de Tom, et celui-ci fit de même. Ils étaient essoufflés tous les deux.
- Tu sais ce que je vais faire demain ? Demanda Tom, le souffle court.
- Non.
- Je vais aller acheter un truc qui va nous amuser beaucoup tous les deux.
- Quoi comme truc ?
- C'est une surprise...

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# Posté le vendredi 20 juin 2008 11:46

Partie 1, IV

Partie 1, IV
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IV
Le lendemain, Bill se réveilla vers onze heures. Il faisait clair dans la chambre et le lit de Tom était vide. Il devait certainement être parti chercher la « surprise ».
Bill descendit au salon en pyjama - qui était en fait un boxer et un tee-shirt de son père qui lui arrivait aux genoux. Il n'y avait personne. La cuisine était également vide et une feuille de bloc note reposait sur la table. Bill s'en empara et lu:

« Je suis parti faire des courses, je ne reviendrai pas avant midi. Maman. »

Voilà qui était parfait. Il avait encore une heure au moins à traîner en pyjama, devant la télé en grignotant ses céréales préférées. Il prit un bol et le remplis à ras bord de céréales, puis alla s'installer confortablement sur le canapé devant la télé après l'avoir allumée.
Quelques images de la veille lui revinrent en tête. Le rouge à lèvre, le baiser de grand de Tom, l'expression « faire l'amour ». Autant de mots et de gestes intrigants, qui éveillent la curiosité. Bill se sentait toujours affreusement mal à l'aise quand Tom lui parlait de ce genre de choses que l'on fait à deux, et encore plus lorsqu'il lui montrait comment on les faisait. C'était nouveau, c'était un peu dégoûtant et ça lui faisait peur. Mais en même temps, il ne trouvait pas ça si désagréable. Mélanger sa salive à celle de Tom ne lui avait pas plu hier soir, mais en y réfléchissant, et si on oubliait l'histoire de salive, il avait plutôt aimé. Tout comme lorsque Tom avait appuyé son doigt sur son bas ventre: le geste en lui-même ne lui plaisait pas vraiment, mais la sensation que ce geste lui procurait, elle, était plus qu'agréable.
En revanche, l'obsession de Tom pour le rouge ne lui plaisait pas du tout. Il en avait peur, mais pas de la même façon de tous les gestes nouveaux. C'était une peur malsaine, qui prend directement aux tripes. Tom semblait se métamorphoser dès qu'il voyait du rouge. Ou, plus exactement, dès qu'il avait une idée de substance rouge à étaler sur son jumeau. Dès lors, son regard changeait, ses gestes étaient plus rapides, plus vifs, plus brutaux et, Bill en était sûr, il ne les contrôlait pas. En présence de rouge, Tom n'était plus lui. Il devenait terrifiant, imprévisible, brutal et même méchant. On n'écorche pas les lèvres de son frère juste pour s'amuser. Ce Tom là, pourtant, s'amusait à ridiculiser son jumeau. Ca lui plaisait et, semblait-il, il n'était jamais rassasié. Son désir de voir du rouge sur le corps de Bill renaissait toujours aussitôt que Tom croyait l'avoir assouvi. C'en était d'autant plus effrayant que l'étrangeté de ses désirs montait en crescendo.
Bill se rendit compte qu'il tremblait, non pas de froid, mais d'angoisse. Il était à peu près sûr que la surprise de Tom ne lui plairait pas, qu'elle ne plairait qu'à son frère. Qu'est-ce que ça allait être? Quelque chose de rouge. Oui, un objet, n'importe quoi, mais quelque chose de couleur rouge. Il en était aussi certain qu'il savait qu'il s'appelait Bill.
Un épisode de Titeuf qui commençait le tira de ses pensées. Tant mieux, se dit-il, car plus il y pensait, plus il tremblait de peur.
Mais à vrai dire, le divertissement procuré par le dessin animé fut de courte durée. La porte d'entrée claqua à onze heures vingt, et un Tom beaucoup trop joyeux s'écria:
- Bill!!! T'es réveillé? Je suis rentré! Et j'ai la surprise!
Bill ne répondit rien et se contenta de se recroquevillé dans les coussins du canapé. Il se rendit compte qu'il n'avait presque pas touché à ses céréales qui, d'ordinaire, étaient expédiées illico presto dans son estomac.
- Billou? Ha, tu es là!
Tom contourna le canapé et apparut aux yeux apeurés de Bill. Il tenait un paquet à la main. Un paquet ni trop grand, ni trop petit. Un paquet moyen, et Dieu seul savait ce qu'il y avait dedans.
- T'as bien dormi? Demanda Tom en s'affalant sur le canapé, contre son frère qui restait figé.
- Oui... Pourquoi?
- Super, tu vas être en forme!
Bill le regarda de travers, les yeux exorbités, les doigts crispés sur la cuillère et le bol de céréales. Pourquoi devrait-il être en forme? C'était une question qu'il ne préférait pas poser.
- T'es allé où? Demanda Bill.
- Dans un magasin.
- Un magasin de quoi?
- De vêtements.
- Et qu'est-ce que tu as acheté?
- C'est la surprise!!!
Voyant le peu d'enthousiasme que Bill portait à cette surprise, Tom ajouta:
- Si tu veux la voir, va t'habiller.
- D'accord.
Bill se leva paresseusement, laissa le bol sur la table basse du salon et monta dans la chambre pour s'habiller. Alors qu'il montait les escalier, Tom lui cria:
- Et maquille-toi! Fais-toi beau. Mais pas comme hier soir avec le violet, ça fait...
- Pute, je sais, termina Bill en montant les dernières marches.
Il entra dans la chambre et referma la porte. Il ouvrit son armoire, et eut la soudaine envie de s'habiller le plus laidement possible pour que Tom ne lui trouve aucun attrait. Mais bien sûr qu'il n'allait pas le faire. Il bannit tout vêtement de couleur rouge, et prit un jean simple et un tee-shirt bleu. Rien de très extravagant. Surtout pas.
Il s'habilla avec les habits choisit, et alors qu'il allait sortir de la chambre, Tom entra, le paquet moyen à la main, un sourire hypnotique sur le visage.
- Ho, tu peux enlever ton pantalon, t'en auras pas besoin, dit-il.
Bill fit des yeux ronds.
- Pourquoi? Demanda-t-il.
- C'est la surprise!
- Tu m'as acheté un nouveau pantalon?
- Pas exactement.
Bill trouvait ça à la fois excitant et effrayant. Il enleva son pantalon et le posa sur son lit encore défait de la nuit. Tom lui tendit enfin le paquet, toujours avec le sourire sur le visage.
- Ouvre-le, dit-il.
Bill le prit. C'était quelque chose de mou, un vêtement bien évidement, puisque c'était dans un magasin de vêtement que Tom était allé. Les mains tremblantes, il commença à déchirer le papier d'emballage. Le tissu apparu, agressivement rouge, comme Bill s'en était douté. Il n'y avait pas beaucoup de tissu, d'ailleurs, et Bill crut qu'il allait hurler d'horreur lorsqu'il découvrit la forme du vêtement. Une jupe. Une jupe très, très courte. Une mini-jupe rouge. Il leva des yeux terrifiés sur Tom. Celui-ci souriait toujours d'une façon que Bill qualifierait de diabolique.
- Essaye-la, qu'est-ce que tu attends?
- Mais Tom, c'est une jupe.
- Et alors? Ça t'empêche pas de l'essayer.
- Je suis un garçon! Pas une fille!
Quelqu'un d'autre lui aurait offert cette jupe dans l'unique but de rire. Mais Bill savait que Tom n'avait pas fait cet achat en visant une fin marrante. D'autant plus que la jupe était rouge.
- Ben c'est pas écrit que y'a que les filles qui peuvent porter des jupes. De toute façon, tu ressembles à une fille. Alors met-la et va te maquiller.
- J'ai pas envie, dit Bill d'un ton ferme.
- Met-la et maquille-toi.
- Mais...
- Discute pas!
Tom ne souriait plus. Son regard était agressif et Bill sentait qu'il serait foudroyé sur place s'il n'enfilait pas cette stupide jupe.
Il descendit donc la fermeture éclair pour ouvrir la jupe et passa ses jambes nues dedans. Il la remonta sur ses hanches et demanda:
- Tu peux fermer la fermeture derrière?
- Oui, retourne-toi.
Il s'exécuta et sentit les doigts de Tom glisser légèrement sur ses fesses avant d'attraper la fermeture.
- Tomi ne me touche pas comme ça... dit-il.
- Je te touche comme je veux.
Il remonta la fermeture éclair d'un geste sec et Bill se retourna rapidement pour éviter que Tom ne le touche encore. Il ne s'était certainement pas sentit plus ridicule dans sa vie qu'en ce moment.
- Va te maquiller maintenant, lui ordonna Tom.
Bill y alla sans discuter. Il rentra dans la salle de bain et eut une envie de rire et de pleurer à la fois quand il se vit dans le grand miroir. L'union du bleu de son tee-shirt et du rouge de la jupe faisait un effet des plus clownesques qu'il soit. Il se disait que, plus ridicule que lui, ce n'était pas possible.
Il s'avança vers le lavabo, prit l'eye-liner noir et se maquilla le plus soigneusement que ses mains tremblantes le lui permettaient. Il allait ressortir quand Tom fit irruption dans la pièce.
- Voilà, fit Bill.
- Quoi voilà?
- Ben j'ai fini de me maquiller.
- Ben non, t'as pas mis le rouge à lèvre.
- Mais Tom...
- Pas de mais.
Bill alla donc mettre du rouge à lèvre, sentant le désagréable regard de Tom posé sur la jupe. A peine eut-il terminé d'appliquer le rouge à lèvre que Tom lui prit brutalement la main et l'entraîna dans la chambre. Il ferma la porte.
Le c½ur de Bill battait beaucoup trop vite. Tout ce qu'il espérait c'était que leur mère rentre le plus tôt possible des courses et qu'elle mette fin sans le savoir à cette scène humiliante et terrifiante. Mais il n'en serait rien, bien évidemment.
- Tom, qu'est-ce que tu vas faire? Demanda Bill, tétanisé.
- Je sais pas trop.
Il s'approcha de lui, jusqu'à coller son corps au sien et l'embrassa aussi fougueusement que la veille. Ses mains étaient posées sur ses hanches recouvertes du tissu rouge de la jupe et remontaient de temps en temps sur son ventre, maladroitement. Tout doucement il recula vers son lit et s'y assit, en faisant assoir Bill à califourchon sur ses cuisses. Un Bill pétrifié, jusqu'à ce que la Sensation dans le ventre arrive. A partir du moment où la Sensation était là, le geste pouvait paraître dégoûtant et obscène, il s'en fichait. La Sensation rendait n'importe quoi agréable.
Comme la veille, sa langue se mit à danser avec celle de Tom et ses mains se posèrent dans son dos. Il pensait de moins en moins à la honte et de plus en plus à la Sensation. Et il oubliait tout le reste, même que Tom était à moitié fou. Celui-ci s'allongea, et Bill vînt au-dessus de lui ne pensant plus à rien d'autre que les lèvres de Tom qu'il ne voulait pas lâcher. Il pensait d'ailleurs à peine aux mains de son frère qui se promenaient joyeusement sous la jupe. Ce geste là procurait des Sensations, contrairement à tout à l'heure. Et du moment qu'il y avait des Sensations, tout allait bien...
- Billou? Fit Tom en restant à quelques centimètres de ses lèvres.
- Oui?
- Tu veux pas qu'on fasse l'amour?
Les Sensations partirent et laissèrent à nouveau la place à la peur et à l'horreur. Bill se redressa vivement, se retrouvant assit sur le bassin de Tom. Et alors, ses yeux s'agrandirent lorsqu'il sentit la bosse dure que formait l'entre jambe de son frère.
- MAIS T'ES MALADE OU QUOI?! Hurla-t-il.
Il bondit sur le côté, tombant à terre. Il arracha la jupe, enfila son jean et sortit de la chambre en claquant la porte derrière lui.
Tom resta un moment allongé sur le lit, complètement ahuri, pensant que « c'était dans la poche ». Il regardait, les sourcils froncés, son érection naissante, pensant que Bill aurait pu y faire quelque chose. Mais non. Bill n'était finalement pas aussi manipulable qu'il l'avait pensé.


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# Posté le mardi 24 juin 2008 11:48